03/04/2015
Difficultés et risques
Plongeon canard d'un chasseur solitaire
La chasse sous-marine est une activité relativement dangereuse, qui nécessite une formation solide et des aptitudes physiques spécifiques[16]. Elle expose le pratiquant à différents risques pour sa vie et sa santé, occasionnés par l'usage inadéquate du matériel, les conditions extérieures, ses capacités physiques et son comportement. En raison de ces risques, il est parfois conseillé de pratiquer la chasse d'apnée en binôme, pour que celui qui reste en surface surveille la plongée de son partenaire et soit prêt à intervenir en cas de difficulté[17].
Conditions extérieures
Murène commune. Agressive, elle peut mordre si elle se sent menacée.
La méconnaissance du pratiquant de ses capacités physiques et des conditions de mer peuvent être un risque. Les vagues, le courant, la température de l'eau, l'éloignement du bord et la configuration des fonds peuvent amener le pratiquant à s'épuiser, se perdre, être projeté sur les récifs et risquer la noyade.
La circulation des bateaux est un risque important de collision et noyade pour le chasseur, généralement peu visible lorsqu'il nage en surface (combinaison sombre, mer agitée). Pour prévenir ce risque, le pratiquant peut rester à proximité d'une bouée ou d'une embarcation munie d'un pavillon de plongée.
Le relief sous-marin (corail, anfractuosités, épaves), les lignes et filets de pêche peuvent occasionner des coupures et plaies ou bien devenir des pièges mortels pour le chasseur qui se trouverait immobilisé. De même certaines créatures marines peuvent occasionner des blessures (méduse, requin, murène, raie...), tout comme les réactions des grands poissons fléchés.
Usage du matériel
Un mauvais maniement de l'arbalète est un risque pour le pratiquant (ou ses équipiers) d'être victime d'un tir accidentel de flèche. L'équipement (ceinture de leste, accroche-poisson) peut aussi se coincer dans la roche et empêcher le pratiquant en apnée de remonter rapidement à la surface. Une combinaison inadaptée à la température de l'eau est un risque d'hypothermie et d'épuisement pouvant conduire à la noyade.
Pour le chasseur plongeant en scaphandre, les problèmes techniques avec le matériel respiratoire sont un risque de noyade, d'accident toxique (narcose à l'azote, hyperoxie...), d'accidents de décompression.
Condition physique
Chasse en binome avec bouée de signalisation (USA)
L'apnée de chasse est souvent courte et répétée puisque les sorties de chasse peuvent durer plus de 5 heures. Le principal risque de l'apnée est la syncope (perte de connaissance) et la samba (perte de contrôle moteur) liées à la carence d'oxygène, qui en elles-mêmes ne sont pas dangereuses mais qui peuvent entraîner la noyade quand elles apparaissent dans l'eau.
Les causes de la syncope en apnée sont généralement une durée d'apnée trop prolongée ou une hyperventilation préalable (grandes inspirations répétés avant de plonger). L'hyperventilation fausse le « système d'alarme » liée à l'augmentation du taux de gaz carbonique dans le sang, qui n'alertera pas le plongeur du besoin pressant de respirer (hypocapnie). L'hyperventilation est ainsi une technique d'apnée vivement déconseillée. La syncope peut aussi être causée par une remontée rapide depuis les profondeurs provoquant une variation brutale de la pression partielle d'oxygène dans les poumons (voir Rendez-vous syncopal des sept mètres).
La syncope peut exceptionnellement avoir d'autres causes : sollicitation du sinus carotidien (cou étiré), hydrocution, hypothermie... Les autres risques (en apnée ou en scaphandre) sont les barotraumatismes (avec risques de noyade par désorientation), le reflux gastro-œsophagien (causé par la position « tête en bas »), les malaises hypoglycémiques, les crampes musculaires (palmage), la maladie de décompression (pour les plongées répétées en profondeur).