08/26/2026
🔴HAÏTI : LA SÉCURITÉ, OBSTACLE MAJEUR POUR LE PROCESSUS ÉLECTORAL PRÉVU EN DÉCEMBRE 2026
Un pays sans élection depuis 2016
La République d’Haïti n’a plus organisé de scrutin national depuis 2016. Le dernier président élu, Jovenel Moïse, a été assassiné en juillet 2021 et le pays est, depuis lors, dirigé par des instances de transition, actuellement un Premier ministre et un gouvernement restant comme des fantômes face aux véritables problèmes du pays.
C’est dans ce contexte politique particulier que le Conseil électoral provisoire (CEP), bien que contesté par une partie de la classe politique, a publié un calendrier électoral prévoyant les élections présidentielle, législatives et municipales le 13 décembre 2026, alors que les autorités elles-mêmes conditionnent explicitement et obligatoirement la tenue de ce scrutin à l’établissement d’un climat de sécurité stable dans le pays.
Bien qu’on avance vers cette date, la principale menace pesant sur le processus reste la violence armée de la coalition Viv Ansanm, qui contrôle aujourd’hui une majeure partie de la région métropolitaine de Port-au-Prince et a étendu son influence à plusieurs départements, dont l’Artibonite et le Centre.
Ainsi, les gangs contrôlent les grands axes reliant Port-au-Prince au reste du pays, ce qui compliquera potentiellement l’organisation logistique du scrutin, sans parler de la crise humanitaire qui ravage les foyers haïtiens.
Face à ce problème, bien que le Conseil de sécurité des Nations unies ait autorisé, en septembre 2025, la transformation de la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MMAS) en Force de suppression des gangs (GSF), l’inefficacité de cette force est palpable aux yeux des observateurs haïtiens face à l’ampleur et à la terreur des groupes armés.
Ce que cela implique pour les élections
Au-delà de la sécurisation des bureaux de vote, l’insécurité pose une question fondamentale : celle de l’inégalité d’accès au droit de vote.
Face à cette question, nombreux sont les observateurs politiques locaux qui s’inquiètent du rythme jugé insuffisant des préparatifs du scrutin au regard de la crise.
Le pouvoir en place arrivera-t-il à garantir un accès équitable aux bureaux de vote sur l’ensemble du territoire ?
Qu’en est-il des territoires occupés par les gangs ?
Waddel Blanchard
Journaliste, Realite Media / live