18/04/2025
Aeron Boupendza est mort. Mais il n’est pas mort aujourd’hui. Il est mort à petit feu, sous nos yeux, et personne n’a levé le petit doigt.
Ce 16 avril 2025, la nouvelle est tombée. Un choc ? Non. Une hypocrisie généralisée. Tous ces messages de condoléances dégoulinants de fausse tristesse, ces statuts affligeants de compassion de façade... Vous me dégoûtez. Où étiez-vous quand ce jeune homme se débattait, seul, entre ses erreurs et vos crachats ? Où étiez-vous quand il fallait le comprendre, l’épauler, l’aimer ? Vous étiez là, bien sûr, mais pas pour lui tendre la main — pour lui écraser la tête.
La vérité ? Vous avez tué Boupendza. À coup de jugements hâtifs, d’insultes dégueulasses, de moqueries faciles. À chaque sextape partagée, à chaque rire lâché sur ses frasques, à chaque post haineux, vous l’avez enfoncé un peu plus. Et maintenant que son cœur s’est arrêté, vous jouez les saints ? Taisez-vous. Votre compassion sonne creux. Vos mots ne valent plus rien.
La société est malade. Malade de son cynisme, de sa violence, de son plaisir morbide à détruire ceux qui trébuchent. Un homme tombe et on ne lui demande pas s’il s’est fait mal — on filme, on partage, on commente, on rigole. Jusqu’à ce qu’il meure. Et là seulement, on se souvient qu’il avait un cœur.
Mais à quoi bon se souvenir d’un cœur que vous avez piétiné vivant ?
Ce qui est arrivé à Boupendza n’est pas une simple mort. C’est un scandale. Un échec collectif. Une honte. Il n’a pas eu besoin de bourreau : il avait déjà toute une foule pour l’achever avec des mots.
Alors oui, aujourd’hui, il est trop t**d pour l’aimer. Trop t**d pour lui dire que sa vie valait la peine. Trop t**d pour réparer ce que vos langues ont brisé. Mais il n’est pas trop t**d pour changer.
Il faut apprendre à fermer nos gueules. À aimer plus fort. À juger moins vite. À aider au lieu de humilier. Parce que la vraie noblesse ne se mesure pas à nos discours de deuil, mais à ce qu’on fait pour empêcher qu’un autre ne tombe dans le même silence.
À sa famille, à ses proches, je vous le dis : pardon. Pour notre lâcheté. Pour notre cruauté. Pour l’avoir abandonné.
Et à tous les autres : si vous ne pouvez pas aimer, au moins, apprenez à ne pas nuire.
Que notre seigneur Jésus-Christ t'accueille près de lui
A dieu la panthère ton nom restera tjrs dans nos Cœurs