Le kendo est régi par des règles fondamentalement différentes de notre escrime occidentale. On peut expliquer ces différences par le fait que l’escrime a puisé ses techniques dans les duels au premier sang de la fin du XVIIe siècle, ce qui a abouti à un art comportant des gardes et des techniques optimisées pour des coupes et des coups d'estoc véloces mais non systématiquement létales. Contraireme
nt à l’escrime, le kendo est issu de combats généralement menés à mort dans lesquels toutes les frappes étaient destinées à une mise hors combat définitive de l’adversaire. Dans ce type de confrontation, un investissement total des ressources physiques et psychiques dans l’assaut est crucial, ainsi on retrouve dans le kendo cet engagement dans le concept du ki-ken-tai no ichi. Une frappe sera valable (yukodatotsu), si et seulement si le cri (ki), une frappe correcte sur une partie valide (ken) et le corps (tai) sont à l’unisson lors de l’attaque. Afin de maîtriser ces critères et arriver à une gestion optimale du combat au sabre, les kendoka suivent un entraînement soutenu classiquement divisé en plusieurs parties: premièrement l’étude des kata, séquences de techniques sans contact au bokuto (sabre en bois). Suivent ensuite les kihon, durants lesquels les techniques sont travaillées en dynamique avec contact et finalement les geiko, au cours desquels les kendoka appliquent les techniques étudiées en situation de combat. Grâce au bogu, armure directement déviée des armures de samouraï, les frappes sont portées sans retenue et le stress d’une confrontation au sabre peut être approché lors de shiaï (compétitions). Le kendo est donc réputé aiguiser le sens de l’initiative, la rapidité et le courage. De part ces vertus, le kendo est au Japon enseigné depuis l’école élémentaire jusqu’à l’université tout en passant par la police, la garde impériale ou les grandes entreprises avec un but précis: forger le caractère de l’être humain grâce à l’application des principes du sabre.