18/06/2026
Je ne sais plus quoi penser de mon niveau d’exigence en Aïkido.
Et plus je pratique dans des dojos différents, plus cette question me travaille.
J’ai passé mes grades avec un haut niveau d’exigence transmis par mes enseignants.
Pendant des années, j’ai intégré des consignes très précises et je les ai appliquées sans vraiment les remettre en question.
Aujourd’hui, lorsque j’observe d’autres pratiques, j’ai parfois du mal à savoir si je suis restée enfermée dans des détails qui relèveraient du perfectionnisme ou si, au contraire, ce niveau d’exigence mérite d’être conservé.
En réalité, j’ai surtout du mal à faire la différence entre ce qui relève de la forme et ce qui relève de la précision.
Prenons les entrées :
On m’a toujours appris telle entrée pour omote et telle entrée pour ura. Pourtant, en voyageant et en pratiquant dans différents dojos, je me suis aperçue que ce n’était pas toujours le cas.
Je me pose donc une question simple : est-ce qu’il s’agit d’un détail ou est-ce que cela participe à la cohérence technique de la discipline ?
Je me pose exactement la même question sur les formes de référence.
Il n’est pas toujours évident de savoir si une technique est incorrecte parce que la forme proposée est différente de celle que j’ai apprise ou si elle est incorrecte parce qu’elle manque de cohérence martiale.
Et ce n’est pas la même chose.
Je pense aussi aux consignes qui m’ont été transmises pour les passages de grade.
Je me fais la même réflexion sur le Reishiki, c’est-à-dire toute l’étiquette qui entoure la pratique.
Pendant toute ma formation, on m’a transmis des règles de conduite que je ne retrouve plus forcément dans les dojos dans lesquels j’ai pratiqué récemment.
Par exemple :
🔹 En buki waza, donner l’arme à son partenaire avec vigilance et certainement pas comme si l’on passait un tube de sel à table.
🔹 Lorsqu’on pratique à trois, le partenaire qui entre sur le tatami attaque le partenaire déjà en place.
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🔹 Le partenaire qui a été uke avec l’enseignant devient ensuite tori lorsqu’il travaille avec un autre partenaire.
👉 S’agit d’un détail ?
👉 S’agit-il d’une cohérence pédagogique ?
👉 S’agit-il d’une cohérence martiale ?
👉 Ou est-il question d’une convention propre à une école ?
Et je ne parle même pas des codes que j’ai observés au Japon :
👉 Saluer son partenaire en seiza à la fin de la pratique.
👉 Saluer le kamiza en seiza avant de monter sur le tatami.
À cela s’ajoute aussi mon propre niveau d’exigence concernant le vocabulaire japonais.
Grâce au Brevet Fédéral et à l’ouvrage de Francesco Dessi, j’ai appris les noms des différents déplacements, les sorties de saisie, les différentes manières de tenir le tanto et une grande partie du vocabulaire qui entoure l’Aïkido.
Et aujourd’hui, je me demande où placer le curseur.
Car je ne sais plus toujours distinguer ce qui relève :
👉 d’un niveau d’exigence non négociable ;
👉 de ce qui peut être relativisé ;
👉 et de ce qui relève simplement d’habitudes que l’on a intégrées de manière automatique au fil des années.
Finalement, je crois que c’est peut-être l’une des difficultés de l’Aïkido lorsque l’on pratique depuis longtemps :
Etre capable de faire le tri entre ce qui construit réellement la pratique, ce qui enrichit la culture martiale et ce qui, parfois, a été transmis sans que l’on sache vraiment pourquoi.
A méditer,
Yéza