18/05/2026
Salut les TIGROUDOUS !
Oh lala , quel enfer ce FRENCHMAN 2026 !! Depuis quelques années, j’ai pas de bol quand je choisis mes Iron, moi, soit il pleut, soit il fait 42 degrés !! On peut pas avoir un temps entre les deux ?!! Pu**in de derèglement climatique !! Encore un coup des américains, ça !! Mais commençons par le commencement puisque je sais que vous l’attendez tous !!
Mercredi 13 mai : 11H : Départ pour Carcans, petit village en Gironde à côté de Lacanau, à 51 kils de Bordeaux, c’est bon, vous situez ? Nous profitons de ce long week-end pour participer au FRENCHMAN, un triathlon organisé de main de maître par le célèbre FRENCHMAN, ( Comme SUPERMAN, mais en cape blanche !) . DOUDOU devait participer à la distance M le jeudi (1,5 – 40 et 10) malheureusement, une chute lors de sa dernière (et première !!) course de préparation aura eu raison de sa participation ! Pas facile de nager avec une fracture du scaphoïde. Et je ne vous parle même pas de tenir le guidon du vélo avec une attelle digne de ROBOCOP !! et connaissant l’agilité légendaire de DOUDOU, je pense qu’elle aurait finis au talus dans les 500 premiers mètres !! Un mal pour un bien finalement, tant le temps était pourri ce jeudi !!? Ah ben non, même pas, DOUDOU était dégoutée de ne pas le faire !! Une warrior cette DOUDOU (dommage qu’elle ne tienne pas sur ses pieds ! Ok, c’est vrai, c’est gratuit ce petit tacle mais c’est moi qui écrit !!)
Samedi 16 Mai : Jour d’IRONMAN. Mon dixième. Et après mon insolation et mon abandon de l’année dernière à Houston, hors de question que je ne finisse pas celui-là !! Du coup, aucun objectif de chrono, juste de la gestion pour ne pas finir comme un zombi, à vomir partout comme ça peut arriver sur ce genre d’épreuve.
4H44 : Réveil. (Oui, j’ai des tocs, mon chiffre préféré, c’est le 4, alors, j’ai mis mon réveil à 4H44, c’est comme ça !!). En parlant de tocs, mon numéro de dossard pour cette course est le 113, et j’aime pas le chiffre 13 ! Ouh lala j’aime pas ça !!! Bref. Je disais ? Ah oui, réveil et direction ? Les ch****es, bien évidemment, (vous lisez mes CR uniquement pour ça pour certains !!) pour sa majesté Popo 1ER !! Ah ben non, faux départ, Popo 1ER refuse de venir, et on ne contredit pas sa majesté !!! Je remonte le bénard et je file déjeuner les œufs brouillés que DOUDOU à préparer avec le sourire, comme toujours, même à 5 plombes du mat’ les yeux encore collés !! accompagnés de jambon, un thé, des tartines de beurre et confiture (également préparées par Doudou, avec les yeux toujours collés !!). Comment ça, j’ai de la chance de l’avoir ma DOUDOU ? Oui, c’est vrai, j’avoue, j’ai énormément de chance de l’avoir !! Bande de jaloux !!!
5h02 : Arrivé de Popo 1ER ! Ça m’arrange pas cette histoire, il est en re**rd, il va me fo**re le bo**el dans ma prépa ce con ! Mais, je vous l’ai assez répété, on ne contredit pas sa Majesté Popo, sinon la journée est foutue !!
5h15 : Pose du tatoo sur le mollet (pour les non initiés, c’est le tatoo de notre numéro pour être reconnaissable pour les arbitres en cas de sanction. (Et oui, on est surveillé en triathlon aussi, mais ce serait trop long à tout vous expliquer aujourd’hui !). Pose également de l’autocollant sur la tige de selle ( non , pas ma tige à moi, vous êtes con ou quoi ? Celle (ou selle, elle est bonne, non ? C’est pas grave, laissez tomber cette vanne !) du vélo !! Toujours en cas de sanction ( et pour récupérer notre vélo après la course ! Ben oui, sinon ,tu rentres avec un vélo pourri et tu repars avec un vélo à 10000 !)
5H19 : Arrivée de Popo 2.
5H30 : Départ, pile poil dans le timing. Oui, mais… Vous me connaissez bien maintenant, il me manque un truc… Vous l’avez ? et Oui, Popo 3 n’est pas venu, et ça, c’est pas bon…. Tant p*s, on part rejoindre le départ qui se situe à 30 minutes de marche de notre camping (Une demie- heure si vous préférez !!)Nota pour le prochain départ de nuit : Penser à prendre une frontale !!!
5H36 : Et ben voilà, qu’est ce que je vous avais dit ?!! Popo 3 décide d’arriver !! (Fais vraiment chié celui là !!! Ah ah, elle est bonne celle là !). Pas le choix, demi-tour à l’appart !!
5H42 : L’esprit et le corps léger, nous voilà reparti dans le noir vers le départ ! Je vous cache pas qu’avec DOUDOU le culbuto qui lève pas les pieds, je stresse à l’idée de la voir se rétamer dans le noir ! Elle voit pas les racines à 14H en plein soleil , alors imaginez à 5H, de nuit, les yeux collés et la vue d’un chat de 12 ans atteint de cataracte !!!
6H15 : Arrivée sur le plan d’eau de départ. Petit détour dans le parc à vélo pour vérifier que la pluie tombée pendant la nuit n’a pas tout saccagée. Non, Tout va bien. Je dépose mes gourdes sur mon vélo (Roo, mais non, pas DOUDOU, vous êtes cons !!), je lui glisse un petit mot gentil (Roo, mais non, pas à DOUDOU, à mon vélo, mon Dieu, qu’est ce qu’on va faire de vous !!). Passage aux sacs de transition pour m’assurer qu’ils ont toujours à mon emplacement parce que parfois certains concurrents se font de la place !! Tout est ok !
6H30 : Petit thé en terrasse avec DOUDOU (Ben non, pas avec mon vélo !!)
6H40 : Départ dans 20 minutes. J’enfile ma combinaison de natation, le lac est à 16 degrés, on va pas avoir chaud !!!
6H50 : Je vais tester l’eau, qui, comme il ne fait pas chaud dehors ne me paraît pas si fraiche, c’est une bonne surprise. C’est pas le cas d’un autre concurrent qui me lance un : Pu**in, elle est congelée !! Je veux pas le contredire, et je lui réponds, oui, elle est pas chaude !! Après2,3 banalités échangées, il me dit : Au fait, si tu vois ma mère dis le moi !! Euh…… Ben disons que je te connais depuis 45 secondes, avec ta combi, tes lunettes et ton bonnet de natation, tu ressembles aux 1000 personnes qui vont prendre le départ, le challenge est compliqué, on va pas se mentir !!!
6H56 : Je rentre dans le SAS de départ, pas de stress, je me sens bien !!
6H57 : Vous me croirez jamais !! Je retombe sur le même mec ! Et là, il me dit : Alors, t’as vu ma mère ou pas ?!! Euh ??!!! Il a dû me confondre avec son beau-frère Bernard, c’est pas possible !!! Remarquez, à sa décharge, on a tous des têtes de Bernard avec nos combi, lunettes et bonnet de Nat !!
7H05 : Les élites sont partis depuis 5 minutes, la carte postale est jolie avec au fond du lac, le soleil qui se lève, mais rassurez-vous, ça va pas durer !! Je rentre dans l’eau sans trop de difficulté, mais je n’arrive pas à respirer (comme souvent sur les 200 premiers mètres), pas de panique, le lac est large, on ne se grimpe pas dessus, j’ai tout le temps pour me réguler. L’eau est marron, on ne voit rien, mais c’est pas très grave !
300M : Première tasse !! Elle vient directement au fond de la gorge celle là, pas vu venir !! (aucune allusion malsaine dans mes propos les gars , calmez vous!!), j’arrive pas à respirer, c’est chaud !! ça dure 10 secondes, mais ça en parait 50 !! Gros rototo ! Ouf, c’est passé !!
500 M : Je suis bien, pas trop de vagues, de l’espace pour nager, je respire même en 4 temps, c’est pour vous dire comme je suis détendu..
1000 M : Déjà quelques nageurs en difficulté, l’air hagard, perdu, désorienté par la pluie, les vagues et le clapot qui se fait de plus en plus fort.
1500M : ça tabasse fort maintenant !! La pluie redouble d’intensité (même si dans l’eau on s’en fout carrément d’habitude), les vagues forcissent encore et la pluie est tellement forte qu’on ne voit plus à 10M ! C’est embêtant quand on voit plus les bouées pour se repérer !! On est une demi douzaine à relever la tête et à se parler : Elle est ou la bouée ? Pu**in, c’est relou, on voit rien ! Ça craint, on fait comment ? On se calme et on continue tout droit ! Eh les gars, on est pas bien ici, au milieu d’un lac démonté à galérer, c’est pour ça qu’on a signé, non ? Allez, on y retourne !! J’ai l’impression d’être Tabarly au milieu de l’atlantique et mon bateau à chaviré ! (J’ose même pas imaginer à leur niveau !!). Pour ne pas choper la g***e, je m’efforce de laisser la tête sous l’eau, de respirer dans le sens des vagues et de penser à autre chose, même si, à ce moment précis, c’est très compliqué !! Mais je ne panique pas du tout, ça, c’est cool !! Evidemment, je bois quand même quelques tasses mais rien de méchant !!
Aussi bizarre que ça puisse paraitre, ce moment super flippant , a, paradoxalement été un moment suspendu, magique. Mais j’avoue que je n’arrive pas à m’expliquer pourquoi !! Il y avait quelque chose de mystique dans cette scène qui a duré 10 minutes ! Extraordinairement flippant, et magique en même temps ! C’est la première fois que je ressens ce genre d’émotions dans un moment, qui, j’en suis sûr, en ferait paniquer plus d’un !! Quel kiff !! (Je deviens fou ou quoi ?!!).
Enfin, j’aperçois la bouée qui m’indique que l’on va rentrer dans la dernière ligne droite ! Bon, elle fait encore 1600M mais au moins, on avance ! Les vagues sont toujours bien présentes mais la visibilité est revenue, ouf ! Le retour est plus calme, je vois quelques nageurs sur le dos, j’ai même cru voir un mec en papillon !! J’ai du rêver ou alors, c’était Stephane Stéphane Chemin !
3800M : ça y est, la sortie de l’eau approche, mon GPS sonne ! 4000M, 1H36 ( Même Philippe Croizon nage plus vite sans ses bras ni ses jambes, mais c’est pas le sujet !). J’ai jardiné 200 m !! Mais quand on aime, on ne compte pas !! Bon, ben je m’en serais bien passé quand même !
T1 : Je sors de l’eau pour rejoindre la tente de transition. Et qui je vois ? Ma fidèle DOUDOU, les pieds dans l’eau , pauvre bichette ! Forcément un bisou s’impose après cette natation de folie, ça fait du bien un peu de réconfort ! Je me sens bien, je bois un thé bien chaud (mais pas bouillant, pile poil la bonne température) je vois quelques mecs en hypothermie (ah ben c’est sûr que quand on pèse un âne mort, on a ce qui faut pour protéger du froid, contrairement aux ablettes qui m’entourent. ). Certains ne pourront pas repartir, interdit c’est plus prudent surtout que même s’il ne pleut pas, ça caille encore !! Mon voisin joue des claquettes avec ses chicots, on lui emmène du thé chaud et une couverture de survie ! Le voilà déguisé en FERRERO rocher maintenant !! Mais rien n’y fait, sa course s’arrête là, il est dégouté et se met à pleurer, bichette ! Je compatis, je lui mets une petite tape sur la cuisse, il me souhaite bonne course et fini son concert de claquettes tout seul ! Comme d’habitude, je mets des plombes à me changer et à me sécher surtout et comme j’ai pris la moitié de mon armoire dans mon sac de transition, je mets un temps fou à choisir ce que je vais mettre pour partir en vélo !! Et encore, j’avais pas le fer à repasser, on gagne du temps !! Equipé comme un cosmonaute (j’aime pas avoir froid !!) je sors enfin de T1 et c’est pari pour les 180 KILS de vélo !! Ma copine Marie est déjà parti, c’est cool, elle est sortie de l’eau sans problème, c’est top pour son premier iron, elle n'a pas été gâtée par les conditions de natation, mais elle a du kiffer.
KM 0 : Me voilà parti ! Petit check rapide sur mon état physique après cette natation dantesque. Tout va bien, pas de mal de bide après les tasses ingurgités, pas mal aux bras, on est bien, c’est cool. La route est détrempée, il ne fait pas plus de 11 degrés mais il ne pleut pas, et ça, c’est le principal. Petite barre d’Ovomaltine, une pompote pomme-Coco, un peu de Coca (du Cherry !) et me voilà bien calé sur mon vélo en espérant remonter quelques places.
KM 30 : Même si je n’ai aucune douleur et que je me sens bien, le rythme n’est pas terrible, c’est bizarre ! Je n’arrive pas à appuyer sur les pédales ! Inconsciemment, je pense que je n’ai pas envie de me griller pour le marathon qui m’attend et donc, je préfère rester peinard, sans forçer. Je suis à à peine 150 Watts de puissance et 90 RPM (les puristes comprendront, pour les autres, laissez tomber, ça ne vous servira à rien !)
KM 70 : La monotonie du parcours avec ses grandes lignes droites interminables me donne littéralement envie de dormir !! J’ai les mains sur mes prolongateurs, un peu allongé sur le vélo et je sens que je suis en train de m’assoupir !! C’est fou ça !! Je me fais tellement c***r que mon esprit ce met en « off » et je tourne machinalement les jambes, sans monter dans les tours que ce soit en puissance ou en rythme cardiaque. A ce moment-là, ma fréquence cardiaque est à 95 pulsations par minute !! Pour les non-initiés, c’est le rythme cardiaque normal d’un individu au repos (Source officielle : LIV HOSPITAL (Rythme cardiaque normal entre 60 et 100 pul/min)). Autant vous dire que je ne me tape pas dedans comme on dit !! Je suis sorti de ma léthargie par 3 motards de la gendarmerie qui me dépasse , sirène hurlante, suivie de la voiture chrono de la course, elle-même suivi par le premier de la course qui en est déjà à 160 kils d’effectués. Autant vous dire que lui n’était pas venu pour acheter du terrain ou poser du lino !! Il me double si vite que j’ai l’impression d’être arrêté !! (Remarquez, c’est pas si loin de la vérité !!) . Ca me réveille un peu et du coup, je décide d’appuyer un peu plus sur les pédales.
KM 90 : Déjà la moitié du parcours effectué, soit une boucle. Je repars après un peu plus de 3 heures de course, où, je dois bien l’avouer, il ne se passe pas grand-chose de très intéressant. Nous sommes très éparpillés sur le parcours, donc, on ne voit pas grand monde et il ne fait pas chaud, les spectateurs ont dû restés devant Motus ou la roue de la fortune ce matin.
KM 100 : Petite pause p**i. J’en profite pour enlever gants et Kway, car cette fois c’est sûr, il ne pleuvra pas sur la fin du parcours, et avec mon équilibre de Culbuto , je préfère m’ arrêter pour enlever mon Kway plutôt que de jouer les cascadeurs , que mon KWay se prenne dans les roues et que je finisse par terre !! ( Je sais, c’est pas très glamour, mais je m’en fous, j’ai passé l’âge de prendre des risques !!). La route a séchée et la température est montée à 16 degrés avec un léger rayon de soleil qui fait du bien ! Pompote Pomme-Coco, barre de céréales, barre d’Ovomaltine, un peu de Coca (toujours Cherry) et c’est reparti !
KM 120 : 4h30 de course et c’est toujours aussi monotone, (tellement monotone, que je m’endormirais presque en écrivant ces quelques lignes !!) je vois malgré tout sur bord de la route quelques collègues qui réparent une crevaison, un autre qui resserre son guidon, un autre sa patte de dérailleur, une fille qui sort de sa pause p**i dans les bois et une ou deux ambulances qui viennent récupérer des concurrents qui abandonnant visiblement en hypothermie. En ce qui me concerne, je gère vraiment mes coups de pédales, je ne regarde pas le chrono , ni la vitesse, juste mes sensations et bien évidemment, j’écoute mon corps. Aucune douleur, c’est parfait. En même temps, à 95 BPM et 120W, c’est la moindre des choses !!
KM 140 : En plus de la monotonie du parcours vient maintenant s’ajouter le vent !! Le pire ennemi du cycliste !! Il ne manquait plus que ça !! C’est le ponpon !! Mon dieu que les 40 derniers kilomètres vont être longs…. Et chiants !
KM 160 : Déjà 20 bornes qu’on a le vent de face (évidemment, sinon, c’est moins drôle !!) quelle galère !! Du coup, je force un peu sur le cardio et les jambes sinon, je vais finir par reculer tellement le vent est chiant. Et alors, truc complétement incompréhensible, tu as beau tourner à gauche, à droite, ou aller tout droit tu as toujours le vent dans la gu**le, que c’est pénible !! Je suis sur qu’il y a un mec là-haut qui doit s’amuser à tourner le ventilo en disant, tiens je vais aussi les faire c***r dans ce sens-là !!!
KM 170 : Enfin de l’animation !! Enfin presque ! J’arrive dans un village avec des dos d’âne et devant moi, il y a un ancien diront nous, dans sa 307, qui passe les dos d’âne comme s’il avait la Ferrari de Charles Leclerc ! C’est tout juste s’il ne descend pas pour voir si son bas de caisse frotte pas par terre ! Premier dos d’âne, je ne dis rien.. Deuxième dos d’âne, pfffffff…. Mais au troisième, j’avoue que là, j’ai pété une durite !! Ben oui, je suis un faux calme, quand ça pète, ça pète !! Je le double et je lui lance un : Allez pu**in, tu vas pas la bousiller ta m***e à 300000 kms, avance bo**el!! (désolé Peugeot ! Mais j’aurais dit pareil avec une autre marque !!). Je pense qu’à l’heure qu’il est , il n’est pas encore sorti du village l’ancien !! Oh, rassurez vous, je ne roulais pas comme une fusée, je ne cherchait pas non plus à rattraper mon re**rd, mais je ne voulais pas non plus m’ arrêter lui gonfler les pneus au René !! Du coup, j’ai la tension à 15 et le palpitant à 180 !! Petit coucou à Christian , Séverine, Coco et Simon qui m’encourage sur le bord de la route, ça fait toujours du bien au moral de voir des gens qu’on connait !!
KM 180 : Le coup du René avec sa 307 m’a tellement énervé que j’ai quand même fini par appuyer sur les pédales pour en finir, mais aussi et surtout parce que ce pu**in de vent de face est vraiment insupportable !! A 200mètres de l’arrivée, dernier rond point, trois voitures me bloquent le passage pour tourner rejoindre la transition , pas très grave, que je mette 6h35 ou 6h37, ça va rien changer sauf qu’un gendarme très consciencieux m’a vu arriver au loin et à fait dégager manu militari ces trois véhicules en jouant du sifflet et en criant : Dépéchez vous, circulez, il y a un athlète qui arrive !! Euh non, c’est pas un athlète monsieur le gendarme, c’est juste moi, un cochon sur un vélo, mais c’est gentil !! Je le remercie et il me répond : C’est normal, on est là pour vous !
Petit message perso pour mon pote steph : Je n’ai fait aucun sprint de pancarte !! Pas de concurrence !! Ah, ah !
T2 : Enfin, il est quasiment 16h45, je pose pied à terre pour rentrer dans l’aire de transition ( c’est le règlement) quand un mec me double comme un calus sur son vélo ! Je me dit, tiens, c’est bizarre, c’est interdit normalement ça, mais bon, pas vu pas pris, tant mieux pour lui ! Ah ben non en fait !! L’arbitre qui était en poste à l’entrée du parc à vélo le sifflait depuis un moment mais le mec n’entendait pas !! Du coup, il s’excuse en passant devant moi et bloque le mec qui ne comprend visiblement pas ce qui lui arrive, le pauvre ! Il lui met un carton jaune et lui dit d’attendre 2 minutes. Petit bisou à DOUDOU qui est là, au bon endroit, comme d’hab !! DOUDOU, elle vient toujours au bon moment, comme l’ami RICORE (bon, sans son pain et ses croissants, mais c’est déjà pas mal !! Ouh la, pas sur que vous ayez la ref là !! Si vous l’avez pas, allez voir sur internet !!). Je croise ma copine Marie, même pas fatiguée qui sort de la tente de transition et qui s’apprête elle aussi à commencer son marathon, impeccable !
Pendant que je suis en train de me changer le mec qui a eu la pénalité s’assoit à côté de moi et il me dit : Pu**in, j’ai rien compris, il m’a sauté dessus, je savais même pas pourquoi !! J’en avais marre de ce vent, je voulais me dépêcher de finir !! On tape la discute en mangeant une Pompote, tranquille ! Pas de stress chronométrique, il y a longtemps que le vainqueur (celui qui m’a doublé au KIL 70en vélo, vous vous souvenez ?) a franchi la ligne d’arrivée !!
16H : Après une transition que beaucoup d’escargots m’envient, c’est le départ pour le marathon !! L’épreuve que je redoute le plus !! Petit check rapide de mon état physique : Aucune douleur perceptible, les articulations et les muscles ne couinent pas, on est bien !! Pourvu que ça dure ! En même temps, avec les économies que j’ai faites en vélo, je n’en espérais pas moins mais c’est toujours bien de sentir que ça va !!
KM 1 : Ravito !!!! Après 7h à bouffer des barres de céréales et des pompote, je trouve du saucisson sec (Grosse pensée pour mon poto Lionel , dit la machine, à ce moment-là ! le roi du saucisson sec dans ses poches !) des tucs et de l’eau gazeuse. Des trucs sympa à manger avant de commencer ce marathon que j’espère boucler en moins de 6h. Toujours aucune pression de chrono, juste finir. Mon état d’esprit est bon, le moral reboosté par les saucissons secs, c’est parti ! A peine commencer, je croise Benoit , un pote du club d’API TRI qui me dit : Oh t’as fait quoi en Transition, t’as pris une do**he ou quoi?!!! Je suis mort de rire !! Le sa**ud !! Il me lance une cartouche comme ça, gratuitement, j’adore !! Je rigole comme un benet pendant 500M avec sa connerie !! En même temps, il a pas tort, je mets toujours des plombes en transition, mais je m’en tape !!
KM 5 : Je prends déjà la décision de marcher courir. Oh, non pas par courbature, ou blessure, justre en prévention, la course va être longue, entre 14 et 15h si mes prévisions sont bonnes, donc, on y va mais sans se faire mal ! Le parcours est plutôt sympa je trouve, avec quelques petites montées dans la pinède dans un bout du parcours et une partie plus roulante en revenant vers l’arrivée et beaucoup plus de monde qui nous réchauffe le cœur à chaque passage. Petit check à Marie que je croise sur le retour de la boucle, elle me dit qu’elle va bien, c’est top !
KM 10 : Fin du premier tour, toujours aucune douleur, je croise les potes : Cricri, Séverine, Coco, Simon, Benoit et sa femme, Cédric, Christelle, leurs encouragements font un bien fou, c’est génial les copains, merci. Encore 3 boucles de ce même parcours à faire pour finir ce marathon et boucler cet Iron. On n’en n’est pas encore là, mais la tête va bien, pas de pensées parasites , let’s go !
KM 15 : Je continue ma marche-course, tranquille, mais le ciel s’assombrit et je ne veux pas avoir froid !! Quand il ne reste plus aucun espoir, on appelle qui, à votre avis ?! Le Capitaine Flam !! Euh, oui, enfin, ça c’était en 1978 les gars ! En 2026, on appelle Super DOUDOU !! Après s’être tapé 6 kilomètres ( je pense qu’elle en a fait 20 dans la journée !) en début de marathon pour satisfaire mon envie soudaine de Kinder Country (chut, c’est interdit de se faire livrer de la bouffe en pleine course, mais c’est pour la bonne cause !!) , je lui demande de me dégoter un KWAY pour la fin de course au cas où la pluie ferait son apparition !! Et je repars peinard dans ce rythme de sénateur mais je m’en fous !!
KM 21.5 : Déjà deux tours effectués en croisant les potes du club qui ne cessent de nous encourager et nous soutenir, et ça fait un bien fou !! Marie, qui elle aussi, se balade tranquillement dans son troisième tour va bien, on continue !
KM 24 : Après AMAZON PRIME et sa livraison en 24 heures chrono, je vous présente DOUDOU PRIME et sa livraison en moins de 10 kms chrono !! KWAY livré en main propre (oui, je sais, c’est interdit mais bon, c’est pour sauver un cochon un peu frileux !!!). Franchement je suis à deux doigts de lui demander de me trouver une Aston Martin DB9 pour la fin de la course, mais j’ai trop peur qu’elle arrive à me la livrer sur la FINISH-LINE !! Cette DOUDOU est magique !! (Plus que les arbres... Magiques !! Mais si, vous connaissez, ce sont ces arbres qu’on pendait au rétro de la bagnole (ou au levier de vitesse pour certains.. ) Il y avait 126 couleurs et autant de senteurs différentes.. Ça te filait la g***e les trois premiers jours tellement ça puait et après, ben… ça sentait plus rien!! Mais si vous voyez de quoi je parle, c’est sûr !!).
KM 29 : Et voilà le KWAY livré il y a 5 kils entre en action et je suis bien content. Oh, ce n’est pas la pluie du matin dans l’eau, mais quand même !!
KM 33 : Je pars pour le dernier tour, toujours sans douleurs même si, on va pas se mentir, je sens quand même mes quadris se tendrent ou se crisper , comme vous voulez, gentiment !! Je croise et je double (si, si, je vous promets !!) quelques concurrents qui sont soit dans le même tour que moi, soit à qui il reste un, voire deux tours, je fais par deux fois ma Véronique Jeannot dans Pause-café (ça, c’est pour les plus de 40 ans assurément) : Une première fois avec une jeune fille qui est au bout de sa vie et qui pleure seule sur son chemin de croix ! Je m’arrête et j’essaie de lui glisser quelques encouragements histoire, au moins de sécher ces larmes de crocodile que n’aurait pas renier Monsieur Haribo. Mission accomplie, elle ne pleure plus et repart en trottinant en se demandant probablement qui est ce blaireau qui vient de lui balancer deux phrases plus ou moins philosophiques ( si, si !!) sur la condition du sportif en milieu IRONMAN, sur sa future victoire personnelle et le fierté qui en découlera des mois durant… La deuxième fois, c’était beaucoup plus léger avec un toulousain qui à 60 ans voulait se faire un IRONMAN « pour rigoler » ! Euh mec, tu fais un cache-cache pour rigoler, tu peins tes gosses en vert pour rigoler ( mais ça marche aussi avec le rose ou le bleu), tu vas faire un bowling avec ta belle-mère pour rigoler ( euh non, oubliez le bowling avec belle maman, je retire ! !) , tu vas faire un paintball pour rigoler, mais tu fais pas un Iron pour rigoler, mec !! Je crois qu’il a compris qu’il avait fait une petite boulette en s’inscrivant pour rigoler !!! Je le laisse réflechir et je file à la vitesse d’un escargot amputé pour arriver quand même avant minuit !!
KM 40 : Je repasse une dernière fois devant les potos qui sont toujours là et toujours pas avare d’encouragements, je trottine sans plus m’arrêter maintenant que le contrat de finir est quasi rempli et je me refais le film de la journée, notamment ce moment suspendu dans l’eau ( le moment était suspendu, pas moi, hein !!) moment effrayant et magique à la fois, difficile à décrire tellement c’était…. Wouah !!
KM 42 : Je viens de rentrer sur le tap*s qui nous mène à cette foutue (mais néanmoins magique) FINISH-LINE !! FINISH-LINE que je n’avais pas franchie l’année dernière sur mon dernier IRON et qui me hantait depuis 394 jours exactement !
KM 42.195 : ça y est, je franchis la FINISH-LINE de ce FRENCHMAN 2026 !! Bon, comme d’hab, j’ai cherché DOUDOU à gauche, mais elle était à droite, ou inversement ! Elle avait dû partir en livraison le temps que je finisse !! Oh, on ne va pas se mentir, je ne suis pas fier de ce chrono, (14h35) mais cette année, l’essentiel était ailleurs ! Après un échec comme l’année dernière, je me devais de finir celui-là qui , en plus était mon dixième IRONMAN (Pour 7 terminé) . Et comme j’ai commencé la journée en ne cherchant qu’à la finir, sans pression mais avec la médaille de FINISHER autour du cou, la mission est accomplie. Le soulagement est réel, plus que la fierté je dois bien l’avouer.
Après un échange sincère et très touchant avec SUPER FRENCHMAN qui me remet la médaille de FINISHER, je retrouve enfin MA SUPER DOUDOU qui, elle aussi , est soulagée !! Parce qu’un TIGROU qui ne finit pas un Iron est un TIGROU qui ronchonne jusqu’au prochain !!
Je retrouve aussi Marie qui a fini, pour sa part, son premier IRONMAN. Félicitations Marie !! On se fait la photo qu’on s’était promis de faire depuis des semaines, ensemble avec la médaille, et je repasse récupérer mes affaires et mon vélo pour rentrer tranquillement au camping pour un repos bien mérité autant pour moi que pour DOUDOU !
23H14 : Extinction des feux pour IRONTIGROU !!
Voilà les TIGROUDOUS ! Bon, encore une fois, j’ai été un peu long, mais bon, vous me connaissez maintenant ! Gros bisous et prenez soin de vous en attendant de nouvelles aventures de IRONTIGROU ET DOUDOU !