Nous ne pratiquons pas de compétition, chacun d'entre nous s'efforçant de se dépasser soi-meme. Section 1- Qu'est-ce que la NIHON BU-JUTSU EUROPE (NBJE)
La NIHON BU-JUTSU 日本武術 EUROPE (NBJE) est une école d’arts martiaux traditionnels de style japonais pluridisciplinaire. C’est une école synthétique enseignant à la fois des techniques de frappes poings et pieds et blocages du karate, des technique
s de projections, de saisies et de contrôles du ju-jutsu, des techniques de clefs articulaires et déséquilibres de l’aïkido (l’ensemble composant la partie tai-jutsu, techniques du corps) et le maniement d’armes traditionnelles (bâtons, couteau, sabre, matraque, canne...) et leur parade, les buki-waza, afin de former des pratiquants complets. La signification de son appellation en est le rappel puisqu’il est composé des kanji:
- 日本 - NIHON, signifiant : «là où naît le soleil», expression désignant le Japon,
- 武 - BU, signifiant : militaire, guerrier, «arrêter la lance»,
- et 術 - JUTSU, signifiant : technique, art, «adhésion à la façon d’aller». NIHON BU-JUTSU 日本武術 se traduit alors « Techniques de combat japonais », « techniques » au sens large du terme donc, puisque l’école ne se limite pas aux techniques du corps et intègre l’utilisation d’armes. Le blason de l’école, le Mon 紋, est le suivant :
Il représente en blanc sur fond rouge le mont sacré japonais Fuji 富士, situé au sud-ouest de Tokyo, entouré des 12 étoiles du drapeau européen, sur fond bleu. La forme du mont Fuji évoque la signature de sensei MOCHIZUKI Minorou, maître dont les enseignements ont été fondamentaux à l’école. Selon la tradition shintō, l’esprit veillant sur le Mont Fuji est la divinité féminine Sengen-sama, appelée parfois Kono-banasakuya-hime, « La princesse qui fait fleurir les arbres », force vitale gardienne de l’eau de la source de jeunesse, qui empêcherait le volcan d’entrer en éruption pourvu que l’on témoigne au Mont Fuji « San » le respect qui lui est dû. Pour les bouddhistes, l’ascension du Mont Fuji est une métaphore du chemin vers l’éveil. A travers ce symbole plusieurs principes fondamentaux aux arts martiaux sont évoqués :
- le contrôle de soi (empêcher l’éruption du volcan),
- la force tranquille du guerrier pacifique et la stabilité du roc comme celle des émotions (fudoshin),
- le cycle naturel de la vie et le changement permanent menant à la vacuité et à la dissipation de l’égo,
- le chemin qu’il faut parcourir humblement et honnêtement pour progresser et se trouver, gravir la montagne, le chemin, le dō, 道 de Budō. Section 2- Origines et spécificités de l’école NBJE
L’école NIHON BU-JUTSU EUROPE (NBJE) est issue en 2018 de la NIHON BU-JUTSU RYU (NBJR) dont la fondation a été initiée en France par Maître Philippe RENAULT en 1961, lequel, s’appuyant sur ses recherches sur les arts martiaux anciens et ses pratiques martiales auprès de grands maîtres Japonais (MOCHIZUKI sensei, MIFUNE sensei, UESHIBA O-sensei, TOMIKI sensei, OTSUKA sensei), synthétisa diverses disciplines japonaises traditionnelles pour constituer à son retour en France un art martial complet composé de techniques de frappes de poings et pieds, de contrôles, de projections, de clefs et de maniements d’armes traditionnelles militaires japonaises (sabre, couteau...) ou d’origine agraires (bo, tonfa, sai, etc…) au sein d’une école à la japonaise (RYU). L’enseignement de l’école plonge ses racines dans trois disciplines fondamentales, représentatives du modèle des sōgō bu-jutsu :
1) le KARATE JUTSU WADO-RYU, style de karaté « japonais » complet créé en 1930 par OTSUKA Hironori sensei, en intégrant au JU-JUTSU traditionnel dont il était expert (YOSHIN SHINDO RYU, école datant de 1650) les techniques de frappes du KARATE qu’il a étudiées auprès de Me FUNAKOSHI Gishin, fondateur du KARATE-DO, Me MOTOBU et Me MABUNI, constituant ainsi un art martial comprenant à la fois des frappes, des projections, des clefs, des étranglements et des immobilisations, mais également le travail à genoux et avec des armes comme le couteau ou le sabre…
2) le NIHON DEN JU-JUTSU, techniques de combat rapproché traditionnel japonais avec et sans armes (bokken, ïaito, tanto), s’appuyant sur les enseignements d’aïkido SHODOKAN de TOMIKI Kenji sensei et sur ceux de MOCHIZUKI Minoru sensei, élève direct de UESHIBA Morihei O-sensei, fondateur de l’Aïkido, qui a synthétisé dans sa pratique l’Aikijujutsu, le Ju-jutsu traditionnel, le Kenjutsu de la Tenshin Shoden Katori Shinto-ryu, et le Iaijutsu…
3) et le RYU-KYU KOBUDO, techniques d’utilisation et de défense contre les armes traditionnelles des îles Okinawa, comme le BO (bâton long), le TAMBO (bâton court), les SAI (trident court), le TONFA (matraque avec poignée) et le NUNCHAKU (fléau en bois), outils agraires transformés en armes improvisées par les paysans d’Okinawa pour se protéger du clan japonais SATSUMA qui envahit l’île et l’occupa de 1609 à 1879. Section 3- Une école à la japonaise : le principe SANMI-ITTAI
L’école NBJE (et la NBJS d’origine) repose sur une vision traditionnelle de la pratique des arts martiaux en suivant le concept de l’unité de SHIN, de GI et de TAI, unité surnommée le SANMI-ITTAI (三位一体 - trois corps dans un). Il s’agit du principe de l’association des trois composants essentiels de l’efficacité : le coeur (SHIN 心), la technique (GI 技) et le corps (TAI 体) ne doivent faire qu’un. Selon Serge DEVINEAU:
« La notion de Shin-Gi-Taï doit être comprise comme une dynamique dans laquelle les trois éléments interagissent. C’est une sorte de spirale d’évolution qui fonctionne selon le principe suivant:
-les exercices nécessaires à l’étude de la technique (GI) améliorent progressivement la condition physique (souplesse, endurance…)
-si le corps (TAI) commence à changer, l’état d’esprit et les sentiments (SHIN) changent aussi (confiance, détermination, humilité, tolérance…)
-si le coeur et l’esprit s’ouvrent davantage, la technique (GI) évolue et s’affine, ce qui provoque de nouveaux changements des éléments TAI puis SHIN, et ainsi de suite… »
Il s’agira donc de rechercher la sensation d’une technique maîtrisée, emplie d’une tension émotionnelle et physique totales. Ces trois composantes doivent être développées et unifiées en permanence, cherchant à établir un équilibre dont les centres varient immanquablement avec le temps. Avec l’âge les capacités physiques auront tendance à décroître alors que la technique et le mental seront meilleurs, et en cela, l’art martial reste intéressant avec le temps : alors que la performance du sportif va décroitre naturellement à partir de 30 ans, l’efficacité du pratiquant d’arts martiaux peut se développer et trouver un équilibre évolutif, s’appuyant plus ou moins sur chacun des trois supports SHIN-GI-TAI selon les périodes de la vie, la capacité physique et l’apprentissage technique et spirituel du pratiquant.