21/09/2021
« Soyez comme l’eau », soyez souples comme la vie, comme la plante qui poussera dans la plus petite fente d’un rocher.
La fable du chêne et du roseau, du souple et du fort, de l’eau qui finit, avec le temps, par toujours être plus forte que le rocher qu’elle érode et fait reculer, cette fable pourrait parfaitement s’appliquer à nos conceptions.
Si vous avez les mêmes opinions, les mêmes croyances que cinq ans auparavant c’est que votre coque de noix s’est ensablée et qu’elle ne navigue plus.
Comme le disait Saint Exupéry « ils se sont arrêtés dans une auberge pour la vie », ils ne cheminent plus.
Certaines croyances, conceptions, certitudes sont évidentes d’autres sont plus subtiles, mais chez certains le béton à pris, il s’est immobilisé, rigidifié et ils y trouvent un confort illusoire. Ça n’est en réalité que de la peur, de s’exposer, de perdre sa stabilité, de perdre ses repères. Alors on s’installe durablement dans ses croyances.
Pour ceux-là reconnaitre qu’ils se sont égarés, où simplement qu’ils se sont trompés est un exercice difficile, face à autrui mais parfois même face à leur propre miroir. Se remettre en question est comme une atteinte à leur propre identité, à leur égo, c’est une souffrance.
Ceux-là ne savent plus écouter avec le cœur, trop occupés à comparer ce qui leur est dit avec leur propres conceptions. Ils n'écoutent plus, ils attendent que l'autre ait fini pour exposer leurs croyances chéries.
Il s’agit de se débarrasser de cela, de s’en libérer. Quand vous vous déplacez en voiture, ne commencez-vous pas par enlever le frein à main ? Alors ne gardez pas serré le frein à main de vos convictions si vous voulez approcher la vérité, car quoique nous en pensions, celle-ci n’a vraisemblablement rien à voir avec nos conceptions de ce qu’elle pourrait être.
Il s’agit de rester ouvert, la vérité ne s’écrit bien que sur une page blanche. Elle ne peut pas remplir un verre déjà plein, alors commençons par le vider. Le vider de nos croyances, de nos certitudes de nos idées sur ce qu’est la vérité.
On ne peut évoluer en restant accrochés à nos conceptions du passé. On ne peut pas comme dit la chanson « tout quitter, mais tout emporter ». Tout quitter, c'est précisément tout quitter.
Lâchez prise ! restez grands ouverts. La réalité pourra alors faire son chemin en vous. Comme disait Maître Eckhart au XIIe siècle « elle ne pourra plus s’empêcher de vous emplir »
Il ne s’agit pas d’accumuler les enseignements, les connaissances, il ne s’agit pas d’additionner des concepts, nous ne sommes plus à l’école, il ne s’agit pas de remplacer un système de croyances par un autre.
il s’agit au contraire d’une soustraction, de se dénuder jusqu’à la trame, de se vider pour « faire la place ».
Sans cesse remettez l’ouvrage sur le métier, brisez l’ancien pour laisser la place au neuf, brisez le neuf dès qu’il commence à trop prendre ses aises.
Et laissez faire la vie, elle sait trouver son chemin, votre travail à vous c’est de faire le ménage, le vide, afin que le vrai se sente comme aspiré là où il n’y a plus rien.
Jean Antoine Arnau
présence au cœur de nous-mêmes.