31/10/2019
Qu'est ce que le Taiji Quan, art martial interne ?
Définition ; Le Taiji Quan ou Tai-Chi-Chuan ou Tai Chi est un art martial chinois dit « interne » trop souvent réduit à une gymnastique de santé. Il peut aussi comporter une dimension spirituelle. Il a pour objet le travail de l'énergie appelée chi. (Wikipédia)
Taiji Quan ; différents noms ou qualificatifs ont circulé (liste non exhaustive) ; Les mains de coton, Les mains qui neutralisent, Boxe de l'ombre (boxe avec son ombre), Boxe du Yin et du Yang, Boxe de la polarité suprême, Méditation en mouvement, Art martial suprême, tout cela, devrait nous mettre sur la piste, de ce qu'est le Taiji Quan, mais il existe une autre source d'information, ce sont les textes anciens du Taiji Quan.
Les informations que l'on peut trouver dans les textes anciens du Taiji Quan, sont relativement ambigües, il faut en comprendre le sens et faire quelques recoupements, ces textes ont été écrit quelques temps, après la naissance de celui ci !
Pour les historiens, c'est vers 1840, que pour la première fois, le nom Taiji Quan a été prononcé et ceci pour désigner l'art de Yang Lu Chan. C'est donc à cette date, qu'est né le Taiji Quan.
Jamais, auparavant, ce nom n'avait jamais été employé pour qualifier ou nommer un art martial.
Tout, ce qui parle de Taiji Quan, avant cette date, ne peut être que pure invention !
Les textes anciens sont donc contemporains à cette date ou à cette naissance, le plus souvent, on attribue l'écriture de ceux ci, à des élèves de Yang Lu Chan .
Dans ces textes anciens, il est fait mention qu'un vieillard qui pratiquerait le Taiji, pourrait sortir victorieux d'un affrontement avec des adversaires plus jeunes.
S'il sort victorieux, précise-t-on, ce n'est ni grâce à sa rapidité, ni à sa force.
« Méditez ceci, si un vieillard de 80 ans est capable de résister victorieusement à de multiples assaillants, ce n'est pas grâce à sa rapidité, ni à sa force »
On peut en déduire, que c'est par un autre moyen et mis à part l'anticipation, je ne vois aucun autre moyen plausible d'y arriver. Il faudrait donc anticiper les attaques.
Pour cela, une autre indication, apparaît dans un autre texte, il faudrait garder le contact ou adhérer et ne pas le perdre, on y fait mention à de nombreuses reprises, tout au long de ces textes .
« Adhérez et contactez, collez et suivez, ne le perdez pas. »
A l'heure actuelle, les sciences nous apportent, le pourquoi de ceci .
On sait que l'intention , commence, à tonifier les muscles qui seront employés, lors du geste, (pré-tonification) et la pré-équilibration qui prépare au mouvement, ce sont des mouvements invisibles et inconscients, que le corps, met en place, pour gagner du temps.
Ces micro-mouvements, sont susceptibles d'être perçus, dés lors que l'on y travaille, cela nous rapproche d'une méditation de pleine conscience (mindfulness méditation).
La pré-tonification, (augmentation du tonus) peut être reconnue, par une prise de conscience personnelle, dans un premier temps, puis par un (long) travail spécifique de perception, chez le partenaire.
Pour cela, il faut avoir et garder le contact (un contact spécifique), pour le ressentir, d'où la phrase des textes anciens, citée plus haut.
Quand on est capable de ressentir cela, c'est l'intention du partenaire, que l'on perçoit, si l'on est capable d'anticiper, on devient invincible, puisque, vous savez avant, ce que le
« Partir après, mais arriver avant » (Art de la guerre)
Partir après (l'intention) mais arriver avant (le geste).
« Quand vous avez compris le Jin, vous pouvez accéder graduellement à la révélation de l'intention du partenaire . Mais seule l'étude approfondie et prolongée, vous permet d'atteindre cette compréhension intuitive du partenaire »
Pour parvenir à cela, il faut, transformer le li primitif, (force musculaire brute) en un jin sophistiqué, raffiné, c'est un des principaux objectifs de la pratique de tout art martial évolué. Pour les styles matures, la distinction entre le li et le jin devient de plus en plus claire et plus raffinée. On peut utiliser le jin afin de faire des choses comme utiliser une petite force pour défaire une force beaucoup plus grande.
« Quatre onces repoussent un quintal »
Donc, pour être invincible, ce ne doit pas être une question de force, c'est là que, l'importance du substantiel et de l'insubstantiel, apparaît .
Si l'on peut déstabiliser, le partenaire avec un minimum de force, on peut prendre l'ascendant sur le partenaire.
Les coups, ne sont pas efficace à 100%, imaginez vous, un seconde, face à Tyson et que vous lui assenez un coup, croyez vous être assez fort pour l’abattre ? (surtout à 80 ans).
Ce sont donc les chinas et les frappes sur les points vitaux, qui peuvent nous amener à la victoire.
Mais, pour les chinas, il faut travailler avec les réflexes, pour que ce soit le partenaire qui engendre le china, encore les texte anciens !
C'est comprendre, ce qu'engendre la double résistance (ce que certains, à tort, interprètent comme double poids), si l'on essaie d'aller contre la force du partenaire, on va directement droit dans le mur. (surtout à 80 ans), il faut donc utiliser ou créer les réflexes et aller dans leur sens.
« Cela réside dans l'incompréhension de l'erreur que représente la double résistance »
Utiliser, les réflexes inconscients du partenaire et les gestes rétro-moteurs, créés par pression ou manipulation, (fascias) pour le défaire !
Maintenant, pour anticiper, il serait possible, selon certains (dont moi), de « lire » et même de « contrôler » le Tantien du partenaire, cela permettrait de savoir avant même le moindre mouvement, ce que le partenaire envisage de faire ou ce que vous lui imposez de faire. (Entraînement spécifique encore plus long)
Si l'on prend, tout cela comme référence, pour qualifier le Taiji Quan, on peut donc en déduire, que le Taiji Quan interne, est un travail sur les réactions internes (invisibles, inconscientes, avant) à contrario des arts externes qui travaillent sur le visible (extérieur, conscient, gestes, après).
Cela justifierait les combats de grands Maîtres, qui ne bougent pas et qui se retirent sans aucune action. De même, cela justifierait aussi, l'utilisation, du non agir (mouvement sans intention) pour ne pas être perçu.
Les mains de coton : pour que les mains, soient douces comme du coton, il ne faut jamais s'opposer aux mouvements du partenaire, donc aller dans le sens du partenaire.
Les mains qui neutralisent : ce pourrait être à cause des chinas
Boxe de l'ombre (boxe avec son ombre) : on devient comme l'ombre du partenaire (coller, adhérer)
Boxe du Yin et du Yang ou Boxe de la polarité suprême : on devient l'opposé du partenaire, on fait les mouvements en négatif, le partenaire est le Yang et vous êtes le Yin.
Méditation en mouvement : obligatoire pour ressentir et anticiper
Art martial suprême : si l'on anticipe, tous les mouvements, on devient invincible.
Le Taiji Quan, interne, serait donc une connaissance et un travail, sur les réactions internes (invisibles, inconscientes, avant) de soi, dans un premier temps et ensuite du partenaire.
Un travail d'anticipation, interprété grâce aux signaux corporels, envoyé par l'intention du partenaire (Jin), consciente ou inconsciente, via le corps et l'énergie.
Ce serait le ressenti du Chi (énergie), à travers le corps du partenaire.
Le Taiji Quan, également, serait sans forme, puisqu'il s'adapterait en permanence au partenaire, celui là même qui engendrerait notre réaction.
Pour atteindre ce réel Taiji, il faut travailler longtemps et plus profondément, malheureusement, nous sommes bien loin de cela avec le Taiji Quan (simplifié) enseigné dans la majorité des cours, mais également très loin des idées reçues, transportés dans l'imagerie populaire.