FFR : Analyses et Perspectives

FFR : Analyses et Perspectives Je suis éducateur et entraîneur depuis plus de 25 ans dans le rugby amateur, au contact des clubs et des territoires.

Master en ingénierie de l’entraînement sportif, BE2 rugby. Une conviction : le rugby se construit depuis le terrain et en concertation. "Non Conventionnelle" est une société dédiée à la création :
Graphisme, Markéting,
Communication, Evenementiel,
Conception de projets,
Agencement et décoration d'Espaces.

𝗥𝗘́𝗙𝗢𝗥𝗠𝗘 𝗗𝗘𝗦 𝗖𝗢𝗠𝗣𝗘́𝗧𝗜𝗧𝗜𝗢𝗡𝗦 : 𝗔𝗨-𝗗𝗘𝗟𝗔̀ 𝗗𝗘𝗦 𝗖𝗛𝗔𝗡𝗚𝗘𝗠𝗘𝗡𝗧𝗦 𝗗𝗘 𝗡𝗢𝗠𝗦, 𝗟𝗘𝗦 𝗩𝗘́𝗥𝗜𝗧𝗔𝗕𝗟𝗘𝗦 𝗖𝗢𝗡𝗦𝗘́𝗤𝗨𝗘𝗡𝗖𝗘𝗦 𝗦𝗨𝗥 𝗟𝗔 𝗣𝗬𝗥𝗔𝗠𝗜𝗗𝗘 𝗗𝗨 𝗥𝗨𝗚𝗕𝗬 𝗙𝗥...
13/06/2026

𝗥𝗘́𝗙𝗢𝗥𝗠𝗘 𝗗𝗘𝗦 𝗖𝗢𝗠𝗣𝗘́𝗧𝗜𝗧𝗜𝗢𝗡𝗦 : 𝗔𝗨-𝗗𝗘𝗟𝗔̀ 𝗗𝗘𝗦 𝗖𝗛𝗔𝗡𝗚𝗘𝗠𝗘𝗡𝗧𝗦 𝗗𝗘 𝗡𝗢𝗠𝗦, 𝗟𝗘𝗦 𝗩𝗘́𝗥𝗜𝗧𝗔𝗕𝗟𝗘𝗦 𝗖𝗢𝗡𝗦𝗘́𝗤𝗨𝗘𝗡𝗖𝗘𝗦 𝗦𝗨𝗥 𝗟𝗔 𝗣𝗬𝗥𝗔𝗠𝗜𝗗𝗘 𝗗𝗨 𝗥𝗨𝗚𝗕𝗬 𝗙𝗥𝗔𝗡𝗖̧𝗔𝗜𝗦

La disparition de la Nationale 2 ne représente pas seulement une nouvelle organisation des championnats. Elle modifie en profondeur l’équilibre sportif construit depuis 2022 et pourrait refermer une partie des opportunités ouvertes à de nombreux clubs dans les divisions fédérales.

Derrière les annonces et les nouvelles appellations, cette réforme soulève plusieurs questions : combien de places disparaissent réellement au sommet de la pyramide ? Quel impact pour les clubs de Fédérale 1, Fédérale 2 et Fédérale 3 ? Quels effets sur l’accès aux niveaux nationaux pour les clubs des territoires moins représentés ?

Quelques éléments chiffrés pour mieux comprendre les conséquences de cette réforme et alimenter le débat. ⬇️🏉

#𝑹𝒖𝒈𝒃𝒚𝑨𝒎𝒂𝒕𝒆𝒖𝒓 #𝑭𝑭𝑹 #𝑹𝒖𝒈𝒃𝒚 #𝑵𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏𝒂𝒍𝒆 #𝑵𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏𝒂𝒍𝒆2 #𝑭𝒆́𝒅𝒆́𝒓𝒂𝒍𝒆1 #𝑭𝒆́𝒅𝒆́𝒓𝒂𝒍𝒆2 #𝑭𝒆́𝒅𝒆́𝒓𝒂𝒍𝒆3 #𝑹𝒆́𝒇𝒐𝒓𝒎𝒆𝑫𝒆𝒔𝑪𝒐𝒎𝒑𝒆́𝒕𝒊𝒕𝒊𝒐𝒏𝒔 #𝑪𝒍𝒖𝒃𝒔 #𝑪𝒍𝒖𝒃𝒔𝑨𝒎𝒂𝒕𝒆𝒖𝒓𝒔 #𝑹𝒖𝒈𝒃𝒚𝑿𝑽 #𝑻𝒆𝒓𝒓𝒊𝒕𝒐𝒊𝒓𝒆𝒔 #𝑳𝒊𝒐𝒏𝒆𝒍𝑮𝒊𝒓𝒂𝒓𝒅𝒊

🔎 RÉFORME DES COMPÉTITIONS : RETOUR AU PASSÉ !Les informations dévoilées ces derniers jours sur la future réforme des co...
11/06/2026

🔎 RÉFORME DES COMPÉTITIONS : RETOUR AU PASSÉ !

Les informations dévoilées ces derniers jours sur la future réforme des compétitions fédérales ouvrent un débat majeur pour l’avenir du rugby français.

Selon les pistes actuellement étudiées, la Fédération Française de Rugby envisagerait notamment une Nationale à 16 clubs ainsi qu’une profonde réorganisation des championnats fédéraux, certains évoquant même à terme la disparition des Fédérales dans leur forme actuelle.

Présentée comme une réforme destinée à améliorer la lisibilité des compétitions et à renforcer leur attractivité, cette évolution soulève pourtant de nombreuses interrogations.

⚠️ UNE RÉFORME DE PLUS… MAIS POUR RÉPONDRE À QUEL PROBLÈME ?

Depuis plusieurs années, le rugby amateur français connaît une succession presque ininterrompue de réformes : réorganisation des compétitions, création de la Nationale, évolution des règlements, modifications des structures territoriales, fusion des ligues régionales ou encore redéfinition des compétences des comités départementaux.

Pourtant, une question demeure : quel bilan réel a été dressé des réformes précédentes ?

Avant d’engager une nouvelle transformation d’ampleur, il semblerait légitime d’évaluer objectivement les résultats des choix déjà effectués.

Les difficultés rencontrées aujourd’hui par de nombreux clubs ne proviennent pas principalement de l’architecture des compétitions. Elles concernent d’abord la baisse du bénévolat, les difficultés de recrutement, la fidélisation des licenciés, le manque d’arbitres, la hausse des coûts de déplacement et les contraintes financières qui pèsent sur l’ensemble du rugby amateur.

🔄 UNE VÉRITABLE RÉFORME… OU UN RETOUR AU PASSÉ ?

L’un des aspects les plus surprenants de la réforme actuellement évoquée réside dans son apparente nouveauté.

Car lorsqu’on observe l’évolution des compétitions fédérales sur les dernières années, une question se pose naturellement : sommes-nous réellement face à un nouveau modèle ?

Avant 2020, le rugby amateur français reposait sur une hiérarchie bien identifiée autour des championnats fédéraux.

La création de la Nationale avait alors été présentée comme une évolution majeure destinée à créer une passerelle entre le rugby professionnel et le rugby amateur de haut niveau.

Quelques années plus t**d, une Nationale 2 venait compléter cet édifice.

Aujourd’hui, les pistes évoquées conduiraient à une organisation articulée autour de la Nationale, de la Nationale 2, de la Nationale 3 et d’une Promotion Nationale.

Concrètement, les scénarios actuellement évoqués pour la saison 2027-2028 conduiraient à une réorganisation complète de la pyramide des compétitions :

• Nationale : de 14 à 16 équipes ;
• Nationale 2 : regroupement de l’actuelle Nationale 2 et de la Fédérale 1 pour atteindre 48 équipes ;
• Nationale 3 : transformation de la Fédérale 2 avec 96 équipes ;
• Promotion Nationale : transformation de la Fédérale 3 avec 160 équipes ;
• Régionale 1 : de 215 à 225 équipes ;
• Régionale 2 : de 311 à 315 équipes ;
• Régionale 3 : de 335 à 360 équipes.

Au total, cette nouvelle architecture conduirait à réduire le nombre de clubs présents dans les divisions fédérales tout en augmentant mécaniquement le nombre d’équipes évoluant au niveau régional.

Autrement dit, derrière les nouveaux intitulés, certains observateurs pourraient avoir le sentiment que le rugby français revient progressivement vers une organisation proche de celle qui existait auparavant, mais sous une appellation différente.

Cette observation soulève une interrogation de fond.

Si l’objectif est simplement de renommer les divisions et de redessiner la pyramide des compétitions, en quoi cela répond-il aux difficultés quotidiennes rencontrées par les clubs ?

Les problématiques auxquelles sont confrontés les dirigeants ne concernent pas le nom des championnats.

Elles concernent le recrutement des licenciés, la fidélisation des bénévoles, le financement des déplacements, l’arbitrage, la formation des éducateurs ou encore l’équilibre économique des structures.

➡️Un championnat ne devient pas plus solide parce qu’il change d’appellation.

La véritable question n’est donc pas de savoir si les compétitions s’appelleront Fédérale ou Nationale.

La question est de savoir ce que cette réforme apportera concrètement aux clubs qui constituent la base du rugby français.

📉 LA DESCENTE DE PRÈS D’UNE VINGTAINE DE CLUBS : UNE DÉCISION AUX CONSÉQUENCES IMPORTANTES

Parmi les effets les plus marquants de la réforme envisagée figure la relégation de près d’une quarantaine de clubs vers les championnats régionaux.

Cette évolution soulève au moins deux questions majeures.

La première concerne les déplacements. En réduisant le nombre d’équipes présentes dans les divisions fédérales, demain rebaptisées « Nationales », la question de la composition des poules se pose immédiatement. Moins d’équipes dans ces championnats signifie-t-il réellement moins de kilomètres parcourus et moins de dépenses ? Rien n’est moins sûr. La concentration des clubs pourrait au contraire entraîner des déplacements encore plus longs et plus coûteux pour certaines structures.

La seconde concerne l’intérêt même de ces relégations massives. Faire redescendre près d’une quarantaine de clubs en régionale constitue-t-il réellement une avancée pour le rugby amateur ?

Là encore, le doute est permis. Cette réforme ne répond pas aux difficultés structurelles rencontrées par de nombreux clubs. Pour certaines équipes déjà fragilisées, elle pourrait même accélérer un déclin déjà engagé sans apporter de solution concrète à leurs problématiques.

À l’inverse, cette situation pourrait également favoriser la création de nouveaux rapprochements, regroupements ou fusions entre clubs désireux de retrouver rapidement le niveau fédéral. Après plusieurs années de réorganisations territoriales, cette réforme pourrait ainsi conduire à une nouvelle vague de rassemblements visant avant tout à reconstruire des équipes capables de remonter.

La question mérite donc d’être posée : faire redescendre près d’une quarantaine de clubs en régionale renforcera-t-il réellement le rugby de proximité ou risque-t-on au contraire d’accentuer les fragilités déjà existantes ?

🏛️ LA TENTATION PERMANENTE DE LA PYRAMIDE INVERSÉE

Cette réforme semble s’inscrire dans une logique devenue récurrente : organiser le rugby depuis le sommet de la pyramide en espérant que les bénéfices redescendent vers la base.

Or l’expérience montre que ce mécanisme fonctionne rarement.

Lorsque les ressources financières, médiatiques et humaines se concentrent sur les niveaux supérieurs, elles profitent rarement aux clubs de proximité qui assurent pourtant la formation des joueurs, l’accueil des jeunes, le développement du rugby féminin et la vie quotidienne de notre sport.

Le risque est alors de renforcer encore les écarts entre quelques structures fortement développées et un tissu de clubs locaux qui demeure le véritable cœur du rugby français.

🏉 LE GRAND OUBLIÉ : LE RUGBY DE PROXIMITÉ

Pendant que l’on débat du nombre de clubs en Nationale ou de l’organisation future des championnats fédéraux, les préoccupations des dirigeants de terrain restent souvent les mêmes :

• recruter des bénévoles ;
• maintenir une école de rugby ;
• trouver des éducateurs ;
• financer les déplacements ;
• conserver les licenciés ;
• maintenir une activité dans les territoires ruraux ;
• développer le rugby féminin ;
• accompagner les jeunes arbitres.

C’est pourtant à ce niveau que se joue l’avenir du rugby français.

Aucune réforme des compétitions ne remplacera jamais la force d’un club vivant, capable d’accueillir des enfants, de former des éducateurs et de créer du lien social dans son territoire.

⚖️ UNE QUESTION DE GOUVERNANCE

Au-delà de l’organisation des championnats, cette réforme renvoie à une interrogation plus profonde sur la gouvernance du rugby français.

Souhaite-t-on un rugby conçu depuis les instances nationales puis décliné vers les territoires ?

Ou souhaite-t-on un rugby construit à partir des besoins exprimés par les clubs eux-mêmes ?

La différence est fondamentale.

Car les clubs ne sont pas simplement les utilisateurs du système fédéral : ils en constituent la raison d’être.

🌱 LE RUGBY COMMENCE À LA BASE

La Nationale, la Pro D2 et le Top 14 occupent naturellement l’espace médiatique. Ils participent au rayonnement du rugby français et contribuent à son attractivité.

Mais ils ne doivent jamais faire oublier une réalité essentielle :

Le rugby français ne commence pas au sommet de la pyramide.

Il commence chaque mercredi soir à l’entraînement des jeunes, chaque samedi dans les écoles de rugby, chaque dimanche sur les terrains amateurs, grâce à des milliers de bénévoles, d’éducateurs et de dirigeants.

Toute réforme devrait partir de cette réalité.

Car sans clubs forts, il n’y a ni Nationale, ni Pro D2, ni Top 14.

Il n’y a tout simplement plus de rugby.

#𝙍𝙪𝙜𝙗𝙮𝘼𝙢𝙖𝙩𝙚𝙪𝙧 #𝙁𝙁𝙍 #𝙍𝙚́𝙛𝙤𝙧𝙢𝙚 #𝙉𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣𝙖𝙡𝙚 #𝙁𝙚́𝙙𝙚́𝙧𝙖𝙡𝙚1 #𝙁𝙚́𝙙𝙚́𝙧𝙖𝙡𝙚2 #𝙁𝙚́𝙙𝙚́𝙧𝙖𝙡𝙚3

🏉 𝘌𝘯 𝘮𝘢𝘳𝘨𝘦 𝘥𝘶 𝘊𝘰𝘯𝘨𝘳𝘦̀𝘴 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘍𝘍𝘙 𝘢̀ 𝘉𝘳𝘦𝘴𝘵, 𝘱𝘳𝘦𝘯𝘰𝘯𝘴 𝘭𝘦 𝘵𝘦𝘮𝘱𝘴 𝘥’𝘦́𝘤𝘩𝘢𝘯𝘨𝘦𝘳 𝘭𝘪𝘣𝘳𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵 𝘴𝘶𝘳 𝘭’𝘢𝘷𝘦𝘯𝘪𝘳 𝘥𝘶 𝘳𝘶𝘨𝘣𝘺 𝘢𝘮𝘢𝘵𝘦𝘶𝘳, 𝘴𝘦𝘴 𝘳𝘦́...
09/06/2026

🏉 𝘌𝘯 𝘮𝘢𝘳𝘨𝘦 𝘥𝘶 𝘊𝘰𝘯𝘨𝘳𝘦̀𝘴 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘍𝘍𝘙 𝘢̀ 𝘉𝘳𝘦𝘴𝘵, 𝘱𝘳𝘦𝘯𝘰𝘯𝘴 𝘭𝘦 𝘵𝘦𝘮𝘱𝘴 𝘥’𝘦́𝘤𝘩𝘢𝘯𝘨𝘦𝘳 𝘭𝘪𝘣𝘳𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵 𝘴𝘶𝘳 𝘭’𝘢𝘷𝘦𝘯𝘪𝘳 𝘥𝘶 𝘳𝘶𝘨𝘣𝘺 𝘢𝘮𝘢𝘵𝘦𝘶𝘳, 𝘴𝘦𝘴 𝘳𝘦́𝘢𝘭𝘪𝘵𝘦́𝘴 𝘥𝘦 𝘵𝘦𝘳𝘳𝘢𝘪𝘯 𝘦𝘵 𝘭𝘦𝘴 𝘥𝘦́𝘧𝘪𝘴 𝘲𝘶𝘪 𝘢𝘵𝘵𝘦𝘯𝘥𝘦𝘯𝘵 𝘯𝘰𝘴 𝘤𝘭𝘶𝘣𝘴.

𝘓𝘪𝘰𝘯𝘦𝘭 𝘎𝘪𝘳𝘢𝘳𝘥𝘪

Au lendemain de l’interview accordée par Florian Grill à L’Équipe, dans laquelle il réaffirme que le rugby à VII est « u...
08/06/2026

Au lendemain de l’interview accordée par Florian Grill à L’Équipe, dans laquelle il réaffirme que le rugby à VII est « un levier majeur de développement du rugby dans le monde » et va jusqu’à le présenter comme plus mondialisé que le rugby à XV, il m’a semblé utile de remettre en lumière cet entretien qu’il accordait à Sevens Rugby en janvier dernier.

On y retrouve déjà les grandes lignes de sa vision : le rugby à VII comme outil de développement, de formation, de visibilité et d’attractivité.

Une vision assumée, mais qui pose une question fondamentale : peut-on réellement présenter le rugby à VII comme l’avenir du rugby à XV ?

Car le rugby à VII et le rugby à XV répondent à des logiques très différentes. Le VII privilégie avant tout la vitesse, les grands espaces, les qualités athlétiques et des profils de joueurs bien spécifiques. Il ne concerne qu’une partie des pratiquants et ne constitue pas une passerelle naturelle pour de nombreux postes du rugby à XV, notamment chez les avants.

Le rugby à VII est une discipline à part entière, avec ses qualités et son intérêt. Mais prétendre qu’il représente l’avenir du rugby à XV revient à méconnaître ce qui fait l’essence même du XV : sa diversité de profils, sa dimension collective, ses spécificités techniques et tactiques, ainsi que son ancrage historique dans les clubs.

Le rugby à VII peut être un complément. Il ne remplacera jamais le rugby à XV.

À chacun de lire cet entretien et de comprendre la méprise de la gouvernance actuelle.

𝐋𝐄 𝐑𝐔𝐆𝐁𝐘 À 7, 𝐋𝐄𝐕𝐈𝐄𝐑 𝐃𝐄 𝐃É𝐕𝐄𝐋𝐎𝐏𝐏𝐄𝐌𝐄𝐍𝐓 𝐃𝐔 𝐑𝐔𝐆𝐁𝐘 ?
📰 https://sevensrugby.fr/florian-grill-le-rugby-a-7-est-un-levier-majeur-de-developpement-du-rugby/

🔎𝐃É𝐂𝐑𝐘𝐏𝐓𝐀𝐆𝐄 𝐃𝐄 𝐂𝐄𝐓 𝐀𝐑𝐓𝐈𝐂𝐋𝐄 𝐄𝐓 𝐃𝐄 𝐒𝐄𝐒 𝐂𝐎𝐍𝐓𝐑𝐄-𝐑É𝐀𝐋𝐈𝐓ÉS 𝐒𝐏𝐎𝐑𝐓𝐈𝐕𝐄𝐒



1️⃣ Une pratique ultra-minoritaire dans le paysage fédéral

Il convient tout d’abord de rappeler un élément factuel essentiel : le rugby à 7 ne concerne qu’environ 1 % des licenciés sportifs, sur près de 300 000 licenciés au sein de la Fédération Française de Rugby.

Cette réalité statistique ne remet nullement en cause la légitimité du rugby à 7 en tant que discipline, mais elle impose de la mesure dans les discours qui tendent à le présenter comme un levier structurant du développement du rugby français.
Le socle de la pratique, de la formation et de la vitalité fédérale demeure très largement le rugby à XV, porté par son réseau de clubs amateurs.



2️⃣ Une pratique formatrice, mais partielle et ciblée

La pratique du rugby à 7 constitue indéniablement une excellente école de technique individuelle, notamment en matière de vitesse, d’évitement, de lecture d’espace et de prise d’initiative.

Cependant, ces apports concernent quasi exclusivement les joueurs de ligne arrière (trois-quarts). Le rugby à 7 ne permet pas, par nature, la formation des avants au sens du rugby à XV : il n’y a ni première ligne, ni deuxième ligne, ni véritable jeu d’avants structuré.

Dès lors, présenter le rugby à 7 comme un outil global de formation du joueur apparaît réducteur. Il ne peut répondre aux exigences techniques, physiques et collectives propres au rugby à XV.



3️⃣ Antoine Dupont : une inversion de causalité préoccupante

Affirmer que le rugby à 7 aurait « fait progresser » l’un des meilleurs joueurs du monde à son poste en rugby à XV relève d’une lecture discutable, voire humiliante pour le rugby à XV et pour les clubs amateurs qui forment nos internationaux.

Dans le cas d’Antoine Dupont, la réalité est exactement inverse.
C’est la qualité de la formation reçue dans son club amateur d’origine, puis le parcours d’excellence suivi dans les clubs professionnels du rugby à XV, qui ont façonné ce joueur d’exception.

Le rugby à 7 n’a pas révélé Antoine Dupont ; il a bénéficié ponctuellement d’un joueur déjà abouti, venu renforcer un projet olympique précis et contribuer de manière décisive à l’obtention de la médaille d’or.



4️⃣ Une question budgétaire incontournable : qui finance le rugby à 7 ?

Interrogeons-nous enfin sur le financement du rugby à 7.
Cet aspect ne peut être négligé au regard du coût élevé de son circuit de compétition, de préparation et de structuration, comparé à une pratique qui concerne environ 1 % des licenciés sportifs de la FFR.

L’enjeu n’est pas de contester la discipline olympique en tant que telle, mais bien de questionner la proportionnalité des moyens financiers engagés, dans un contexte où les clubs amateurs du rugby à XV connaissent des difficultés croissantes.

La question posée est donc clairement politique et de gouvernance :
qui finance le rugby à 7, avec quels moyens, et au détriment de quels niveaux de pratique ?



Conclusion - Le rugby à 7 n’est pas le levier de développement du rugby à XV

Au regard de l’ensemble de ces éléments, une conclusion s’impose : le rugby à 7 n’est pas l’avenir du rugby à XV.
Discipline spécifique, spectaculaire et légitime dans son cadre propre, le rugby à 7 ne peut être érigé en modèle structurant du développement du rugby français.

L’ADN du rugby sportif demeure le rugby à XV, car il est le seul à intégrer l’ensemble des profils de joueurs, toutes morphologies confondues, toutes trajectoires sportives et humaines. Il garantit l’inclusion, la complémentarité, la solidarité et l’équilibre collectif qui fondent les valeurs historiques de ce sport.

C’est le rugby à XV, à travers son maillage territorial, ses clubs amateurs et son modèle de formation, qui permet la transmission, l’engagement collectif et l’ancrage social du rugby.

👉 Le rugby à 7 peut être un complément, un projet ciblé, un outil ponctuel.
👉 Il ne peut ni remplacer, ni supplanter, ni incarner l’avenir du rugby à XV.

Préserver le rugby à XV, c’est préserver l’identité, les valeurs et l’essence même du rugby.



#𝙇𝙞𝙤𝙣𝙚𝙡𝙂𝙞𝙧𝙖𝙧𝙙𝙞

07/06/2026

𝗖𝗢𝗠𝗣𝗧𝗔𝗕𝗜𝗟𝗜𝗧𝗘́ 𝗖𝗥𝗘́𝗔𝗧𝗜𝗩𝗘 𝗘𝗧 𝗚𝗘́𝗢𝗚𝗥𝗔𝗣𝗛𝗜𝗘 𝗥𝗨𝗚𝗕𝗬𝗦𝗧𝗜𝗤𝗨𝗘

Florian Grill affirme dans cette interview que, paradoxalement, le rugby à VII serait aujourd’hui plus mondialisé que le rugby à XV, citant notamment l’Espagne et l’Allemagne comme exemples.

Pourtant, les faits invitent à nuancer fortement cette affirmation !
Le rugby à XV est pratiqué et structuré dans plus d’une centaine de nations classées au niveau mondial, tandis que le rugby à VII concerne un nombre bien plus restreint de nations réellement compétitives.

La mondialisation d’un sport ne se mesure pas seulement à l’audience de spectateurs, à sa visibilité olympique ou à quelques étapes du circuit mondial, mais aussi à son implantation durable, à ses compétitions et à son nombre de pratiquants.

Quant aux exemples avancés, ils sont complètement surprenants. L’Espagne et l’Allemagne ne sont pas des nations qui existeraient uniquement grâce au rugby à VII ?!
Elles participent au Rugby Europe Championship, la compétition européenne masculine de rugby à XV située juste derrière le Tournoi des Six Nations. Leur développement rugbystique ne peut donc pas être réduit au seul rugby à VII.

Mais au-delà de cette question, c’est surtout la conclusion de l’interview qui interpelle.
Depuis son arrivée à la tête de la FFR, Florian Grill explique régulièrement que sa priorité est le rugby amateur, les clubs, les bénévoles et les territoires. Pourtant, lorsqu’il se projette dans l’avenir, son discours revient inlassablement sur les mêmes sujets : haut niveau, performance, attractivité et rayonnement.

Personne ne conteste l’importance du haut niveau dans le développement du rugby. Mais le rugby français ne se résume pas aux équipes nationales.
Il repose avant tout sur des milliers de bénévoles, d’éducateurs, d’arbitres, de dirigeants et de clubs qui font vivre notre sport chaque week-end.

Au fond, cette interview illustre peut-être la véritable priorité de Florian Grill : le développement du haut niveau, de la visibilité et de l’attractivité du rugby d’élite.

Une orientation qui peut parfaitement se défendre et faire l’objet d’un débat.
Mais elle contraste fortement avec les engagements initiaux plaçant le rugby amateur, les les clubs, les bénévoles et les territoires au cœur du projet fédéral.

À l’écoute de cette interview, on a surtout le sentiment que le rugby amateur est envisagé comme un moyen au service de la performance et du rayonnement du haut niveau, un vecteur d’audience, plutôt que comme une priorité en soi. C’est sans doute là que réside le véritable paradoxe de ce mandat.

Nous avions déjà abordé la question du rugby à VII, de son développement et de sa place dans le paysage rugbystique dans un précédent article :
https://www.facebook.com/share/p/1Lb9rocnUJ/?mibextid=wwXIfr

🔗Interview L'EQUIPE

𝗥𝗨𝗚𝗕𝗬 𝗙𝗘́𝗠𝗜𝗡𝗜𝗡 : 𝗔𝗨-𝗗𝗘𝗟𝗔̀ 𝗗𝗘𝗦 𝗖𝗛𝗜𝗙𝗙𝗥𝗘𝗦, 𝗤𝗨𝗘𝗟𝗟𝗘 𝗥𝗘́𝗔𝗟𝗜𝗧𝗘́ ?Le rugby féminin fait beaucoup parler en ce moment.De nombreus...
05/06/2026

𝗥𝗨𝗚𝗕𝗬 𝗙𝗘́𝗠𝗜𝗡𝗜𝗡 : 𝗔𝗨-𝗗𝗘𝗟𝗔̀ 𝗗𝗘𝗦 𝗖𝗛𝗜𝗙𝗙𝗥𝗘𝗦, 𝗤𝗨𝗘𝗟𝗟𝗘 𝗥𝗘́𝗔𝗟𝗜𝗧𝗘́ ?

Le rugby féminin fait beaucoup parler en ce moment.

De nombreuses déclarations de la FFR évoquent un développement extraordinaire, une équipe de France qui attire les téléspectateurs et les spectateurs, ou encore des orientations vers la professionnalisation des dix clubs de l’élite.

Beaucoup de communication attrayante.

Mais avant de parler du futur, il faudrait peut-être savoir ce que représente réellement le rugby féminin en France et quelle a été son évolution au cours des vingt-cinq dernières années.

🔎 L’ÉVOLUTION DES PRATIQUANTES

En prenant l’évolution des licenciées pratiquantes, c’est-à-dire celles qui pratiquent effectivement le rugby, on constate que le rugby féminin est passé d’environ 4 000 licenciées au début des années 2000 à près de 50 000 cette saison.

Une progression importante.

Pour autant, cette évolution a été relativement lente pendant plus de vingt ans avant de connaître une forte accélération avec la Coupe du monde.

Les effectifs sont ainsi passés d’environ 38 000 à près de 50 000 licenciées.

Une première réflexion s’impose.

Avec le développement du rugby loisir, devenu l’un des axes de la gouvernance actuelle, les effectifs annoncés intègrent désormais des pratiquantes qui n’ont aucun lien avec la pratique du rugby à XV.

À ce jour, personne ne sait précisément quelle part cela représente parmi les 50 000 licenciées annoncées, ni même parmi les 38 000 de la saison précédente.

La question mérite donc d’être posée : quelle est aujourd’hui la réalité exacte de ces chiffres ?

📈 QUEL EST LE RÉEL POTENTIEL DE DÉVELOPPEMENT ?

On constate que depuis vingt-cinq ans les effectifs masculins évoluent autour de 250 000 pratiquants.

La remontée observée après la période Covid est essentiellement liée au développement du baby rugby, dont l’impact sur les catégories jeunes et seniors reste encore difficile à mesurer.

Par conséquent, où se situe aujourd’hui le rugby féminin dans sa courbe de développement ?

Sommes-nous encore dans une phase de croissance durable ou approchons-nous d’un palier comparable à celui observé chez les garçons depuis près de vingt ans ?

Sauf à faire preuve de démagogie fédérale, bien malin est celui qui peut aujourd’hui répondre avec certitude.

🏉 LA PROFESSIONNALISATION : UN DÉBAT LÉGITIME

Enfin, une troisième réflexion concerne la professionnalisation.

Lorsque l’on entend que celle-ci ne devrait même plus faire débat parce que les garçons sont professionnels, il convient de rappeler quelques réalités.

La professionnalisation du rugby masculin est intervenue après plus d’un siècle de pratique, avec un ancrage culturel profond dans certains territoires et plus de 200 000 pratiquants.

Le rugby féminin compte environ quarante années d’existence et près de 50 000 pratiquantes aujourd’hui.

Cela ne signifie évidemment pas qu’il ne faut pas professionnaliser le rugby féminin.

Mais avec un ancrage territorial encore fragile, il n’est pas illogique de débattre de la pertinence ou du rythme d’une professionnalisation de la première division féminine.

Car derrière cette évolution, on parle finalement de quelques centaines de joueuses évoluant au plus haut niveau.

L’histoire du sport montre généralement que la professionnalisation ne crée pas le développement culturel d’une pratique.

C’est parce qu’un sport s’est développé durablement dans les territoires qu’il finit par se professionnaliser.

📊 LES EFFECTIFS NE SUFFISENT PAS : REGARDONS LE NOMBRE D’ÉQUIPES

C’est bien de raisonner en effectifs, mais le rugby n’est pas un sport individuel.

Le quantitatif en termes de pratiquants ne suffit donc pas. Il faut également observer le nombre d’équipes, qui reflète la véritable réalité de la pratique sur nos territoires.

Lors de la saison 2024-2025, on dénombre 228 équipes féminines seniors contre 2 060 équipes masculines.

La différence en nombre d’équipes est encore plus marquée que celle observée sur les effectifs.

Cela démontre bien qu’il reste difficile de mettre en place durablement des équipes féminines sur l’ensemble du territoire.

Aujourd’hui, le rugby féminin se développe très largement grâce aux structures masculines, qui constituent souvent son principal levier de développement.

C’est d’ailleurs l’une des raisons des difficultés rencontrées en matière d’infrastructures, notamment concernant les vestiaires.

Autre élément important : sur les 228 équipes féminines seniors, près de 100 évoluent à X.

🏉 LE RUGBY À X : SOLUTION OU LIMITE ?

Ces cent équipes correspondent essentiellement aux équipes régionales.

En effet, à ce niveau, la pratique féminine s’organise majoritairement à X et non à XV.

La raison est simple : favoriser la création et le maintien d’équipes malgré de faibles effectifs.

Cette stratégie est donc très différente de celle qui a accompagné le développement du rugby masculin, lequel s’est construit exclusivement autour du rugby à XV pendant plus d’un siècle.

Une question mérite alors d’être posée.

En cherchant à accélérer le développement du rugby féminin grâce à une pratique de faibles effectifs , ne prenons-nous pas le risque d’aller vite mais pas forcément loin ?

D’autant que chez les garçons, les compétitions à XII ou à X ont généralement été mises en place pour tenter de maintenir des équipes en difficulté.

Force est de constater qu’elles n’ont pas toujours permis d’enrayer leur déclin.

⚖️ QUELQUES CHIFFRES QUI INTERROGENT

L’équipe de France féminine joue à XV.

L’image médiatique du rugby féminin repose donc sur cette pratique.

Lorsque l’on évoque la professionnalisation des dix clubs de première division féminine, on parle donc de dix équipes professionnelles pour seulement 118 équipes féminines évoluant à XV.

Autrement dit, une équipe professionnelle pour environ douze équipes amateurs pratiquant à XV.

Chez les garçons, les trois divisions professionnelles regroupent 44 équipes pour environ 2 060 équipes pratiquant à XV.

Cela représente une équipe professionnelle pour près de quarante-sept équipes amateurs.

Le rapport n’est donc absolument pas le même.

Ces chiffres démontrent surtout que le rugby féminin reste aujourd’hui dans une phase de structuration très différente de celle du rugby masculin.

⚠️ CES CONSTATS SUR LE NOMBRE D’ÉQUIPES NOUS MONTRENT PLUSIEURS RÉALITÉS

📍 Le rugby féminin n’est pas encore profondément ancré culturellement dans l’ensemble des territoires.

📍 Son développement reste largement dépendant des structures masculines.

📍 Les problématiques de déplacement demeurent particulièrement importantes.

📍 Les difficultés d’infrastructures sont réelles, même si elles existent également dans d’autres sports, à commencer par le football.

✅ Oui, le rugby féminin bénéficie aujourd’hui d’une dynamique médiatique favorable.

✅ Oui, les téléspectateurs apprécient ce sport de combat collectif complet.

Et c’est une excellente nouvelle.

Mais regarder le rugby ne signifie pas nécessairement le pratiquer.

La vitrine de l’équipe de France et celle de la première division sont importantes.

Cependant, dans une pratique qui ne compte qu’une quarantaine d’années d’existence et dont le développement a longtemps été freiné par une culture très masculine, il est essentiel de réfléchir aux stratégies de long terme.

La professionnalisation constitue-t-elle aujourd’hui la priorité absolue ?

Rien n’est moins sûr.

Car l’immense chantier reste celui de l’ancrage territorial :

➡️ Développer les compétitions jeunes.

➡️ Renforcer les écoles de rugby.

➡️ Créer davantage d’équipes à XV.

➡️ Structurer les compétitions.

➡️ Réduire les contraintes de déplacement.

➡️ Construire des bases solides pour les décennies à venir.

Il convient également de rappeler qu’en rugby féminin, la pratique est mixte jusqu’en U15.

Les compétitions exclusivement féminines ne concernent donc réellement que les catégories cadettes (U18) et seniors.

Au total, cela représente environ 409 équipes féminines, dont seulement 206 évoluent à XV.

À titre de comparaison, le rugby masculin compte près de 2 800 équipes cadettes, juniors et seniors pratiquant à XV.

La professionnalisation viendra peut-être naturellement.

Mais la véritable question est peut-être ailleurs :

🎯 La priorité est-elle de professionnaliser le sommet de la pyramide ou de poursuivre de construire durablement ses fondations.

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𝗥𝗨𝗚𝗕𝗬 𝗔̀ 𝗩𝗜𝗜 : 𝗟𝗔 𝗩𝗜𝗧𝗥𝗜𝗡𝗘 𝗡𝗘 𝗙𝗔𝗜𝗧 𝗣𝗔𝗦 𝗟𝗘 𝗗𝗘́𝗩𝗘𝗟𝗢𝗣𝗣𝗘𝗠𝗘𝗡𝗧Le rugby à VII est né en 1883. Il est quasiment aussi vieux que l...
29/05/2026

𝗥𝗨𝗚𝗕𝗬 𝗔̀ 𝗩𝗜𝗜 : 𝗟𝗔 𝗩𝗜𝗧𝗥𝗜𝗡𝗘 𝗡𝗘 𝗙𝗔𝗜𝗧 𝗣𝗔𝗦 𝗟𝗘 𝗗𝗘́𝗩𝗘𝗟𝗢𝗣𝗣𝗘𝗠𝗘𝗡𝗧

Le rugby à VII est né en 1883. Il est quasiment aussi vieux que le XV né en 1846. Il en est de même pour la première Coupe du monde en 1993 et celle du XV en 1987.

Le rugby à VII ne s’est pourtant pas développé comme le XV. La raison est simple : il ne propose qu’un jeu d’évitement demandant des capacités physiques de vitesse et d’endurance hors normes pour être suffisamment attractif dans le monde du rugby amateur. Le rugby à VII n’a pas l’inclusivité, et ne l’aura probablement jamais. Il lui manque le jeu des avants, indispensable pour accepter tous les profils de joueurs et pour mettre en place la diversité des formes de jeu, développant ainsi l’ensemble des valeurs du rugby.

L’entrée du rugby à VII aux Jeux Olympiques en 2016 nous prouve que c’est un sport que les instances internationales souhaitent développer par une vitrine, et une vitrine professionnelle.

Nous avons vu dans notre dernier post que cette méthode de développement par le haut niveau, et en plus un haut niveau professionnel, n’est pas un moyen efficace pour développer la base dans nos territoires. Un sport se développe par une culture forte et solidement implantée dans nos territoires, et non par le haut niveau et le professionnalisme. Ce dernier dérive souvent nos jeunes vers une envie de pratiquer pour gagner leur vie plutôt que pour le plaisir intrinsèque de jouer.

D’ailleurs, sur certaines compétitions internationales, on constate que les stades restent parfois très peu remplis. Grâce aux Jeux Olympiques, cela arrange même certains pays phares du rugby à XV comme la Grande-Bretagne.

En effet, les Gallois, les Écossais et les Anglais ne se privent pas de l’opportunité d’envoyer une seule équipe « Grande-Bretagne » sur les compétitions olympiques, leur permettant de ne pas investir comme ils le font à XV avec des sélections distinctes. Ce n’est pas un hasard. C’est aussi une manière d’éviter un financement important pour un sport qui ne possède pas une véritable culture territoriale dans leurs nations respectives.

Même l’Irlande, pourtant nation majeure du rugby à XV, n’engage pas d’équipe masculine permanente sur le circuit mondial. Cela en dit long sur l’intérêt réel porté au rugby à VII dans certains grands pays de rugby.

Ce n’est pas que le rugby à VII n’a aucun intérêt.

Mais le développer par le haut niveau, et surtout le professionnaliser sans aucune culture de territoire, apparaît comme un investissement particulièrement discutable pour les nations où le rugby à XV dispose déjà d’un fort ancrage culturel.

Quel intérêt de développer un sport professionnel sans culture locale ?

Il ne faut pas confondre la politique de développement de World Rugby, qui s’adresse à l’ensemble des pays du monde, avec les politiques de développement propres à chaque nation.

Si le rugby à VII peut permettre d’amorcer une pratique ovale dans des pays qui ne connaissent pas le rugby, c’est une chose.

Mais dans les nations où le rugby à XV est déjà implanté, professionnel et culturellement enraciné, les conditions sont totalement différentes.

Ne faisons rêver personne : le rugby à VII est trop élitiste dans les qualités physiques qu’il exige et trop limité dans les formes de jeu qu’il propose pour espérer devenir un sport de masse dans les grandes nations du rugby à XV.

La FFR annonce 45 800 pratiquants de rugby à VII.

Mais de quelle pratique parle-t-on ?

Les jeunes et les seniors, masculins ou féminins, qui représentent près de 45 000 personnes, participent essentiellement à une activité de fin de saison en mai et juin, avec parfois quelques entraînements et deux ou trois tournois.

Peut-on considérer cela comme une pratique régulière ?

Bien sûr que non.

Ces chiffres apparaissent donc très discutables.

Affirmer que 70 % de nos jeunes pratiquent le rugby à VII paraît tout aussi contestable.

La notion de pratique doit rester liée à une activité régulière, structurée et organisée sur l’ensemble d’une saison.

Le reste relève davantage de l’affichage que de la réalité sportive.

Le rugby à VII est un sport spécifique, spectaculaire et agréable à regarder.

Mais il reste peu inclusif, limité dans ses formes de jeu comparativement au rugby à XV et faiblement enraciné culturellement dans la plupart des pays.

S’il existe aujourd’hui une volonté internationale de le développer par le haut niveau et la professionnalisation, il demeure surtout, dans les nations à forte culture rugby à XV, un coût important davantage qu’un véritable moteur de développement territorial.

Que le rugby à VII reste ce qu’il a toujours été : une pratique complémentaire, une niche sportive intéressante, spectaculaire et attractive pour les spectateurs.

Mais n’oublions jamais que ce ne sont pas les spectateurs qui font vivre nos territoires.

Ce sont les pratiquants.

Et l’histoire démontre depuis plus d’un siècle que le rugby à XV possède toujours les qualités d’inclusion, de diversité et d’ancrage territorial qui expliquent sa place dominante dans le paysage rugbystique.

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