C'est sûrement la meilleure traduction que l'on puisse donner au terme de Yi Quan, osmose entre le YI, l'intention, la pensée créatrice, la volonté, et QUAN, que l'on traduit souvent vulgairement par le poing, la boxe, et qui veut dire à l'origine "appliquer spontanément ce que le coeur décide". Divulgué à partir de 1925, le YI QUAN renoue avec les sources des Arts Martiaux Chinois remontant au XI
I ème siècle. Parmi les experts des Arts Martiaux Chinois il est également connu sous le nom de DA CHENG QUAN. Quand on parle de Kung Fu, on pense toujours à l'école de Shaolin, l'école de Wu Dang, les styles externes (Wai jia), les styles internes (Nei jia). Le Yi Quan n'est ni les uns ni les autres, mais à la fois interne et externe. Il n'a pas de formes codifiées (Tao-Lu, Quan, Kata), ni de règles préétablies. De tous les Arts Martiaux chinois, il est le seul à être dans ce cas. Les principales caractéristiques du Yi Quan :
1) Chaque mouvement est guidé par une pensée (image mentale) correspondante, qui diminue l'activité du cortex cérebral. Grâce à cela, on arrive à équilibrer l'action du système nerveux sur les muscles et les tendons. Ainsi on diminue de plus en plus l'écart qu'il y a entre le moment de la conception d'un mouvement et celui de sa réalisation (union entre le corps et l'esprit).
2) Maître Wang Xian Zhaï, fondateur du Yi Quan, n'observait pas seulement le geste dans chaque mouvement, mais considérait le corps dans son ensemble. Dès qu'une partie du corps bouge, tout le reste du corps accompagne le mouvement. L'efficacité dans les arts martiaux, c'est de parvenir à maîtriser des mouvements explosifs et brefs qui dépendent d'une bonne et rapide transmutation de la tonicité musculaire en décontraction. Cela s'acquiert par les postures et la maîtrise de l'action... au ralenti. Il faut pour cela comprendre et savoir ce qu'est le mouvement dans l'immobilité.
3) Abscence de formes codifiées (Tao-Lu ou kata). La pratique des Tao Lu, à long terme, est nuisible pour le cerveau et pour son émanation, la pensée. Trop rigide à cause d'automatismes mécanisés, elle ne dirige pas correctement les mouvements. Les Tao Lu heurtent les muscles, les tendons, les articulations, qui ne cessent de produire des mouvements forcés et contre-nature. D'autre part, comme on ne peut jamais prévoir les réactions d'un adversaire, leur application en combat libre reste illusoire.