De François Robichon de la Guerinière à Nuno Oliveira, en passant par les techniques modernes de dressage comme le LDR, la parade allemande, etc, j’ai dévoré
et digéré tous les ouvrages qui pouvaient me permettre de progresser dans cet art infini qu’est le « dressage » des chevaux. Je pense que nous devons respecter le cheval et lui apprendre que nous sommes en mesure de le protéger si il nous est
soumis. Les aides clairement utilisées constituent un code entre nous et le cheval, une sorte de langage. C’est en apprenant avec précision la technique équestre que nous arrivons à nous faire comprendre de tous les chevaux. Les fondamentaux n’ayant pas changé depuis des centaines d’années : Avancer, s’équilibrer, tourner. J’aime transmettre, et je pense le faire clairement. Je n’ai eu que des bons retours de mes élèves, de tous niveaux. Je commence très tôt à leur enseigner l’importance du regard et du poids du corps, à tourner avec les deux mains, la jambe d’incurvation, l'épaule en dedans, la dissociation des jambes (maintient des aides du galop dans la préparation du galop à faux, cessions…), à diriger et avancer avant de commencer à sauter. Je les emmène aussi rapidement en extérieur, comme pour les chevaux, je pense que cela participe au plaisir d’apprendre, et garde leur attention en éveil. Mon approche de l’éducation, du débourrage et de l’entraînement des chevaux est éthologique. Aux Etats Unis, j’ai travaillé à plusieurs reprises avec Marthe Kiley Worthington auteur de «The Behaviour of
Horses in Relation to Management and Training», et «Equine Welfare». J'ai travaillé aussi avec Pat Parelli. Un bon cheval dans n’importe quelle discipline est avant tout un cheval, qui passe partout, n’a peur de rien, aime son travail car il est varié, et participe au travail qui lui est demandé, en y apportant son
énergie et son génie. Il a confiance en lui et en son cavalier et se prête volontiers à tout ce que ce dernier lui demande. Je ne crois ni en la brutalité ni en la force, en revanche je crois en l’autorité et la
fermeté sur des bases claires et systématiques des demandes cavalier- cheval. Je pratique beaucoup le croisement des disciplines : faire sauter le cross à un cheval de CSO, faire sauter le CSO à un cheval de
dressage, et pour tous de grandes balades (trotting, randonnées même) en forêt et en campagne. Cette variété dans le travail ne constitue pas une « perte de temps », bien au contraire, elle participe à la gaieté et l’éveil de l’intelligence du cheval. Et je travaille souvent le dressage (les allures, les deux pistes...) en forêt, les appuyers, les transitions, le travail en terrain varié. Il faut "vivre" cheval et voir le monde avec leurs yeux. Alors le plaisir devient immense, infini. On n'arrête jamais d'apprendre de ces êtres surnaturels.