08/06/2026
Au lendemain de l’interview accordée par Florian Grill à L’Équipe, dans laquelle il réaffirme que le rugby à VII est « un levier majeur de développement du rugby dans le monde » et va jusqu’à le présenter comme plus mondialisé que le rugby à XV, il m’a semblé utile de remettre en lumière cet entretien qu’il accordait à Sevens Rugby en janvier dernier.
On y retrouve déjà les grandes lignes de sa vision : le rugby à VII comme outil de développement, de formation, de visibilité et d’attractivité.
Une vision assumée, mais qui pose une question fondamentale : peut-on réellement présenter le rugby à VII comme l’avenir du rugby à XV ?
Car le rugby à VII et le rugby à XV répondent à des logiques très différentes. Le VII privilégie avant tout la vitesse, les grands espaces, les qualités athlétiques et des profils de joueurs bien spécifiques. Il ne concerne qu’une partie des pratiquants et ne constitue pas une passerelle naturelle pour de nombreux postes du rugby à XV, notamment chez les avants.
Le rugby à VII est une discipline à part entière, avec ses qualités et son intérêt. Mais prétendre qu’il représente l’avenir du rugby à XV revient à méconnaître ce qui fait l’essence même du XV : sa diversité de profils, sa dimension collective, ses spécificités techniques et tactiques, ainsi que son ancrage historique dans les clubs.
Le rugby à VII peut être un complément. Il ne remplacera jamais le rugby à XV.
À chacun de lire cet entretien et de comprendre la méprise de la gouvernance actuelle.
𝐋𝐄 𝐑𝐔𝐆𝐁𝐘 À 7, 𝐋𝐄𝐕𝐈𝐄𝐑 𝐃𝐄 𝐃É𝐕𝐄𝐋𝐎𝐏𝐏𝐄𝐌𝐄𝐍𝐓 𝐃𝐔 𝐑𝐔𝐆𝐁𝐘 ?
📰 https://sevensrugby.fr/florian-grill-le-rugby-a-7-est-un-levier-majeur-de-developpement-du-rugby/
🔎𝐃É𝐂𝐑𝐘𝐏𝐓𝐀𝐆𝐄 𝐃𝐄 𝐂𝐄𝐓 𝐀𝐑𝐓𝐈𝐂𝐋𝐄 𝐄𝐓 𝐃𝐄 𝐒𝐄𝐒 𝐂𝐎𝐍𝐓𝐑𝐄-𝐑É𝐀𝐋𝐈𝐓ÉS 𝐒𝐏𝐎𝐑𝐓𝐈𝐕𝐄𝐒
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1️⃣ Une pratique ultra-minoritaire dans le paysage fédéral
Il convient tout d’abord de rappeler un élément factuel essentiel : le rugby à 7 ne concerne qu’environ 1 % des licenciés sportifs, sur près de 300 000 licenciés au sein de la Fédération Française de Rugby.
Cette réalité statistique ne remet nullement en cause la légitimité du rugby à 7 en tant que discipline, mais elle impose de la mesure dans les discours qui tendent à le présenter comme un levier structurant du développement du rugby français.
Le socle de la pratique, de la formation et de la vitalité fédérale demeure très largement le rugby à XV, porté par son réseau de clubs amateurs.
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2️⃣ Une pratique formatrice, mais partielle et ciblée
La pratique du rugby à 7 constitue indéniablement une excellente école de technique individuelle, notamment en matière de vitesse, d’évitement, de lecture d’espace et de prise d’initiative.
Cependant, ces apports concernent quasi exclusivement les joueurs de ligne arrière (trois-quarts). Le rugby à 7 ne permet pas, par nature, la formation des avants au sens du rugby à XV : il n’y a ni première ligne, ni deuxième ligne, ni véritable jeu d’avants structuré.
Dès lors, présenter le rugby à 7 comme un outil global de formation du joueur apparaît réducteur. Il ne peut répondre aux exigences techniques, physiques et collectives propres au rugby à XV.
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3️⃣ Antoine Dupont : une inversion de causalité préoccupante
Affirmer que le rugby à 7 aurait « fait progresser » l’un des meilleurs joueurs du monde à son poste en rugby à XV relève d’une lecture discutable, voire humiliante pour le rugby à XV et pour les clubs amateurs qui forment nos internationaux.
Dans le cas d’Antoine Dupont, la réalité est exactement inverse.
C’est la qualité de la formation reçue dans son club amateur d’origine, puis le parcours d’excellence suivi dans les clubs professionnels du rugby à XV, qui ont façonné ce joueur d’exception.
Le rugby à 7 n’a pas révélé Antoine Dupont ; il a bénéficié ponctuellement d’un joueur déjà abouti, venu renforcer un projet olympique précis et contribuer de manière décisive à l’obtention de la médaille d’or.
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4️⃣ Une question budgétaire incontournable : qui finance le rugby à 7 ?
Interrogeons-nous enfin sur le financement du rugby à 7.
Cet aspect ne peut être négligé au regard du coût élevé de son circuit de compétition, de préparation et de structuration, comparé à une pratique qui concerne environ 1 % des licenciés sportifs de la FFR.
L’enjeu n’est pas de contester la discipline olympique en tant que telle, mais bien de questionner la proportionnalité des moyens financiers engagés, dans un contexte où les clubs amateurs du rugby à XV connaissent des difficultés croissantes.
La question posée est donc clairement politique et de gouvernance :
qui finance le rugby à 7, avec quels moyens, et au détriment de quels niveaux de pratique ?
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Conclusion - Le rugby à 7 n’est pas le levier de développement du rugby à XV
Au regard de l’ensemble de ces éléments, une conclusion s’impose : le rugby à 7 n’est pas l’avenir du rugby à XV.
Discipline spécifique, spectaculaire et légitime dans son cadre propre, le rugby à 7 ne peut être érigé en modèle structurant du développement du rugby français.
L’ADN du rugby sportif demeure le rugby à XV, car il est le seul à intégrer l’ensemble des profils de joueurs, toutes morphologies confondues, toutes trajectoires sportives et humaines. Il garantit l’inclusion, la complémentarité, la solidarité et l’équilibre collectif qui fondent les valeurs historiques de ce sport.
C’est le rugby à XV, à travers son maillage territorial, ses clubs amateurs et son modèle de formation, qui permet la transmission, l’engagement collectif et l’ancrage social du rugby.
👉 Le rugby à 7 peut être un complément, un projet ciblé, un outil ponctuel.
👉 Il ne peut ni remplacer, ni supplanter, ni incarner l’avenir du rugby à XV.
Préserver le rugby à XV, c’est préserver l’identité, les valeurs et l’essence même du rugby.
#𝙇𝙞𝙤𝙣𝙚𝙡𝙂𝙞𝙧𝙖𝙧𝙙𝙞