15/10/2024
L'arbitrage tunisien à la croisée des chemins : Crise de confiance et appel à la réforme
Les récents événements au sein du corps arbitral sont profondément décevants. Loin de l'esprit de passion et de dévouement qui m’animait il y a douze ans, je constate aujourd'hui une dégradation inquiétante.
Premièrement, les communiqués émanant d’un groupe dont l’origine reste floue, s’adressant au nom des arbitres de Tunis, révèlent un favoritisme injustifié et une communication défaillante. Il est regrettable que ces messages se concentrent uniquement sur les arbitres de Tunis, ce qui suggère une intention problématique. En réalité, les arbitres de Tunis semblent historiquement être favorisés, bénéficiant d'une reconnaissance qui n'est pas accordée à leurs homologues des autres régions. Il est d’ailleurs notable que les arbitres des autres régions sont exclus de la direction des matchs de Ligue 1 et 2 pour les clubs de leurs gouvernorats.
Il m'apparaît essentiel d’employer le terme « arbitres de Tunisie » dans son ensemble, plutôt que de restreindre la reconnaissance aux seuls « arbitres de Tunis ». De plus, les responsables se félicitent d'une grève qui, à mes yeux, a apporté davantage de difficultés aux clubs de Ligue 2, déjà en proie à des complications financières majeures.
En ce sens, une question essentielle se pose : aurait-il eu lieu une grève si une journée de championnat de Ligue 1 avait été programmée ?
Un deuxième point crucial est le comportement irréfléchi des nouveaux dirigeants de la Direction Nationale de l'Arbitrage (DNA) lors de leurs interventions dans les médias. Il est impératif qu'ils adoptent une approche constructive. Plutôt que de s'engager dans des polémiques publiques, ils devraient promouvoir un dialogue interne et mener une analyse approfondie des défis auxquels le corps arbitral se confronte. La correction des erreurs passées ne doit pas s’accompagner de critiques stériles.
Je crois fermement que les problèmes d’arbitrage ne peuvent être résolus que par une réflexion interne. Nous ne devons pas attendre d’autres acteurs du football qu'ils trouvent des solutions sans contrepartie et par la suite éviter toute ingérence au sein du corps arbitral.
Il est également important de souligner que le succès d’un dirigeant d’arbitrage ne repose pas nécessairement sur son passé d’arbitre. Des personnalités telles que Feu Abdessalem Chemman et Dr. Tarek Ben Mbarek ont prouvé qu’une gestion efficace du corps arbitral est possible sans être soi-même un arbitre.
Pour rétablir la confiance et améliorer la situation, il est urgent d’instaurer une politique d'équité géographique, garantissant à tous les arbitres, indépendamment de leur région d’origine, des opportunités équivalentes. Favoriser le dialogue, impliquer les arbitres dans les décisions qui les concernent et renforcer leur formation continue est essentiel. Un niveau d'expertise homogène parmi tous les arbitres doit être un objectif prioritaire, tout en assurant une communication transparente sur les décisions de la DNA.
En adoptant ces mesures, les nouveaux dirigeants pourront redonner au corps arbitral la crédibilité et le respect qui lui reviennent.