03/06/2026
*Le stand de tir de Tonnerre en danger : quelques explications*
Par où commencer ou par où terminer…
Nous allons donc éclaircir la situation et expliquer pourquoi le stand n’a pas souhaité signer cette convention avec la mairie.
À savoir que le dernier bail avec la mairie n’avait pas été renouvelé depuis 2022, sans que cela n’interpelle ni ne dérange qui que ce soit.
Lorsque le stand a pris la décision de quitter l’AST, il nous a été indiqué qu’à notre départ, nos comptes bancaires, nos biens et notre matériel resteraient notre propriété.
Or, dans la convention proposée par la mairie figurait une clause avec laquelle nous n’étions pas d’accord :
Propriété du matériel
Il est expressément convenu que le matériel ci-après désigné, utilisé dans le cadre de l’activité de tir par l’association, demeure la propriété exclusive de l’Association Sportive Tonnerroise, et ce indépendamment de la mise à disposition du local municipal :
* six (6) cibles électroniques ;
* six (6) carabines ;
* un (1) compresseur d’air ;
* les bouteilles d’air afférentes ;
* les gilets de protection.
Ce matériel n’est ni cédé, ni mis à disposition à titre gratuit ou onéreux au profit de la Collectivité, ni intégré aux biens municipaux, et ne saurait faire l’objet d’aucune revendication de propriété de la part de la Collectivité ni de l’Association Le Cercle des Dragons du Chevalier d’Éon.
En cas de cessation, de suspension ou de résiliation de la présente convention, le matériel susmentionné restera la propriété de l’AST et pourra être librement retiré par celle-ci, sous réserve du respect des règles de sécurité applicables.
Notre question est simple : pourquoi ajouter une telle clause dans une convention portant uniquement sur la mise à disposition d’un local ?
À savoir également que notre matériel n’a pas été financé par les subventions que nous avons perçues. Il n’a pas non plus été acheté par l’AST. Il a bel et bien été financé grâce aux cotisations des licenciés au fil des années.
Après plusieurs réunions avec le bureau ainsi que le conseil d’administration, des votes ont été organisés et il a été décidé de refuser la signature de cette convention. Malgré plusieurs échanges avec la mairie — sans jamais avoir eu de rendez-vous avec Mr le maire directement dans ces échanges — cela n’a rien changé.
À savoir aussi que la mairie a organisé une première visite du stand avec une personne habilitée à contrôler les structures et vérifier que tout était conforme aux normes et aux règles en vigueur. Le seul reproche formulé concernait un manque d’affichage obligatoire, qui a été immédiatement corrigé.
La mairie nous a ensuite demandé plusieurs actions : rangement, nettoyage, retrait de certains éléments, etc. Tout cela a été réalisé. Une contre-visite a ensuite été effectuée sans problème majeur.
Plusieurs contrôles de la gendarmerie ont également eu lieu au sein du stand (contrôle du registre SIA, des armes, des munitions et des licences). Aucune anomalie ne nous a été reprochée.
Aujourd’hui, le stand est en péril. Ce sont 132 licenciés qui sont menacés. On nous demande de quitter les locaux.
Que va-t-on faire de nos licenciés ? Que va-t-on faire de toutes les infrastructures que nous avons financées et développées au fil des années ? Comment allons-nous nous réorganiser ?
Même si l’association est saine financièrement et dispose de fonds, nous nous retrouvons dans une impasse.
Nous avons pu lire sur les réseaux sociaux que la ville continuerait à faire vivre le stand. Mais de quelle manière ? Avec notre matériel ? Avec nos installations ?
À savoir également qu’il nous est reproché de faire du bruit.
Pourtant, le stand n’est ouvert que le jeudi après-midi de 13 h à 17 h et le samedi matin de 9 h à 13 h, soit seulement 8 heures par semaine afin de limiter les nuisances sonores.
Nous encourageons également l’utilisation de modérateurs de son lorsque cela est possible. Nous avons même investi dans des armes équipées de silencieux destinées à la location pour les tireurs ne disposant pas de leur propre matériel.
En réalité, le stand a toujours été là, tout comme les armes.
Et non, nous ne tirons pas avec des armes automatiques ou illégales. Nous ne disposons pas d’une simple « licence pour obtenir des armes ». L’acquisition d’armes est strictement encadrée, soumise à des démarches précises, à une enquête de gendarmerie et à l’autorisation de la préfecture. Ces autorisations sont régulièrement contrôlées.
Dans la pratique du tir sportif, il ne faut pas croire que la seule discipline existante est le tir à 10 mètres à la carabine à plomb, qui est effectivement peu bruyant.
Tout le monde n’est pas adepte de cette discipline et peut préférer d’autres pratiques reconnues par la FFTir :
* Arbalète ;
* Armes anciennes ;
* Bench-rest ;
* Carabine ;
* Cible mobile ;
* Écoles de tir ;
* Para-tir ;
* Pistolet ;
* Plateau ;
* Silhouettes métalliques ;
* Tir aux armes réglementaires ;
* Tir sportif de vitesse.
Ces disciplines peuvent être divisées en deux grandes catégories : le tir sur cibles et le tir sur plateaux. Chacune comprend différentes épreuves selon la distance, le calibre utilisé et la combinaison entre précision et vitesse.
Concernant notre logo, il nous est également reproché de représenter des armes qui, selon certains, ne ressemblent pas à des armes de compétition.
Mais qu’est-ce qu’une arme de compétition ?
Une carabine à plomb est une arme de compétition, certes. Mais une carabine en calibre .308 Wi******er, une .22 LR, un pistolet de type 9 mm ou encore un Ma**er en calibre 8x57 peuvent tout autant être utilisés dans des disciplines sportives officielles.
À savoir également que, dans un stand de tir, nous pouvons fixer des limitations concernant les calibres autorisés. C’est d’ailleurs ce qui a toujours été fait.
Les calibres les plus bruyants sont limités à un faible nombre de tirs ou soumis à l’utilisation obligatoire d’un modérateur de son.
Mais au fond, qu’est-ce qu’un « gros calibre » ?
Selon Wikipédia, les calibres se répartissent généralement comme suit :
* « calibre miniature » : 5,6 mm ou moins ;
* « petit calibre » : jusqu’à 8,1 mm ;
* « calibre moyen » : de 8,4 mm à 9,9 mm ;
* « gros calibre » : 10 mm ou plus.
Quelques exemples :
* .22 Long Rifle : 5,5 mm ;
* .223 Re*****on : environ 5,56 mm ;
* .308 Wi******er : environ 7,82 mm ;
* 9 mm Parabellum : environ 9,01 mm ;
* .357 Magnum : environ 9,07 mm.
Il ne faut pas oublier que le tir sportif est un sport à part entière dans toutes ses disciplines et qu’il a toute sa place parmi les autres sports, au même titre que le football, le tennis ou la natation.
Parmi les fédérations sportives françaises, la FFTir se situe parmi les plus importantes du pays, avec près de 294 000 licenciés sur l’ensemble du territoire.
Enfin, le stand est avant tout un lieu de convivialité où nous accueillons les gens avec plaisir.
Oui, certaines personnes viennent simplement discuter, boire un café ou prendre des nouvelles. En quoi cela serait-il anormal ? Est-ce interdit ?
Ne voit-on jamais des personnes échanger autour des autres clubs sportifs ?
Chaque semaine, nous accueillons en moyenne une personne souhaitant découvrir le tir sportif. Elle participe à une initiation et cela se conclut souvent par une prise de licence.
Il y a des hommes, des femmes, des jeunes et des moins jeunes.
Il suffit de venir voir par soi-même pour s’en rendre compte.
Bien sûr, on ne peut pas plaire à tout le monde. Il peut y avoir eu des désaccords ou des différends. Mais dans l’ensemble, la majorité des personnes repartent du stand avec le sourire.
Merci à vous et bonne lecture. Kevin secrétaire du stand de Tir.