03/04/2018
«LE MEMORIAL DES ANGES » de Fabrice Pichon
Les éditions du citron bleu – 2014
ISBN : 979-10-90998-07-0
357 pages – 17 euros
Si on comprend dès le départ la fin d'une œuvre, on risque de s'ennuyer. La seule façon de stimuler est de raconter une histoire en plusieurs niveaux, avec une mise en abîme. Il faut donc happer l'attention du lecteur, aller le chercher. C'est le principe du « page-turner », littéralement « tourner les pages » ! Autrement dit, nous parlons alors d'un livre haletant, qu'il nous faut finir, quit à lire, lire et lire avec gourmandise, car les « cliffhangers » nous poussent à continuer, le maintien d'un suspens pour le lendemain n'étant pas souvent le for des vrais lecteurs.
« Le mémorial des anges » est encore un bel exemple de cette lecture gourmandise, ce petit bonbon plaisir qui vous fait du bien au moral.
Présentation du livre :
Le vendredi 14 avril 20.., le Lieutenant MAGNIN du groupe BRACQ se rend à un rendez vous que lui a donné l'un de ses « Tontons » dans la région dijonnaise. Malheureusement, il va lui en coûter et c'est un piège qui se referme sur lui. Deux balles tirées vont le laisser à terre, entre la vie et la mort.
Le groupe BRACQ, et les gendarmes locaux, vont alors se lancer dans une enquete dont l'issue va de nouveau plonger la commissaire dans les noirceurs de son passé.
Mon point de vue :
Comme dans les livres lus précédemment, Fabrice Pichon reprend l'exploration du passé de ses personnages et son impact actuel. Le proie, libérée de ses peurs, devient à son tour le chasseur dont la reconstruction passe par la vengeance, la mort de celui par qui l'on a souffert après des années de ressassement. Une reconstruction par la mort dont le déterminisme est naît dans les faits antérieurs. Le reversement fait alors naître l'empathie, l'empathie pour le tueur. Les victimes, quant à elle, deviennent alors les salauds.
Dans ce second tome des aventures de Marianne Bracq, Fabrice Pichon ne déroge donc pas à la règle. Nos héros sont victimes d'errements antérieurs, qu'ils soient dus à d'autres ou à eux-mêmes. Le passé resurgit pour mettre en lumière, pour corriger et honorer la mémoire des victimes que la justice a ignoré, donnant ainsi des racines au Mal.
Ce n'est donc pas qu' un roman policier que nous avons là, mais également un roman « noir » car il n'y a aucune lueur d'espoir dans ce livre. Malgré l'issue, personne ne trouve le repos en fin de compte et l'on continue à vivre avec ses démons un peu plus alourdis qu'au début. Une nouvelle strate vient se superposer sur Marianne elle-même, ce bout de femme à la fois fragile personnellement et forte professionnellement.
C'est donc encore une fois un roman de très belle facture que nous avons là, mais qui en aurait douté ! Le suspens tient de bout en bout, et « les fausses pistes » sont là pour nous rappeler qu'un roman n'est fini qu'à la dernière page. Vous serez happés par l'histoire, j'en suis sûr.
Maintenant pour les ayatollah de la justesse procédurale, il va y avoir quelques grincements de dents. Je ne reviens pas sur les perquisitions « à la mexicaine », les commissions rogatoires délivrées par le procureur pour tout et n'importe quoi, les fameux mandats de perquisition dont nous sommes habitués depuis des décennies désormais, et le rôle des gendarmes à la Maigret.
Je parlerai aujourd'hui des règles de juridiction. En effet, les policiers de BESANCON et les magistrats doubistes opèrent sans se soucier des limites territoriales des juridictions judiciaires et des services d'enquête. Le plus bel exemple se lit à la page 294 quand le procureur de BESANCON (25) se rend sur une scène de crime à DOLE (39). Non content de se trouver hors de sa zone de compétence, il se permet également de donner des instructions qui plus est quant à la suite à donner. Son confrère de LONS LE SAUNIER serait content d'une telle situation !!! En plus, vas- y que je te prends ce meurtre dans mon instruction ouverte à BESAC!!! Houla, j'ai les poils qui se dresse !!
Mais je suis tatillon, je dois le reconnaître et je suis bien incapable d'écrire moi-même un roman. La critique est chose facile.
L'auteur : source babélio
Après des études de droit qu'il abandonne au profit des paillettes de son emploi de "G. O." dans un Club de vacances à Cannes, Fabrice Pichon se range des nuits de folie en intégrant une société d'assurances.
Ses lectures sont variées avec une longue traversée du désert littéraire, uniquement consacrée aux comics pendant son adolescence. La plume le chatouille dès le collège, encouragé par une prof de français qui préférait Georges Pierquin à Émile Zola.
En 2000, il est lauréat d'un concours organisé par le journal Le Bien Public et les quotidiens de Bourgogne avec un premier thriller diffusé sous forme de feuilleton pendant six mois.
Par la suite les idées s'entassent dans un coin de son esprit et la vie poursuit son cours.
Chacun porte en lui ses propres déchirures, et quitter sa ville et ses racines à l'âge de douze ans fut certainement une de celles qui marqua Fabrice Pichon le plus profondément. C'est peut-être ce qui l'amena à faire ses premiers pas dans l'univers du polar avec Vengeance sans visage, car ce qui n'a pas été aurait pu être.
Le passé est un personnage à part entière de ses écrits, et la dualité des êtres qu'il affectionne doit être une réminiscence des comics ingurgités à haute dose.
Aujourd'hui Fabrice Pichon partage son temps entre Dijon et la Franche-Comté, où il a retrouvé ses racines
Bibliographie :
la vengeance sans visage - ISBN : 1090998007 - Éditeur : Les Editions du Citron bleu (01/01/2012)
le complexe du prisme - ISBN : 9791090998049 Éditeur : Les Editions du Citron bleu (11/02/2013)
le mémorial des anges - ISBN : 1090998074 - Éditeur : Du Citron Bleu (08/02/2014)
Plusdeprobleme.com - ISBN : 2370470658 - Éditeur : Akuma (29/01/2016)
retours amers – ISBN 978-2-37047-0782 - Editions Lajouanie – 2017
Protocoles fatals – ISBN 978-2-37047-0881 - Editions Lajouanie – 2018
SITES :
Site internet : http://www.fabricepichon.com/
Page Facebook: https://www.facebook.com/pichonfabrice
Fabrice PICHON est auteur de Polars et romans noirs