11/03/2023
Hello à toutes et tous!!
11 mois que nous sommes maintenant sur les routes du monde à la rencontre de personnes de tous horizons, de cultures et religions différentes.
Chaque pays nous surprend à sa manière et nous réserve son lot de surprises, surtout quand on veut bien sortir de "notre zone de confort" (tout est relatif! :)
Chaque jour est unique et chacun d'entre eux nous marque, très distinctement, même quand il ne s'y passe pas grand chose.
Celui d'hier, riche en émotions, restera gravé dans nos mémoires!
On vous partage ainsi la page du cahier journal que tient Virginie, qui raconte cette journée... collector!
10/03
Réveil à 6.00 par les va et vient de scooters et voitures.
6.15, le troupeau de vaches passe en broutant sûrement de l'herbe de ci de là en faisant chanter leurs cloches qu'elles portent autour du cou.
8.20 réveil des cocos qui avaient besoin de repos. La deuxième nuit dans un nouvel endroit est souvent propice à une meilleure qualité de sommeil. Vue que nous nous posons rarement plus d'une nuit quand on pé**le, leur qualité de sommeil n'est pas toujours bonne surtout Sacha. Seules les nuits sous tente sont les plus qualitatives.
Nous nous préparons, remballons le chargement et partons à 10.15, direction notre fameux resto trop bon. Beaucoup de monde y trouve leur bonheur aussi dont un français, Baptiste, qui voyage à vélo. Nous sympathisons et discutons...un peu trop car à 12.29 on est toujours dans le village apres de multiples rencontres dont celle d'un anglais établi à Nakaï depuis 17ans. Il a travaillé sur le projet de barrage comme Steph et ont des contacts en commun. De plus, le hasard de la vie ou les bienfaits de notre étoile, ce gars donne le contact d'un chasseur de tête de consultant en énergie. Ce dernier est basé aux UK, pile là ou on pensait aller vivre quelques temps;-)) on verra ou le vent nous portera!!!
12.40 on décolle avec en tête que la route d'aujourd'hui allait être un peu dure. On avait lu le blog d'une famille, qui stipulait que la route choisie était difficile avec des pentes dangereuses et beaucoup d'ornières. Mais notre cerveau n'a pas retenu ces mots ou du moins nous voulions vraiment y aller donc le cerveau n'a retenu que ce qu'il voulait soit: traversée de villages authentiques, beaux paysages. Il a occulté la difficulté!! En revanche, les mots de cette famille ont pris tout leur sens lorsque nous avons vécu l'aventure!! Justement le matin même on se disait qu'on commençait à être plus plan plan en allant dans des guesthouses parce qu'on avait un besoin de confort et l'aventure était parfois fatigante. Et bien bim on aura eu notre sacrée bonne dose d'aventure!!
Je vous raconte!
On part. Une série de montées descentes sur 6kms au travers d'une Dense forêt luxuriante, qu'on peut appeler la jungle. Le calme apaise, le rouge de la terre me transporte à Madagascar, seul pays d'Afrique que je connais! Et là on tourne à gauche direction la grotte de Kong Lor!
Pam pam pam pam, roulement de tambour...on tombe nez à nez avec une majestueuse côte de terre qui s'élève presque jusque la cime des arbres! Ok on était prévenu on s'y engage!!!
Évidemment, c'est dur, il fait très chaud et humide. Nous transpirons de toutes nos pores, comme un babibel au soleil.
Les cocos nous aident beaucoup à pé**ler pousser. Steph, vient souvent à ma rescousse car le vélo est lourd et j'ai bien du mal à pousser mon boeuf surtout que mon guidon fait des siennes et qu'il faut pousser en aillant une main sur la selle.
Rouler en côte sur une route avec ornières, sorte de fines (ou larges selon l'intensité des pluies) tranchées jonchées sur les routes, c'est un peu comme faire de l'équilibrisme sur un fil. Il faut arriver à gérer sa force en côte mais aussi garder ses roues sur cette petite arête de 20/30 cm de large sinon on tombe dans le trou et nos roues se coincent et c'est bien difficile de repartir!!! Et je ne vous parle pas des descentes vertigineuses ou aux ornières s'ajoute une épaisse poussière sablonneuse qui me fait penser à de la farine en terme de consistance. Nos pieds s'enfoncent profondément dans cette épaisse poussière, on est recouvert de crasse, les vélos dérapent, je me cramponne aux freins, chose à ne pas faire sur ce genre de terrain mais la prise de vitesse même minime me paralyse! Bref à l'épuisement s'ajoute la peur...enfin pour ma part car Steph est à l'aise ou parait l'être!
De mon côté, je me sens quand même protégée par notre étoile donc je me sens confiante à certains moments. Ça aide vraiment le moral de penser que quelqu'un veille sur nous!!!
Sacha a eu un passage à vide durant cette aventure de 10kms. Oui car 10kms à pousser, pé**ler dur dans le sable, sur terrain bien scabreux c'est long! Il trouve que Dieu n'est pas sympa avec nous de ne pas nous envoyer de camion. Et bam pile en voilà un!! Mais on décide de ne pas le prendre car vue l'état de la route et des difficultés des véhicules à circuler, on préfère éviter par peur de casse sur nos vélos qui brincbaleraient dans la remorque.
16.00 on sait qu'on a encore un peu de côtes, bon sur piste en terre moins poussiéreuse donc faisable et ensuite grosse descente bien raide. Bref encore une heure de vélo. Et là, le pneu arrière de Steph crève!!! On est au milieu de parcelles de forêt détruite. Les arbres sont tous coupés, brûlés.
Tout le monde reste calme, on va réparer et repartir. On s'invite chez un homme vivant de manière très très spartiate. Une maison sur pilotis avec des baches en guise de murs. Seules des bonbonnes d'eau en guise d' abreuvoir.
Steph répare sa roue comme un chef pendant que les cocos, toujours aussi flexibles et faciles, dessinent. Moi, j'assiste Steph et prend des photos souvenirs;-))
16.30 on repart! On finit par pousser encore et descendre descendre descendre. Je prends de l'assurance en descente quand les pentes ne sont pas trop raides mais j'ai peur quand même. J'ai les cervicales bien contractées. Et là dans un virage, mon vélo dérape, danse à droite à gauche, je le soutiens difficilement avant qu'il s'immobilise. J'ai failli tomber. Je craque: je hurle, je pleure pour dégager ma peur. Je finis par trembler.
Les émotions évacuées, on repart. Je pousse mon vélo en descente.
17.45 on arrive au premier village après une bonne côte;-))
Nous demandons ou camper. Il est très difficile de se faire comprendre même avec google translate car certains ne savent pas lire. Après avoir demander à plusieurs personnes, on se dirige vers l'école. On est entre chien et loup, la luminosité faiblit.
Et là, badaboum boum boum, je tombe!!! Oscar se fait mal au bras, le vélo est trop lourd pour le relever et Steph est loin. On va le chercher. Ouf il y a plus de peur que de mal.
On repart, les sacoches pleines de poussières. C'est là qu'on aurait envie d'être sur notre plage de Koh Mak avec notre Pina collada et être propre loin de toute cette poussière environnante.
On demande à l'épicier (vraiment l'échoppe du bout du monde éclairée par un néon faiblard avec seulement bière, sucrerie, produits ménagers et cosmétiques en format individuels) si on peut camper dans la cour de l'école. Celui ci nous conduit chez le chef du village. C'est bon on a l'accord. On peut y établir le campement. Il est 18.15, il fait nuit noire!
A ce moment là de la journée, je suis un peu tendue. La fatigue je pense. Mais cette poussière me stresse tellement que j'ai peur d'en avoir dans notre tente, notre bulle de propreté. Une fois la tente montée et toutes nos affaires installées, je me détends!! Les cocos dessinent pendant qu'on prépare tout.
Cela fait 15min que nous sommes dans le village et on est maintenant accompagnés d'une vingtaine d'enfants. Beaucoup d'enfants resteront tout le long, jusqu'à notre coucher, pour nous observer. Ils ont entre 6 et 13 ans. Seule une enfant a l'air de savoir lire mes messages google translate. On leur donne du concombre et du riz au lait de coco. Sacha et Oscar étaient contents de partager leur repas car "ils sont très pauvres et ne mangent pas à leur faim"! Nous ferons des jeux de société avec eux le lendemain matin.
Arrive le moment de la do**he dans les toilettes de l'école!! Bon déjà on a l'accès à l'eau ici c'est un luxe car en arrivant da's le village, on constate que les villageois n'ont qu'un seul point d'eau. A l'entrée du village, des femmes font la queue pour remplir leur bassine, ou se do**her, ou faire leur lessive.
Une femme se do**he avec un pareo autour d'elle. La pudeur n'est pas trop un handicap ici. Plus loin, une femme se promène en sous vêtements. On sent, même dans le noir, que ce village est encore plus pauvre que le dernier dans lequel nous avions dormi. C'est une chance de s'arrêter dans ce type de village sans volonté de voyeurisme mais plutôt d'apprentissage.
D'ailleurs en visitant la salle de classe, restée ouverte, nos cocos constateront par eux même la pauvreté du lieu. des manuels qui trainent par terre, sol plein de déchets, un bureau de maitresse en total bazar, des murs en terre fissurés, un amas de poussière recouvre le tout. Ils sont 90 élèves et 3 enseignantes. Les enseignantes, a priori choisissent leur école d'affectation.
Je reviens au moment de la do**he rustique dans ces toilettes bien sales! Je suis un peu crispée en douchant les enfants . Peur qu'une tongue tombe dans les toilettes, de toucher ces murs tous marrons plein de terre, j'ose espérer! Mais bon mes cocos se débrouillent comme des chefs pour se do**her dans n'importe quelles conditions! Et la do**he nous fait un bien fou! C'est un réel plaisir d'aller se coucher en se sentant propres.
Je pense que nos spectateurs n'ont pas du comprendre ce qu'on faisait si longtemps dans les toilettes....
21.00, Steph et moi nous couchons. Oscar dort déjà bercé par nos histoires de.méditation et Sacha écoute.
Calin du soir et hop Morphée a fait un tor groupé;-))
23.00 réveil brutal par le retentissement de la musique!! Pendant une demie heure, la musique est mise, ampli à fond...sûrement piur dire bonne nuit collectif aux villageois!!!