23/10/2026
🎙️𝐋𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐯𝐢𝐞𝐰𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐆𝐥𝐨𝐛𝐞𝟒𝟎 - Manfred Ramspacher
🌎⛵𝐋𝐚 𝐆𝐥𝐨𝐛𝐞𝟒𝟎 𝐬’𝐢𝐦𝐩𝐨𝐬𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐠𝐫𝐞𝐬𝐬𝐢𝐯𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐮𝐧 𝐫𝐞𝐧𝐝𝐞𝐳-𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐢𝐧𝐜𝐨𝐧𝐭𝐨𝐮𝐫𝐧𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐮𝐫𝐬𝐞 𝐚𝐮 𝐥𝐚𝐫𝐠𝐞, 𝐦𝐞̂𝐥𝐚𝐧𝐭 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐞́𝐭𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐬𝐩𝐨𝐫𝐭𝐢𝐯𝐞, 𝐚𝐯𝐞𝐧𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐡𝐮𝐦𝐚𝐢𝐧𝐞 𝐞𝐭 𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥𝐞. 𝐀̀ 𝐥’𝐚𝐩𝐩𝐫𝐨𝐜𝐡𝐞 𝐝𝐞 𝐬𝐚 𝐭𝐫𝐨𝐢𝐬𝐢𝐞̀𝐦𝐞 𝐞́𝐝𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧, 𝐩𝐫𝐞́𝐯𝐮𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐝𝐞𝐮𝐱 𝐚𝐧𝐬, 𝐌𝐚𝐧𝐟𝐫𝐞𝐝 𝐑𝐚𝐦𝐬𝐩𝐚𝐜𝐡𝐞𝐫, 𝐂𝐄𝐎 𝐝𝐞 𝐒𝐢𝐫𝐢𝐮𝐬 𝐄́𝐯𝐞́𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐞𝐭 𝐝𝐢𝐫𝐞𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐆𝐥𝐨𝐛𝐞𝟒𝟎, 𝐫𝐞𝐯𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐜𝐜𝐞̀𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐩𝐫𝐞́𝐜𝐞́𝐝𝐞𝐧𝐭𝐞 𝐞́𝐝𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐩𝐞𝐜𝐭𝐢𝐯𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐝𝐞́𝐯𝐞𝐥𝐨𝐩𝐩𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐥’𝐞́𝐩𝐫𝐞𝐮𝐯𝐞. 𝐄𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐛𝐢𝐥𝐚𝐧 𝐬𝐩𝐨𝐫𝐭𝐢𝐟 𝐞𝐭 𝐦𝐞́𝐝𝐢𝐚𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞, 𝐜𝐡𝐨𝐢𝐱 𝐝𝐞𝐬 𝐟𝐮𝐭𝐮𝐫𝐞𝐬 𝐞𝐬𝐜𝐚𝐥𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐚𝐦𝐛𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐚̀ 𝐥𝐨𝐧𝐠 𝐭𝐞𝐫𝐦𝐞, 𝐢𝐥 𝐝𝐞́𝐯𝐨𝐢𝐥𝐞 𝐬𝐚 𝐯𝐢𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐝’𝐮𝐧𝐞 𝐜𝐨𝐮𝐫𝐬𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐞𝐧𝐭𝐞𝐧𝐝 𝐬’𝐢𝐧𝐬𝐜𝐫𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐮𝐫𝐚𝐛𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐚𝐫𝐦𝐢 𝐥𝐞𝐬 𝐠𝐫𝐚𝐧𝐝𝐞𝐬 𝐚𝐯𝐞𝐧𝐭𝐮𝐫𝐞𝐬 𝐚𝐮𝐭𝐨𝐮𝐫 𝐝𝐮 𝐦𝐨𝐧𝐝𝐞.
𝐉𝐞 𝐜𝐫𝐨𝐢𝐬 𝐪𝐮𝐞 𝐭𝐮 𝐫𝐞𝐯𝐢𝐞𝐧𝐬 𝐝’𝐮𝐧 𝐝𝐞́𝐩𝐥𝐚𝐜𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐚̀ 𝐒𝐚𝐢𝐧𝐭-𝐌𝐚𝐥𝐨. 𝐋𝐚 𝐂𝐥𝐚𝐬𝐬𝟒𝟎 𝐞𝐬𝐭 𝐚𝐮𝐣𝐨𝐮𝐫𝐝’𝐡𝐮𝐢 𝐥𝐚 𝐜𝐥𝐚𝐬𝐬𝐞 𝐥𝐚 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐫𝐞𝐩𝐫𝐞́𝐬𝐞𝐧𝐭𝐞́𝐞 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐑𝐨𝐮𝐭𝐞 𝐝𝐮 𝐑𝐡𝐮𝐦. 𝐂𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐱𝐩𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬-𝐭𝐮 𝐜𝐞𝐭 𝐞𝐧𝐠𝐨𝐮𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 ?
Effectivement, je n’étais pas venu sur la précédente Route du Rhum et j’ai été frappé par la place qu’occupe aujourd’hui la Class40 dans l’événement, tant par le nombre de bateaux que par son positionnement central dans le bassin. Cela témoigne du degré de maturité atteint par la classe et de sa force. Elle représente aujourd’hui près de la moitié des concurrents de la Route du Rhum 2026.
Il y a bien sûr toujours une belle flotte d’IMOCA et le spectacle magnifique des multicoques. Mais j’ai connu une époque où la Class40 était encore considérée comme une petite classe, presque reléguée au second plan. Cette période est désormais révolue. Aujourd’hui, la Class40 est au premier rang des monocoques, aux côtés des IMOCA, dans le développement de la course au large. Chaque classe conserve évidemment son identité, mais la Class40 a pleinement trouvé sa place.
𝐋𝐚 𝐑𝐨𝐮𝐭𝐞 𝐝𝐮 𝐑𝐡𝐮𝐦 𝐞𝐬𝐭 𝐮𝐧 𝐫𝐞𝐧𝐝𝐞𝐳-𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐦𝐚𝐣𝐞𝐮𝐫 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐂𝐥𝐚𝐬𝐬𝟒𝟎. 𝐐𝐮𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐩𝐥𝐚𝐜𝐞 𝐜𝐞 𝐭𝐲𝐩𝐞 𝐝’𝐞́𝐯𝐞́𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐨𝐢𝐭-𝐢𝐥 𝐨𝐜𝐜𝐮𝐩𝐞𝐫 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐬𝐨𝐧 𝐝𝐞́𝐯𝐞𝐥𝐨𝐩𝐩𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 ? 𝐋𝐚 𝐜𝐥𝐚𝐬𝐬𝐞 𝐝𝐨𝐢𝐭-𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐬𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐫𝐮𝐢𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐚𝐮𝐭𝐨𝐮𝐫 𝐝𝐞 𝐜𝐞𝐬 𝐫𝐞𝐧𝐝𝐞𝐳-𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐡𝐢𝐬𝐭𝐨𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 ?
La course au large en France s’est construite autour de ce que j’appellerais des « totems » : des événements historiques comme le Vendée Globe, la Route du Rhum et l’ancienne Transat Jacques Vabre, devenue la Transat Café L’OR. Ces rendez-vous constituent aujourd’hui des filières sportives et économiques, qui forment en quelque sorte la colonne vertébrale de la course au large en France. Il existe évidemment d’autres événements, mais ceux-là jouent un rôle structurant.
La question est plutôt de savoir si nous devons nous en tenir à ces rendez-vous ou si nous devons aussi nous interroger sur des évolutions ? Existe-t-il de "nouvelles frontières" à explorer ? A une époque où l'on traverse l'Atlantique en Ultim en une semaine à peine pouvons-nous raconter une transat, quelle qu’elle soit, sur la même veine héroïque qu’Éric Tabarly arrivant à Newport en 1976 et étonné d'être le premier ?
Il faut évidemment souhaiter à ces grands événements, qui ont connu des hauts et des bas, de perdurer et de continuer à soutenir toute la filière, sur les plans sportif, économique et médiatique. Mais il faut aussi renouveler l’offre et ouvrir de nouveaux horizons. L’idée n’est pas de concurrencer ces rendez-vous historiques, mais de les compléter avec des événements capables de s’adapter à l’évolution de la voile au large et de la société.
𝐏𝐚𝐫𝐥𝐨𝐧𝐬 𝐦𝐚𝐢𝐧𝐭𝐞𝐧𝐚𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐆𝐥𝐨𝐛𝐞𝟒𝟎. 𝐀𝐯𝐞𝐜 𝐝𝐮 𝐫𝐞𝐜𝐮𝐥, 𝐪𝐮𝐞𝐥 𝐛𝐢𝐥𝐚𝐧 𝐭𝐢𝐫𝐞𝐬-𝐭𝐮 𝐝𝐞 𝐬𝐚 𝐝𝐞𝐮𝐱𝐢𝐞̀𝐦𝐞 𝐞́𝐝𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧, 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐥𝐚𝐧𝐬 𝐬𝐩𝐨𝐫𝐭𝐢𝐟 𝐞𝐭 𝐦𝐞́𝐝𝐢𝐚𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 ?
Je ne pense pas avoir un point de vue très original sur la question. Le mot « réussite » est souvent revenu, et je crois qu’il résume bien cette deuxième édition.
Sur le plan sportif, la compétition a été intense, aussi bien chez les scow que chez les pointus. Nous avons vécu des moments forts, avec notamment des records de distance battus et des arrivées très disputées à La Réunion ou à Valparaíso. Sportivement, cette édition a été magnifique à suivre.
Cette deuxième édition a donc été particulièrement enthousiasmante. Mais, pour moi, l’un des éléments les plus importants reste d’avoir ramené tous les bateaux à Lorient. Nous avons retrouvé les huit équipages du départ, avec lesquels nous avions partagé une aventure humaine et sportive juste exceptionnelle. C’est une grande satisfaction.
𝐄𝐧 𝐭𝐚𝐧𝐭 𝐪𝐮’𝐨𝐫𝐠𝐚𝐧𝐢𝐬𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫, 𝐭𝐮 𝐯𝐢𝐬 𝐟𝐨𝐫𝐜𝐞́𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐮𝐫𝐬𝐞 𝐝𝐢𝐟𝐟𝐞́𝐫𝐞𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐤𝐢𝐩𝐩𝐞𝐫𝐬. 𝐂𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐚𝐬-𝐭𝐮 𝐯𝐞́𝐜𝐮 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐝𝐞𝐮𝐱𝐢𝐞̀𝐦𝐞 𝐞́𝐝𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐥’𝐢𝐧𝐭𝐞́𝐫𝐢𝐞𝐮𝐫 ? 𝐐𝐮𝐞𝐥𝐬 𝐨𝐧𝐭 𝐞́𝐭𝐞́ 𝐥𝐞𝐬 𝐦𝐨𝐦𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐧𝐬𝐞𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐭𝐨𝐢 𝐞𝐭 𝐭𝐨𝐧 𝐞́𝐪𝐮𝐢𝐩𝐞 ?
Les moments les plus intenses restent ceux que nous vivons lorsque les bateaux sont en mer. Dès que la flotte prend le large, toute l’équipe à terre vit au rythme de la course. Nous suivons en permanence ce qui se passe, les dangers éventuels, les risques météorologiques et les difficultés que peuvent rencontrer les différents bateaux.
Notre quotidien d’organisateurs est donc largement rythmé par le suivi de la course, mais aussi par la préparation des étapes suivantes. Cette dernière représente un travail de longue haleine qui, en principe, est déjà largement engagé lorsque la flotte est en mer, bien avant son arrivée dans les villes étapes.
𝐘 𝐚-𝐭-𝐢𝐥 𝐮𝐧𝐞 𝐞́𝐭𝐚𝐩𝐞, 𝐮𝐧 𝐞́𝐯𝐞́𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐨𝐮 𝐮𝐧 𝐦𝐨𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐢𝐜𝐮𝐥𝐢𝐞𝐫 𝐪𝐮𝐢 𝐭’𝐚 𝐦𝐚𝐫𝐪𝐮𝐞́ 𝐩𝐞𝐧𝐝𝐚𝐧𝐭 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐞́𝐝𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 ? 𝐀𝐬-𝐭𝐮 𝐞𝐮 𝐮𝐧 𝐜𝐨𝐮𝐩 𝐝𝐞 𝐜œ𝐮𝐫 𝐩𝐚𝐫𝐦𝐢 𝐥𝐞𝐬 𝐯𝐢𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐞́𝐭𝐚𝐩𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐞𝐬𝐜𝐚𝐥𝐞𝐬 ?
Ce qui m’a particulièrement touché, c’est le dévouement et l’engagement de nombreuses personnes au sein des clubs et des structures qui nous ont accueillis. Certaines initiatives allaient bien au-delà de ce qui était prévu contractuellement. Nous avons été frappés par l’enthousiasme que l’événement a suscité dans les différentes étapes.
Je pense notamment à Sydney, avec l’accueil du Royal Sydney Yacht Squadron, de son directeur, David Edwards, et aussi du Cruising Yacht Club of Australia, organisateur de Sydney-Hobart. Je pense aussi à Valparaíso, avec Thomas Elton, responsable nautique, et Aurélia Zulueta, présidente du club de Concón Valparaíso.
Partout, nous avons rencontré des personnes qui se sont investies bien au-delà de leurs engagements contractuels ou financiers. Cet attachement à l’événement et cette volonté de contribuer à sa réussite ont été une grande source de satisfaction pour nous.
C’est une expérience très forte. Et c’est aussi ce qui la rend difficile à raconter : elle est tellement intense et extraordinaire, au sens propre du terme, qu’il est parfois difficile de la transmettre à ceux qui ne l’ont pas vécue.
𝐋𝐚 𝐭𝐫𝐨𝐢𝐬𝐢𝐞̀𝐦𝐞 𝐞́𝐝𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐬𝐭 𝐝𝐞́𝐬𝐨𝐫𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐞𝐧 𝐩𝐫𝐞́𝐩𝐚𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧. 𝐐𝐮𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐚𝐮𝐣𝐨𝐮𝐫𝐝’𝐡𝐮𝐢 𝐭𝐚 𝐯𝐢𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐧𝐨𝐮𝐯𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐆𝐥𝐨𝐛𝐞𝟒𝟎 ? 𝐐𝐮’𝐚𝐢𝐦𝐞𝐫𝐚𝐢𝐬-𝐭𝐮 𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐞́𝐯𝐨𝐥𝐮𝐞𝐫 𝐩𝐚𝐫 𝐫𝐚𝐩𝐩𝐨𝐫𝐭 𝐚𝐮𝐱 𝐝𝐞𝐮𝐱 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞̀𝐫𝐞𝐬 𝐞́𝐝𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 ?
La prochaine édition aura lieu dans deux ans. Cela peut paraître lointain, mais, pour l’équipe d’organisation, le délai est finalement assez court.
Notre objectif est simple : poursuivre la dynamique positive engagée entre la première et la deuxième édition. L’engouement autour de la Globe40 est bien réel. J’en ai encore pris la mesure à Saint-Malo, où nous avons échangé de manière informelle avec presque la moitié des 49 équipages présents. J’ai été frappé de constater à quel point la Globe40 était déjà dans les esprits : elle venait spontanément dans les conversations, sans que nous ayons besoin d’aborder nous-mêmes le sujet.
Aujourd’hui, l’événement fait clairement partie de l’univers des coureurs de Class40, notamment de ceux que l’on rencontre sur un rendez-vous comme la Route du Rhum, donc essentiellement des Français. Mais il suscite également beaucoup d’intérêt à l’international, comme nous le constatons au fil de nos échanges.
Je pense notamment à cet Américain venu directement de Prescott en Arizona, venu nous retrouver à Lorient en avril, à l’arrivée de la course, sans même nous avoir prévenus. Il souhaitait simplement passer quelques jours avec nous pour se renseigner sur la prochaine édition. C’est assez merveilleux, d’autant qu’il s’agissait d’une personnalité particulièrement attachante.
Nous voulons donc continuer dans cette direction. Le nombre de bateaux devrait assez naturellement augmenter, mais il faudra rester attentifs à la qualité des projets. C’est un point auquel je suis très attaché : ce qui m’intéresse, c’est d'abord la capacité des équipages à aller au bout de l’aventure.
Je ne souhaite pas que le récit de la Globe40 se résume à une succession d’abandons et d’accidents, ce type de narratif d'une course ne m'intéresse pas. Ce qui compte, c’est la bataille sportive, mais aussi la capacité à vivre une histoire commune, avec ses hauts et ses bas. L’équipage de Freedom, lors de la dernière édition, en est un exemple remarquable : son histoire est juste incroyable.
L’enjeu est de permettre à tous ces équipages de vivre leur aventure jusqu’au bout, si possible en ramenant l’ensemble de la flotte à l’arrivée.
𝐋𝐞 𝐩𝐚𝐫𝐜𝐨𝐮𝐫𝐬 𝐞𝐬𝐭 𝐮𝐧 𝐞́𝐥𝐞́𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐬𝐬𝐞𝐧𝐭𝐢𝐞𝐥 𝐝𝐞 𝐥’𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭𝐢𝐭𝐞́ 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐆𝐥𝐨𝐛𝐞𝟒𝟎. 𝐂𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐚-𝐭-𝐢𝐥 𝐞́𝐭𝐞́ 𝐩𝐞𝐧𝐬𝐞́ 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐭𝐫𝐨𝐢𝐬𝐢𝐞̀𝐦𝐞 𝐞́𝐝𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐭 𝐪𝐮𝐞𝐥𝐬 𝐜𝐫𝐢𝐭𝐞̀𝐫𝐞𝐬 𝐠𝐮𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐞 𝐜𝐡𝐨𝐢𝐱 𝐝𝐞𝐬 𝐯𝐢𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐞́𝐭𝐚𝐩𝐞𝐬 ?
Construire un parcours demande beaucoup de réflexion, car il faut concilier de nombreux critères. Il faut tenir compte du positionnement géographique des villes et des pays par rapport à la distance totale à parcourir, mais aussi des capacités techniques et portuaires, notamment de la possibilité d’accueillir les bateaux dans de bonnes conditions.
Pour cette troisième édition, nous voulons également trouver un équilibre entre des étapes que nous connaissons déjà et de nouvelles destinations. Une deuxième édition dans une ville est généralement beaucoup plus structurée et développée que la première, qui constitue une découverte. Mais il est aussi important de proposer aux coureurs une ou deux nouvelles aventures, dans des pays ou sur des continents différents.
Compte tenu de la nature de l’événement, nous devons toutefois rester dans l’hémisphère sud et, si possible, ne pas trop nous éloigner du parcours théorique.
Nous voulons donc ouvrir de nouveaux horizons tout en nous appuyant sur les étapes qui ont fait leurs preuves. Sydney par exemple restera également une étape de référence. Je me souviendrai toujours de l’arrivée des bateaux dans la baie. Après avoir accueilli la flotte en mer, nous franchissons une passe bordée de falaises assez hautes, puis, au dernier moment, la perspective s’ouvre sur la ville, ses buildings et toute la baie. Je me souviens notamment de l’étonnement, et de l’émotion, de Jonas Gerckens et de son équipage lorsqu’ils ont effectué ce virage à l’entrée des passes et découvert le panorama. On se dit simplement : « Waouh ! » Ce sont des moments que l’on ne vit pas tous les jours.
𝐏𝐨𝐮𝐫 𝐮𝐧 𝐬𝐤𝐢𝐩𝐩𝐞𝐫 𝐪𝐮𝐢 𝐞𝐧𝐯𝐢𝐬𝐚𝐠𝐞 𝐚𝐮𝐣𝐨𝐮𝐫𝐝’𝐡𝐮𝐢 𝐝𝐞 𝐬𝐞 𝐥𝐚𝐧𝐜𝐞𝐫 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐚 𝐆𝐥𝐨𝐛𝐞𝟒𝟎, 𝐪𝐮𝐞𝐥𝐬 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐢𝐧𝐜𝐢𝐩𝐚𝐮𝐱 𝐚𝐫𝐠𝐮𝐦𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐪𝐮𝐞 𝐭𝐮 𝐦𝐞𝐭𝐭𝐫𝐚𝐢𝐬 𝐞𝐧 𝐚𝐯𝐚𝐧𝐭 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐯𝐚𝐢𝐧𝐜𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐟𝐫𝐚𝐧𝐜𝐡𝐢𝐫 𝐥𝐞 𝐩𝐚𝐬 ?
Je lui dirais que la Globe40 est désormais un projet crédible, qui peut s’intégrer dans le calendrier et le programme sportif qu’un coureur de premier plan ou un amateur de bon niveau propose à ses partenaires.
La première édition a démontré qu’il était possible de réaliser un tour du monde en Class40. La deuxième a prouvé que cette aventure pouvait aussi donner lieu à une compétition extrêmement disputée avec des scow. Aujourd’hui, la Globe40 est donc un événement solide, qui peut être présenté à des partenaires susceptibles d’y trouver un véritable intérêt.
Cet intérêt est évidemment sportif, mais il est aussi lié à la communication et à l’histoire que l’on peut raconter. La Globe40 offre une alternative à des projets plus classiques, avec de nombreuses possibilités pour mobiliser une entreprise, ses équipes et ses partenaires autour d’une aventure hors du commun.
Pour un skipper qui souhaite développer son univers maritime, le tour du monde reste une forme de Graal. Il pourra éventuellement le réaliser plus t**d en solitaire, dans le cadre historique du Vendée Globe, mais la Globe40 lui propose une autre manière de vivre cette expérience : en équipe, en rencontrant d’autres cultures et en partageant une aventure collective.
C’est aussi une expérience d’épanouissement personnel, à la fois dans la vie de marin et dans la vie intime. On ne revient pas indemne d’un tel événement, au sens figuré du terme.
Avec le recul, certains souvenirs nous reviennent presque avec étonnement : « Oui, j’ai fait ça… J’ai vécu ça… J’ai passé un mois à Valparaíso… » Et l’on réalise à quel point il est précieux de pouvoir vivre une telle aventure au cours de sa vie.
𝐀𝐮-𝐝𝐞𝐥𝐚̀ 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐭𝐫𝐨𝐢𝐬𝐢𝐞̀𝐦𝐞 𝐞́𝐝𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧, 𝐪𝐮𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐯𝐢𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐚̀ 𝐥𝐨𝐧𝐠 𝐭𝐞𝐫𝐦𝐞 𝐚𝐬-𝐭𝐮 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐆𝐥𝐨𝐛𝐞𝟒𝟎 ? 𝐂𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐢𝐦𝐚𝐠𝐢𝐧𝐞𝐬-𝐭𝐮 𝐬𝐨𝐧 𝐞́𝐯𝐨𝐥𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐭 𝐪𝐮𝐞𝐥 𝐫𝐨̂𝐥𝐞 𝐬𝐨𝐮𝐡𝐚𝐢𝐭𝐞𝐬-𝐭𝐮 𝐪𝐮’𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐣𝐨𝐮𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞 𝐩𝐚𝐲𝐬𝐚𝐠𝐞 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐮𝐫𝐬𝐞 𝐚𝐮 𝐥𝐚𝐫𝐠𝐞 ?
J’aimerais que la Globe40 s’installe durablement parmi les grands rendez-vous internationaux de la course au large autour du monde, en affirmant ce qui fait sa singularité : une course en équipe, très internationale et organisée par étapes.
Elle repose sur un support qui reste accessible en comparaison d’autres projets de course au large, avec des budgets et des exigences techniques raisonnables. Je souhaite que nous continuions à développer cette voie et à raconter, édition après édition, de nouvelles histoires.
J’aime travailler dans la durée. Nous parlions tout à l’heure de la "Normandy," qui approchera de sa vingtième édition dans deux ans. Je trouve que ces événements acquièrent une richesse particulière avec le temps. C’est un peu comme une vie de couple : à un moment, on se retourne et l’on se dit : « Tout de même, tout ce que nous avons vécu ensemble ! ».