10/06/2026
🥋🇬🇦L’Histoire du Taekwondo Gabonais à travers moi : la première Coupe Militaire de l’histoire du Taekwondo au Gabon
L’histoire continue…
Le Gymnase Président Bongo affichait salle comble. Il faut dire que l’événement était exceptionnel : la toute première Coupe Militaire de Taekwondo de l’histoire du Gabon.
Toutes les unités militaires étaient présentes, et comme l’entrée était gratuite, militaires et civils se retrouvaient côte à côte dans les gradins. L’ambiance était extraordinaire. La fanfare de l’armée mettait le feu à la salle et, comme vous connaissez les militaires, ça chantait à gauche, à droite, partout !
Les équipes faisaient leur entrée les unes après les autres sous les applaudissements. Nous étions à l’extérieur du gymnase lorsque vint le tour du 1er Bataillon des Parachutistes Gabonais.
Et là… un moment inoubliable.
Tous les parachutistes se mirent debout et entonnèrent la célèbre prière du para :
“Mon Dieu, donne-moi la souffrance, donne-moi la tourmente, donne-moi l’ardeur au combat…”
Ils la chantaient avec une telle conviction que l’on pouvait sentir les frissons parcourir toute l’assistance.
Puis vint leur entrée.
Tous vêtus de doboks blancs, recouverts d’un survêtement marqué Bataillon des Parachutistes Gabonais, arborant les couleurs vert, jaune et blanc, avec un bandeau rouge sur la tête. En tête de l’équipe se trouvait leur capitaine : le GrandMaster, au sommet de sa forme.
Quatre équipes participaient à cette compétition historique :
🥋 Baraka, avec Mathurin Ongoungou
🥋 BRC
🥋 BPG (1er Bataillon des Parachutistes Gabonais)
🥋 Club 105, composé uniquement de civils, avec à sa tête le Grand Messamet Guy Serge.
Chaque équipe comptait huit combattants.
À cette époque, les catégories existaient déjà, mais avec une particularité : on pouvait combattre dans une catégorie supérieure à la sienne, mais jamais dans une catégorie inférieure.
Pour ma part, j’étais normalement en deuxième catégorie… mais pour cette Coupe du Colonel Laïguy, je me retrouvais en huitième catégorie ! 😅
Je ne me souviens plus exactement de toute la formule de la compétition, mais je me rappelle qu’au premier tour notre équipe était pratiquement éliminée. Il ne restait plus que Bertrand Ndjoy, Steeve Njave et moi.
Pour l’emporter, il fallait totaliser le plus de points.
Arrivés aux demi-finales, je devais affronter mon grand ami Guy Serge Messamet.
À cette époque, Guy Serge et moi étions devenus inséparables. Nous travaillions ensemble, nous nous entraînions ensemble, nous partagions la même passion.
Je l’avoue aujourd’hui : lors de notre combat, je ne me suis pas donné à fond.
Mais attention, cela n’enlève rien à son immense talent. Guy Serge était un combattant redoutable. À deux mètres de distance, il vous plaçait un dollyo chagi dont il avait le secret… et ça faisait presque toujours mouche !
Il me battit donc logiquement.
La finale devait ensuite l’opposer à Steeve Njave, dernier représentant du BPG.
Mais voilà… Steeve s’était blessé au pied. Son pied était vraiment gonflé et il ne pouvait pratiquement plus combattre.
Bon… entre nous… 😅
Son pied était effectivement blessé, mais je crois aussi qu’il n’était pas très enthousiaste à l’idée d’affronter Guy Serge !
J’ai essayé de le convaincre, de le motiver, mais rien à faire. Il refusait catégoriquement.
Et pourtant, ce combat devait départager définitivement le Club 105 et le BPG.
C’est alors qu’une idée m’est venue.
Je me suis dit :
“Tout à l’heure, tu as combattu ton ami sans vraiment combattre. Maintenant, la victoire de l’équipe est en jeu. Pourquoi ne pas remonter sur le tatami et voir une bonne fois pour toutes lequel de vous deux est le meilleur ?”
Je suis donc allé voir le Général Ratanga.
Je lui ai exposé mon idée.
Il m’a regardé, a éclaté de rire et m’a dit :
— Oui, oui, Mavoungou… Tout à l’heure tu jouais avec Messamet, et maintenant tu veux prendre ta revanche ! 😄
Puis il a secoué la tête :
— Non. Ça ne se passe pas comme ça.
Et sa décision était irrévocable.
C’est ainsi que le Club 105 termina premier et que le 1er Bataillon des Parachutistes Gabonais prit la deuxième place de cette première Coupe Militaire de Taekwondo, un événement qui reste gravé dans l’histoire du Taekwondo gabonais.
Je tire aujourd’hui mon chapeau à Steeve Njave.
Il était mon élève au Club 105 et s’entraînait régulièrement avec moi. Il reproduisait mes techniques avec une fidélité impressionnante.
J’ai connu un autre pratiquant qui me faisait la même impression : il exécutait les techniques exactement comme Maître Park Nam Young… sauf que l’un était Coréen et l’autre Gabonais ! 😅
Voilà l’histoire du jour.
Mes anciens compagnons, venez compléter mes souvenirs là où ma mémoire me joue des tours… car tout cela remonte à près de 40 ans maintenant.
🙏🥋
L’Histoire du Taekwondo Gabonais continue…