26/07/2026
𝐋𝐞 𝐭𝐮𝐫𝐟 𝐦𝐚𝐮𝐫𝐢𝐜𝐢𝐞𝐧 𝐚̀ 𝐠𝐞𝐧𝐨𝐮𝐱 : 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐢𝐧𝐝𝐢𝐟𝐟𝐞́𝐫𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞, 𝐢𝐧𝐣𝐮𝐬𝐭𝐢𝐜𝐞 𝐬𝐨𝐜𝐢𝐚𝐥𝐞 𝐞𝐭 𝐠𝐚̂𝐜𝐡𝐢𝐬 𝐚𝐧𝐧𝐨𝐧𝐜𝐞́
Le Champ de Mars est devenu un théâtre d’ombres. Les tribunes se vident, les cœurs se serrent, et le bruit des sabots ne couvre plus le murmure des résignés. Ce Samedi , un Groupe 1 a été annulé. Pas une tempête, pas un drame en piste, non : simplement deux écuries au départ là où le règlement en exige trois. Une règle qui, nous dit-on, existe depuis 2020. Mais à l’époque, qui la brandissait ? Le Mauritius Turf Club régnait en maître avec ses règles internes, sans l’ombre d’un officier gouvernemental. Aujourd’hui, la Horse Racing Division, créée sous le précédent gouvernement maintenant devenu Horse Racing Integrity Division, et l’actuelle majorité travailliste se renvoient la b***e, laissant le champ libre à une bureaucratie qui étouffe l’âme des courses. Le Derby, joyau de la saison, a été rayé d’un trait de plume. Une première mondiale, sans doute, qui restera comme la honte d’une institution à la dérive.
Pendant ce temps, le public fuit. Trois journées de suite avec une moyenne de cinquante partants, des tribunes clairsemées, et à peine 250 chevaux recensés pour faire tourner toute une saison. Comment s’étonner, quand un simple turfiste doit débourser au minimum 800 roupies rien que pour assister à un entraînement – transport, nourriture, boisson – uniquement pour assister aux gallops à l’entraînement ?. Pour un habitant de Curepipe, monter au Champ de Mars le samedi, cela comprend le coût du transport, l’entrée au Loge Stand homme, le magazine hippique, la collation normale, sans même accéder aux grands restaurants. Soit environ 1 100 roupies envolées avant d’avoir misé un sou. Alors, beaucoup restent chez eux, le téléphone à la main, happés par les paris par SMS et les bookmakers clandestins qui pullulent. La rue Shakespeare, jadis un nom respecté par les turfistes, a perdu de sa superbe : il y a deux semaines, un parieur y a été arrêté avec plus de quatre millions de roupies, vraisemblablement issues de paris à crédit avec un bookmaker pourtant légal. Gardons-nous de tout commentaire, mais comment ne pas voir que derrière les façades autorisées, des réseaux parallèles prospèrent, vidant encore un peu plus l’hippodrome de sa substance ?
Le paradoxe est criant. On épuise les Mauriciens avec des journées à rallonge, on traque les apprentis, on verbalise les petits portefeuilles, mais certains jockeys semblent intouchables. Le cas Van Niekerk est dans toutes les mémoires : après un sévère avertissement pour ne pas avoir poussé Underworld jusqu’au poteau lors de la 5e journée, il récidive avec War Chariot et écope d’une simple amende de 30 000 roupies. Les courses ne rassemblent plus, elles divisent. Même à la télévision, le spectacle est navrant : les turfistes à la maison constatent qu’on n’y voit plus les chevaux dans le paddock, mais plutôt les animateurs, téléphone mobile à la main, en train de décortiquer les chances d’un cheval. Cela donne l’image d’un sport négligé, amateur, où les priorités sont ailleurs.
Dans ce marasme, les jeunes rêves se brisent. Devenir jockey professionnel à Maurice relève du parcours du combattant. Il faut vingt barrières trials pour espérer accéder à la piste, et dans l’intervalle, les apprentis doivent payer une assurance qui, si le versement accuse le moindre re**rd, sera tout simplement annulée pour la saison suivante. « Tout re**rd de paiement de l’assurance après la date limite entraînera l’annulation du renouvellement de la couverture pour la saison 2027 », stipule une clause qui n’a rien d’humain. Ces jeunes gagnent un salaire misérable – entre 15 000 et 23 000 roupies –, une faute de rémunération dans le secteur qui crée l’injustice. Et pendant que les dirigeants modifient la loi pour les « zougaders » dans le prochain Finance Bill 2026, les espoirs de toute une génération s’éteignent.
La politique, toujours elle. Le coût du fret pour acheminer un cheval du Cape town jusqu’à Maurice explose : il avoisine désormais les 900 000 roupies, et on n’est pas loin du million. On murmure que dans le nord, 225 chevaux s’entraînent quotidiennement mais sont délibérément tenus à l’écart, frappés d’une étiquette politique. De quel côté se trouve la raison ? Pendant que certains journalistes, se croyant maîtres du turf, diffusent de fausses informations – un départ de jockey européen annoncé à tort –, le principal intéressé s’est publiquement interrogé sur le niveau du journalisme mauricien. Triste spectacle que celui d’une presse qui, au lieu de rétablir la vérité, se fait parfois complice du chaos.
Nous, à Bloodstock Mauritius Insider, ne sommes pas dupe. Nous ne faisons pas de belles images sur les réseaux sociaux. Nous constatons, simplement, une réalité que d’autres médias taisent. Le constat est amer : pour faire vivre un programme décent, il faut 500 chevaux et au moins 16 entraîneurs. Nous en sommes loin. Avec 244 à 250 têtes recensées par l’actuel organisateur des courses hippiques, le MTCJC, comment espérer des courses étoffées, neuf ou dix partants par épreuve, du suspense, de l’émotion ? L’industrie est à bout de souffle, asphyxiée par l’incurie, le favoritisme et un manque criant de vision.
Alors, nous avons décidé de prendre du recul. Pendant un certain temps, voire même la saison prochaine, Bloodstock Mauritius Insider se retire du paysage médiatique hippique. Nous n’alimenterons plus cette machine qui broie les faibles, méprise les Mauriciens et refuse d’écouter ceux qui saignent pour elle. Nous ne soutiendrons pas une industrie qui ne respecte ni ses travailleurs, ni ses parieurs, ni ses chevaux. Ce n’est pas un au revoir, c’est un cri silencieux. Puisse-t-il réveiller les consciences avant que les derniers sabots ne quittent définitivement le Champ de Mars.
Nous avons adressé une demande à la communication de l'organisateur des courses hippiques pour renouveler notre pass d'accréditation média, mais nous avons été mis à l'écart, parce que la vérité dérange. La vérité triomphera dans les semaines à venir. Pourquoi continuer à contribuer à une passion qui n'a qu'un seul but : exclure un Mauricien au détriment d'un Britannique retraité ? Merci Lekurs Maurice.
𝘞𝘦 𝘢𝘳𝘦 𝘰𝘯𝘦 🇲🇺🙏