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🏉 Arbitrage en avant | Hollie Davidson, la juste mesure.Pour notre mois de l’arbitrage, Planète Ovale continue de mettre...
19/10/2026

🏉 Arbitrage en avant | Hollie Davidson, la juste mesure.

Pour notre mois de l’arbitrage, Planète Ovale continue de mettre en lumière celles et ceux qui font vivre le jeu sans toujours occuper le devant de la scène. Après Aurélie Groizeleau, c’est une autre femme qui est aujourd’hui à l’honneur. Et après la prestation de Hollie Davidson dimanche au Stadium, difficile de ne pas lui ouvrir la porte.

Toulouse - Exeter avait tout du match piège pour une directrice de jeu. De l’intensité, des changements de scénario, treize essais, un carton rouge dès la 16e minute et, jusqu’au bout, un écart impossible à creuser entre deux équipes qui se sont répondu coup pour coup. Au terme de 80 minutes particulièrement animées, Toulouse s’est imposé 43-40.

Dans ce genre de rencontre, l’arbitre peut facilement devenir le personnage principal. Hollie Davidson a justement fait l’inverse : elle a permis au jeu de rester au centre. Son carton rouge contre Rodrigue Neti, décidé après un visionnage très court, relevait d’une décision forte mais assumée. Plus t**d, elle a encore dû intervenir sur un contact tête contre tête ou sur un en-avant volontaire de Teddy Thomas. À chaque fois, avec cette même volonté de décider sans transformer chaque arrêt de jeu en interminable parenthèse.

C’est peut-être cela, finalement, que l’on attend d’un arbitre : être suffisamment présent pour faire respecter les règles, mais suffisamment juste dans sa gestion pour ne pas étouffer le match. Laisser jouer sans laisser faire.

Hollie Davidson connaît le rugby de l’intérieur. Ancienne demi de mêlée, internationale écossaise U20, elle a ensuite choisi l’arbitrage et en a fait son métier. Son parcours l’a conduite jusqu’aux plus grandes scènes : première femme à diriger un match masculin du Six Nations en 2026, puis première femme à arbitrer une rencontre de Top 14, à Clermont en avril dernier. Elle a également reçu en 2025 le World Rugby Referee Award.

Mais dimanche, son sexe n’était finalement qu’une information.
Son arbitrage, lui, était au premier plan. Et c’est précisément ce que nous voulons défendre avec cette rubrique : regarder les arbitres autrement. Ne pas les réduire à leurs décisions lorsqu’elles nous contrarient, mais savoir reconnaître leur travail lorsqu’ils permettent au rugby de rester ce qu’il doit être : un sport de combat, de règles, de décisions et de mouvement.

Dimanche, au Stadium, Hollie Davidson a rappelé qu’un arbitrage de qualité ne se mesure pas au nombre de coups de sifflet, mais à la capacité de laisser le jeu vivre tout en gardant ses limites. Une présence juste, ferme quand il le fallait, pédagogique sans jamais alourdir le rythme. Bravo et merci Mme Davidson.

European Rugby Champions Cup - ASM-Rugby 23-48 Leinster Rugby : Irish trophy.Le Leinster s’impose largement à Clermont (...
17/10/2026

European Rugby Champions Cup - ASM-Rugby 23-48 Leinster Rugby : Irish trophy.

Le Leinster s’impose largement à Clermont (48-23) au terme d’un match à deux visages. Pourtant, les Auvergnats avaient parfaitement négocié la première période. Efficaces offensivement et précis au pied grâce à un Plummer impérial, les Jaunards viraient en tête à la pause (16-15), malgré deux essais encaissés, dont un sur une incompréhension en touche. Face à un Leinster parfois indiscipliné, Clermont pouvait alors croire à l’exploit.

Mais le scénario s’est brutalement inversé au retour des vestiaires. Sur une perte de b***e dans les 22 mètres irlandais, le Leinster frappe en contre par Sam Prendergast (16-22). Clermont souffre ensuite en conquête : pénalisé à plusieurs reprises en mêlée, le pack auvergnat concède un essai de pénalité et voit Ez Zahouany exclu temporairement. En supériorité numérique, Dan Sheehan creuse encore l’écart (16-36).

Malgré ses imprécisions, l’ASM ne renonce pas et Mathys Belaubre relance brièvement les siens (23-34). Mais le Leinster répond immédiatement par Jack Conan, puis Tommy O’Brien en fin de rencontre. Les Auvergnats tentent encore de sauver l’honneur, sans parvenir à concrétiser leurs dernières possessions.

Après une première période encourageante, Clermont a totalement subi la puissance et l’efficacité irlandaises dans le second acte. Une défaite lourde, marquée notamment par les difficultés en conquête. Le Leinster repart d’Auvergne avec une victoire bonifiée et lance idéalement sa campagne européenne.

European Rugby Champions Cup - Vodacom Bulls 56-20 Stade Français : Sans appel.Le Stade Français aura tenu une mi-temps ...
17/10/2026

European Rugby Champions Cup - Vodacom Bulls 56-20 Stade Français : Sans appel.

Le Stade Français aura tenu une mi-temps avant de subir la puissance des Bulls.

À la pause, les Sud-Africains avaient déjà pris les commandes (21-6), profitant du manque de précision parisien et d'une domination importante dans le combat. Malgré quelques occasions, le Stade Français peine à concrétiser.

Les Parisiens reviennent avec de meilleures intentions après la pause et Botha relance l'espoir en inscrivant un essai. Mais une nouvelle erreur défensive permet aux Bulls de reprendre immédiatement leurs distances. Mailulu maintient ensuite le Stade Français dans le match à l'heure de jeu, mais les Parisiens restent trop irréguliers et souffrent toujours en mêlée.

Puis tout s'accélère. En seulement quatorze minutes, les Bulls inscrivent quatre essais par Rudolph, Wessels, Jacobs et Jooste, mettant définitivement fin aux espoirs parisiens. Cheswill Jooste ajoutera même un troisième essai personnel en fin de rencontre.

Portés par un Handré Pollard précis au pied et capable de dynamiser le jeu, les Bulls ont récité un rugby puissant, direct et terriblement efficace.

Le Stade Français repart du Loftus Versfeld avec une lourde défaite : 56-20.

European Rugby Champions Cup - Gloucester 36 – 36 UBB : Tout sauf nul.Quel match ! Pour son entrée en Champions Cup, l’U...
16/10/2026

European Rugby Champions Cup - Gloucester 36 – 36 UBB : Tout sauf nul.

Quel match ! Pour son entrée en Champions Cup, l’Union Bordeaux Bègles a arraché un spectaculaire match nul (36-36) sur la pelouse de Gloucester, au terme d’une rencontre où les deux équipes se sont répondu coup pour coup.

Malmenée en mêlée et trop indisciplinée, l’UBB a longtemps subi la puissance du pack anglais. Gloucester, emmené notamment par Jac Morgan et Dewi Lake, a parfaitement exploité les fautes girondines pour regagner les vestiaires avec sept longueurs d’avance (24-17).

Mais Bordeaux-Bègles n’a jamais renoncé. Dès la reprise, Uberti ramène les siens à deux points avant que Louis Bielle-Biarrey ne fasse parler sa vitesse pour donner l’avantage à l’UBB (24-29). Gloucester répond par Will Trenholm, qui profite d’une nouvelle séquence de pression pour inscrire son premier essai de la soirée (29-29).

Le troisième ligne anglais allait devenir l’un des hommes du match. Quelques minutes plus t**d, il s’offre un doublé après une superbe inspiration de Seb Atkinson et redonne l’avantage aux Cherry and Whites (36-29).
De son côté, l'UBB a elle aussi un troisième ligne anglais qui s'est distingué : Tom Willis a livré une prestation XXL, omniprésent dans le combat, précieux dans les airs comme au sol, et déterminant dans les moments où l’UBB avait le plus besoin de lui.

Maxime Lucu perce, fixe parfaitement et libère Bielle-Biarrey, qui file entre les perches pour son deuxième essai de la soirée. 36-36. Les dernières minutes sont irrespirables. Chaque équipe aura encore l’occasion de faire la différence, mais aucune ne parvient à porter le coup fatal.

Gloucester et l’UBB se quittent donc sur un nul spectaculaire. Bordeaux-Bègles voit ainsi sa série de 16 victoires consécutives en Champions Cup prendre fin, mais repart de Kingsholm avec un point précieux et la certitude d’avoir montré de belles ressources.

🏉⬛ Décès de Hyron Andrews, le rugby en deuil.Vendredi matin, sur l’île de Ré, à quelques heures d’un match de Champions ...
16/10/2026

🏉⬛ Décès de Hyron Andrews, le rugby en deuil.

Vendredi matin, sur l’île de Ré, à quelques heures d’un match de Champions Cup, le rugby a brutalement perdu l’un des siens. Hyron Andrews, deuxième ligne sud-africain des Lions de Johannesburg, est décédé à l’âge de 31 ans.

Le joueur a été retrouvé inanimé dans une cabine de do**he de l’hôtel où séjournait son équipe, à Sainte-Marie-de-Ré. Les secours sont intervenus, sans parvenir à le réanimer. Une enquête a été ouverte afin de déterminer les circonstances exactes du décès. À ce stade, la piste accidentelle est privilégiée et aucune conclusion définitive sur la cause de sa mort ne peut être tirée.

Hyron Andrews venait de retrouver l'Afrique du Sud après deux saisons passées en Angleterre avec les Sale Sharks. Formé en Afrique du Sud, passé notamment par les Sharks et international U20 en 2015, il avait rejoint les Lions cet été. Il avait déjà disputé les trois premières rencontres de son équipe en United Rugby Championship cette saison.

Mais derrière le deuxième ligne, le joueur professionnel et le maillot des Lions, il y avait surtout un homme, un mari et un père de famille.
Le club a adressé ses pensées à son épouse Maiglin, à leurs jeunes fils et à l’ensemble de la famille Andrews, demandant que leur intimité soit respectée dans cette épreuve. Les Lions ont également annoncé leur volonté de disputer malgré tout la rencontre face au Stade Rochelais, samedi, « en mémoire d’Hyron ».
Le match aura donc lieu.
Mais il ne sera évidemment pas tout à fait un match comme les autres.
Avant le coup d’envoi, une minute d’hommage sera observée. Et, ce week-end, toutes les rencontres de Champions Cup et de Challenge Cup seront précédées d’une minute de silence en mémoire du joueur sud-africain.

Il y aura des maillots, un ballon, un terrain, des tribunes et bientôt le bruit du match. Mais, pendant quelques secondes, le rugby se taira.
Parce qu’avant d’être une compétition, le rugby reste une histoire d’hommes et de femmes. Une famille parfois éloignée de plusieurs milliers de kilomètres, mais qui sait se retrouver dans les moments où les mots deviennent difficiles à trouver. Demain, les rivalités attendront. Le rugby pleure l’un des siens.

À sa famille, à ses proches, à ses coéquipiers et à toute la famille des Lions, Planète Ovale adresse ses plus sincères condoléances.
Repose en paix, Hyron.

🏉 Arbitrage en avant — Aurélie Groizeleau : Reprendre là où tout s’était arrêté.Née à La Rochelle en 1989 et élevée à Ma...
14/10/2026

🏉 Arbitrage en avant — Aurélie Groizeleau : Reprendre là où tout s’était arrêté.

Née à La Rochelle en 1989 et élevée à Marans, en Charente-Maritime, Aurélie Groizeleau grandit dans une famille profondément attachée au rugby. Elle touche ses premiers ballons dès l’âge de 5 ans et intègre à 15 ans le Pôle Espoirs de Toulouse, avant de rejoindre Saint-Orens. Son parcours de joueuse la conduit jusqu’aux équipes de France à XV et à 7. Elle compte cinq sélections avec les Bleues à XV et sept avec l’équipe de France à 7.

À 18 ans, alors qu’elle est promise à l’équipe de France, une rupture des ligaments croisés vient interrompre son parcours. Les examens révèlent alors qu’elle n’a qu’un seul rein. Les règlements de l’époque ne lui permettent plus de poursuivre sa carrière de joueuse.Le rugby s’arrête là. Ou du moins, c’est ce qu’elle croit.

Elle se tourne vers l’arbitrage après avoir déjà arbitré quelques rencontres lorsqu’elle était joueuse. Au départ, il n’est pas question de carrière ni de haut niveau. Elle veut rester sur les terrains, continuer à vivre sa passion et retrouver ce que sa blessure lui a brutalement retiré.
Puis les choses s’enchaînent.
Elle progresse, franchit les étapes de formation, arbitre des garçons et des hommes à une époque où les compétitions féminines sont encore peu nombreuses. Il lui arrive de devoir composer avec des réflexions misogynes. Elle ne s’att**de pas dessus. Pour elle, une chose compte : la compétence. Le reste viendra avec le temps.

L’arbitrage devient progressivement une nouvelle manière de vivre le rugby. Une autre place, une autre responsabilité, un autre regard.
En 2019, lorsqu’elle arbitre pour la première fois dans le Tournoi des Six Nations féminin, l’émotion est particulière. Quelques années plus tôt, elle devait le jouer avec les Bleues. Sa blessure l’en avait empêchée. Cette fois, elle y est.
Pas avec un maillot. Avec un sifflet. Elle dira alors avoir eu le sentiment de « reprendre là où tout s’était arrêté ».

Depuis, son parcours l’a menée jusqu’au professionnalisme, au Pro D2 et aux plus grandes compétitions internationales. En 2025, lors de la Coupe du monde féminine en Angleterre, elle arbitre notamment Angleterre-Australie devant une quinzaine de membres de sa famille venus la voir. Une image qui résume peut-être mieux une carrière que n’importe quel palmarès. Car derrière le haut niveau, il y a une femme qui a dû réinventer sa place dans le rugby.
Et cette nouvelle carrière exige, elle aussi, beaucoup de travail : entraînement physique quotidien, analyse vidéo, préparation mentale, communication, travail collectif avec les autres officiels.

Aujourd’hui, elle transmet également son expérience aux arbitres féminines qui suivent son chemin à la Fédération française de rugby. Son histoire ne raconte donc pas seulement une reconversion. Elle raconte ce que le rugby peut parfois offrir lorsqu’une porte se ferme : une autre manière d’entrer dans le jeu. Aurélie Groizeleau n’a pas pu poursuivre le rêve qu’elle avait commencé comme joueuse.
Alors elle en a construit un autre.
Et finalement, elle est bien retournée là où elle voulait être depuis le début : sur un terrain de rugby.
Bravo et bonne continuation Mme. Groizeleau.

🏉 Arbitrage en avant — Pierre Brousset, changement de regard.Pour comprendre Pierre Brousset, il faut peut-être commence...
13/10/2026

🏉 Arbitrage en avant — Pierre Brousset, changement de regard.

Pour comprendre Pierre Brousset, il faut peut-être commencer par là : avant de porter le sifflet, il portait le maillot. Originaire de Rieumes, en Haute-Garonne, il grandit avec le rugby et porte les couleurs du club de sa ville jusqu'à ses vingt ans. À 17 ans et demi, il découvre l'arbitrage, d'abord par curiosité. Il pense alors que connaître les règles pourrait aussi faire de lui un meilleur joueur. Il ne sait pas encore que cette démarche va changer sa trajectoire.

En moins d'un an, la curiosité devient une passion. Puis vient le choix : continuer à jouer ou donner à cette nouvelle passion les moyens de le mener au plus haut niveau. Il choisit le sifflet. La suite se construit palier après palier. La Fédérale 3, la Fédérale 2, la Fédérale 1, la Pro D2, puis le Top 14, qu'il découvre lors de la saison 2016-2017. Une progression rapide, mais qui ne doit rien au seul hasard : derrière les promotions, il y a du travail, des exigences renouvelées et cette nécessité de se remettre en question après chaque rencontre.

Dans cette ascension, une rencontre compte particulièrement : celle de Romain Poite. L'ancien arbitre international devient un mentor, l'accompagne dans sa progression et l'aide à affiner son regard. Brousset reconnaîtra d'ailleurs qu'avant de le côtoyer, il ne regardait même pas les matchs en prêtant attention à l'arbitre. Tout est peut-être là. Apprendre à regarder autrement. Ne plus seulement suivre le ballon, mais lire les intentions, anticiper les situations, comprendre ce qui se joue loin de l'action. Passer du plaisir de participer au jeu à la responsabilité d'en garantir le cadre.

En 2018, il devient arbitre à temps plein à la Fédération française de rugby. La Coupe du monde 2023, organisée en France, lui offre une première expérience sur la plus grande scène internationale, comme arbitre assistant. Quelques mois plus t**d, en février 2024, il dirige son premier match du Tournoi des Six Nations, Irlande-Italie.

Une nouvelle étape, sans brûler les suivantes. Car Brousset insiste sur une idée qui pourrait tout aussi bien résumer le parcours d'un joueur : avancer match après match, travailler au quotidien et ne pas laisser l'objectif lointain faire oublier l'exigence du présent. Son histoire nous rappelle que l'arbitrage n'est pas une place que l'on occupe en marge du rugby. C'est une autre manière de l'habiter.
Pierre Brousset a commencé par apprendre les règles pour mieux jouer. Il a fini par en faire son métier, pour permettre aux autres de jouer.
Et entre ces deux regards, il y a toute une carrière.

🏉 ARBITRAGE EN AVANT : Les arbitres, acteurs indispensables du rugby.Dans le cadre des Journées de l’arbitrage, Planète ...
12/10/2026

🏉 ARBITRAGE EN AVANT : Les arbitres, acteurs indispensables du rugby.

Dans le cadre des Journées de l’arbitrage, Planète Ovale a voulu mettre en lumière ces hommes et ces femmes de l’ombre sans lesquels notre jeu ne pourrait tout simplement pas exister.

Ceux que nous sommes si prompts à critiquer, parfois avec beaucoup de certitudes et souvent avec bien peu d’idées sur les difficultés de leur mission. Ceux dont on remarque immédiatement l’erreur, mais rarement les dizaines de décisions justes qui l’ont précédée. Ceux à qui l’on demande d’être précis dans un jeu qui, lui, ne l’est jamais complètement. Car arbitrer un match de rugby, ce n’est pas simplement connaître les règles. C’est les appliquer à un jeu en mouvement permanent, où plusieurs infractions peuvent se produire en même temps, où le regard doit choisir ce qu’il faut surveiller, où une décision prise en une fraction de seconde peut modifier le cours d’une rencontre.
Et cette décision, il faut ensuite l’assumer. Sans possibilité de revenir quelques secondes en arrière. Sans plusieurs ralentis sous différents angles. Sans le confort de l'après-match, lorsque chacun peut refaire l'action devant un écran et expliquer ce qu'il aurait fallu voir.

L'arbitre, lui, doit décider avec les informations dont il dispose au moment où le jeu se déroule.
Il doit aussi gérer l'humain. Trente joueurs qui n'ont pas toujours la même lecture de la situation. Des entraîneurs qui vivent leur match avec leurs propres émotions. Un public qui, par définition, ne voit pas toujours la même chose que lui.
Il doit écouter sans se laisser influencer, dialoguer sans perdre son autorité, sanctionner sans s'emporter et parfois reconnaître qu'il s'est trompé sans que cette erreur ne contamine les décisions qui suivent.

Parce que l'arbitre n'est pas celui qui ne se trompe jamais. C'est celui qui doit continuer à arbitrer après s'être trompé. C'est précisément ce qui rend la critique nécessaire… mais aussi difficile.

Oui, une décision arbitrale peut être discutée. Elle peut être analysée, questionnée, confrontée aux règles et, parfois, démontrée comme erronée. Mais critiquer une décision n'est pas condamner celui qui l'a prise. Encore faut-il connaître suffisamment le jeu, ses règles, ses interprétations et les contraintes de l'arbitrage pour transformer un désaccord en véritable analyse. Le « il n'avait qu'à voir » n'est pas une analyse. Pas plus que le procès d'intention ou l'insulte.
Le rugby n'a pas besoin d'arbitres intouchables. Il a besoin d'arbitres respectés.

Parce que leur rôle n'est pas de décider qui doit gagner. Leur rôle est de créer le cadre dans lequel deux équipes peuvent essayer de le faire, avec les mêmes règles et les mêmes exigences. Et peut-être que la plus belle réussite d'un arbitre est justement celle dont on parle le moins : celle qui permet au match de rester un match, aux joueurs de jouer et au résultat de leur appartenir.

Alors, profitons de ce mois-ci pour les voir autrement.
Pas comme des hommes et des femmes qu'il faudrait applaudir par principe. Pas comme des adversaires lorsque leur décision nous déplaît.
Mais comme ce qu'ils sont réellement : des acteurs indispensables de notre jeu, qui acceptent de prendre sur eux le poids de décisions que nous sommes, nous, si prompts à juger.
Car ils ne sont pas au-dessus du rugby. Ils sont l'une des conditions pour qu'il puisse exister.

Pourquoi Planète Ovale est restée silencieuse.Vous avez peut-être remarqué que, depuis plusieurs semaines, Planète Ovale...
04/10/2026

Pourquoi Planète Ovale est restée silencieuse.

Vous avez peut-être remarqué que, depuis plusieurs semaines, Planète Ovale est restée silencieuse.
Il y a une raison à cela.
Mon père nous a quittés.
Et depuis, je n’ai tout simplement pas eu la force de parler de rugby.

Pourtant, le rugby fait partie de ma vie depuis si longtemps que j’ai parfois l’impression qu’il en a toujours fait partie. Mais il n’en a pas toujours été ainsi.
C’est lui qui me l’a fait découvrir.
J’étais alors un gamin turbulent, avec beaucoup trop d’énergie et pas toujours la meilleure manière de l’utiliser. Je faisais des conneries, je cherchais les limites et je ne savais pas vraiment quoi faire de cette énergie qui débordait de partout.
Alors il m’a emmené vers le rugby.
Et quelque part, il m’a donné un endroit où déposer tout cela. Un terrain pour courir, me défouler, apprendre à tomber et à me relever. Un endroit où comprendre qu’on pouvait être fort sans être brutal, se battre sans être violent, et aller beaucoup plus loin lorsqu’on avançait avec les autres.

Avec le temps, ce sport est devenu bien plus qu’un sport. Il est devenu une partie de moi.
Et pendant toutes ces années, nous avons regardé les matchs ensemble.
Plusieurs centaines, probablement.
Des grandes affiches, des matchs sans enjeu, des rencontres magnifiques et d’autres qu’il aurait peut-être mieux valu oublier.
Nous avons ri, râlé, refait les actions. Nous avons disséqué les choix des entraîneurs comme si nous étions à leur place. Nous nous sommes parfois chamaillés pour une décision arbitrale ou une stratégie que l’un trouvait brillante et l’autre complètement absurde.
Puis nous passions à autre chose.
Parce que le véritable plaisir n’était pas seulement dans le match. Il était dans le fait de le regarder ensemble.

C’est aussi lui qui a été le premier à croire en Planète Ovale.
Lorsque j’ai créé cette page, il m’a encouragé à continuer, à m’investir, à croire en ce que je faisais et à poursuivre mes rêves. Il était fier de cette page. Et je crois qu’une petite partie de moi écrivait aussi pour lui.
Alors lorsqu’il est parti, quelque chose s’est brusquement éteint.
Je pouvais regarder un match, mais il manquait quelqu’un à côté de moi. Je pouvais lire une actualité, mais je n’avais plus son avis à écouter, ni ses commentaires à contester. Depuis son départ, je n’ai tout simplement pas réussi. Parce que le rugby, pour moi, c’était aussi lui.

C’est encore difficile aujourd’hui.
Regarder un match sans toi, Baba, n’a pas la même saveur.
Et pourtant, je sais ce que tu aurais voulu. Tu m’aurais probablement dit de continuer. De ne pas m’arrêter. De continuer à écrire, à partager, à faire vivre cette page que tu aimais tant.

Alors je vais essayer. Parce que je sais que tu aurais préféré me voir continuer à pousser dans le ruck plutôt que botter en touche.
Planète Ovale continuera donc son chemin. Avec un peu de toi en elle.
Parce que cette page est née, en partie, de cette passion que tu m’as transmise. Parce que le rugby m’a aidé à devenir l’homme que tu voulais que je sois.
Et parce qu’il y a des héritages qui ne se trouvent dans aucune succession.
Ils sont dans ce que l’on devient. Dans les valeurs que l’on porte. Dans les passions que l’on continue de faire vivre. Dans les souvenirs qui restent lorsque ceux qui nous les ont offerts ne sont plus là.

Mon premier supporter nous a quittés. Mais je continuerai à faire vivre ce qu’il m’a transmis.
Ici, sur Planète Ovale.
Sur les terrains.
Dans ma vie.
Et chaque fois que le rugby reprendra sa place devant mes yeux, il y aura probablement une petite voix quelque part dans ma tête pour commenter l’action, contester une décision ou parler avec amour d'une mêlée bien disputée.
Je ne l’entendrai plus vraiment.
Mais elle sera toujours là.
Pour toi, Baba.

Ton fils.

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