11/09/2017
Article de Sud-Ouest |
Pau : le stade d’Eaux-Vives change de mains :
L’UCPA, exploitant historique, perd la gestion du site. La commission d’appel d’offres a tranché pour un groupe d’associés
C’est un bouleversement que l’UCPA n’a sans doute pas vu venir. La structure qui gérait le site du stade d’Eaux-Vives depuis 2007 vient de perdre le marché d’exploitation. Fin août, le directeur Thibault de Tassigny, interrogé par « Sud Ouest » se disait « serein » face à la concurrence. Pourtant, au 1er janvier 2018, une nouvelle entité à trois têtes prendra les rênes du site pour six ans.
Ce groupe d’associés composés de Paul Cayrat, Jérôme Thore et Didier Baylacq portera le nom de Seve pour Stade d’Eaux-Vives exploitation. « Le nom vient juste d’être déposé », précise Paul Cayrat, très content que la commission d’appel d’offres de l’Agglo leur ait fait confiance.
Atteindre l’équilibre financier
Les trois hommes qui se sont lancés dans ce pari gagnant ne sont pas des inconnus. Paul Cayrat et Jérôme Thore sont associés à la tête du restaurant l’Aygo. « Nous avons une vision globale du stade, insiste Paul Cayrat. 90 % de notre clientèle venait pour la première fois sur le site, dont beaucoup de Palois. C’est une aberration. » À leurs côtés, Didier Baylacq est la caution sportive et compétitive de leur trio. L’entraîneur de canoë-kayak et médaille de bronze aux Championnats du monde 1998 dans la discipline, apporte son regard éclairé de professionnel. « Quand je passe en plein mois d’août en kayak sous le pont d’Espagne, je vois des gens qui se baladent de l’autre côté du Gave. Alors que le stade d’Eaux-Vives, lui, est complètement vide. »
L’ambition qui fait certainement la force de ce trio est cette volonté de populariser le site. « On apporte des idées nouvelles, une stratégie plus agressive », précise Didier Baylacq. Un projet principalement tourné vers le grand public. « Il y aura des animations, des barbecues… Je veux voir le site vivre, ajoute l’entraîneur. En dehors des compétitions, peu savent qu’ils ont le droit de venir se promener librement au stade. Et ceux qui viendront seront attirés par les activités d’eaux-vives. »
Car l’enjeu est évidemment financier. La commission d’appel d’offres a fait le choix de l’économie. « Nous avons déposé un dossier avec une maîtrise budgétaire et un développement commercial », poursuit Paul Cayrat. À terme, les nouveaux exploitants s’engagent à faire monter le chiffre d’affaires de 280 000 euros (réalisé par l’UCPA), à 500 000 euros sur les deux dernières années du contrat. Un équilibre qui promet de faire baisser de presque de moitié l’actuelle subvention de l’Agglo pour atteindre le budget d’exploitation annuel de 600 000 euros.
Pour se faire, l’agence de communication et événementielle Créa-Sud apportera son renfort à Seve qui mise aussi sur un service dédié aux entreprises. « Le stade a un potentiel énorme pour devenir un lieu d’espace et de nature incontournable », assure Paul Cayrat.
« Estanguet » le bien nommé
Si le but du jeu est d’atteindre l’équilibre financier, l’harmonie entre offres grand public et propositions sportives est visée. Le groupe d’associés compte bien gagner en crédibilité grâce à une équipe de professionnels du canoë-kayak. « Nous allons redévelopper toutes les propositions pour les sportifs et les athlètes avec une offre de coaching », poursuit Didier Baylacq.
Si le site perd son exploitant historique, il devrait aussi, à terme perdre son nom. « Nous avons fait plusieurs propositions à l’Agglo », confirme Paul Cayrat, sans dévoiler les suggestions. Le nom d’Estanguet pourrait être en bonne place dans l’appellation. « Nous avons déjà reçu l’accord des frères Estanguet, poursuit le nouvel exploitant. Ils sont très contents. »
À noter que le choix du prestataire n’est toujours pas officiel. La confirmation devrait arriver demain. L’UCPA peut encore faire appel.
Malgré nos tentatives, nous n’avons pas réussi à joindre Thibault de Tassigny.
L’UCPA, exploitant historique, perd la gestion du site. La commission d’appel d’offres a tranché pour un groupe d’associés C’est un bouleversement que l’UCPA n’a sans doute pas vu