12/10/2025
*Quand le Sang Devient Encre de la Haine : La Tragédie des Navétanes*
Dans l'arène poussiéreuse des Navétanes, le football est censé être une fête, un cri de joie qui unit le cœur vibrant de Mbar. Pourtant, aujourd'hui, une ombre funèbre plane sur le stade, teignant la pelouse de la mélancolie et le ciel de la tristesse.
ASC Cosaan et ASC Khandalou... Ces noms devraient résonner comme une mélodie d'unité, un écho de fraternité. Des équipes sœurs, nées du même terreau, partageant le même quartier, les mêmes affinités, le même sang. Comment le même sang a-t-il pu engendrer une telle amertume ? Comment les racines communes ont-elles pu enfanter une telle discorde ?
Nous savons tous que Cosaan a émané de Khandalou. Les dirigeants qui portent aujourd'hui l'étendard de Cosaan sont ceux-là mêmes qui, hier, ont construit et consolidé Khandalou. Ils ont mêlé leur sueur et leurs rêves à la pierre fondatrice de leur aînée. Alors, la question nous poignarde l'âme, nous laissant un vide amer : pourquoi tant de haine ? Pourquoi tant d'animosité ? Pourquoi tant de violence ?
La rivalité est l'essence même du sport, un piment nécessaire à l'adversité. Elle nourrit la passion, elle pousse à l'excellence. Mais la rivalité n'a jamais été synonyme d'ennemi. Elle ne devrait jamais déchirer le tissu d'une communauté qui se veut unique.
Le spectacle des Navétanes est fait pour offrir du plaisir, pour créer de l'ambiance, pour rassembler les cœurs. Mais si ce jeu, cette tradition, cette flamme de la jeunesse, ne sont plus que des vecteurs de violence, d'animosité gratuite au sein de la population mbaroise, alors il faut se l'avouer, le chagrin au cœur : cette fête est devenue notre plus grande peine.
Peut-être, alors, vaut-il mieux tout arrêter, interdire cette activité qui déchire au lieu d'unir. Car la violence, d'où qu'elle vienne, est condamnable, surtout quand elle s'attaque à l'endroit le plus sacré : le lien du sang. La haine entre frères est la défaite la plus cruelle, le but contre son camp le plus déchirant. Et aujourd'hui, sous le ciel de Mbar, le silence est l'arbitre d'une tristesse infinie.
*Balkhawmi Sarr At-tijaani*