08/09/2026
Le sevrage précoce à l'âge de 6 mois est une pratique courante en élevage équin. Pourtant, une étude scientifique récente démontre qu'une présence maternelle prolongée jusqu'à 13 mois favorise le développement cérébral, social et physique du poulain.
Une équipe de chercheurs d'INRAE, du CNRS, de l'Université de Tours et de l'IFCE a suivi 24 poulains âgés de 6 à 13 mois. Tous vivaient dans le même environnement. Douze d'entre eux sont restés avec leur mère, tandis que les douze autres ont été séparés d'elle à l'âge de 6 mois. Pendant sept mois, les scientifiques ont comparé leur croissance, leur comportement et leur développement cérébral par IRM et par un suivi comportementale et physiologique. Les conclusions ont étonnés même les chercheurs car les différences ne concernaient pas seulement le comportement.
• Un impact direct sur la structure du cerveau
Les examens par imagerie ont révélé des différences majeures au niveau du système nerveux. Les poulains séparés de leur mère à 6 mois présentent des zones cérébrales moins matures. Ce re**rd de développement touche l'hypothalamus et l'amygdale, qui gèrent les émotions et la régulation du métabolisme énergétique, ainsi que le cortex, impliqué dans les relations sociales.
À l'inverse, les poulains restés avec leur mère bénéficient d'une meilleure organisation du « réseau du mode par défaut ». Chez l'humain, ce réseau aide à comprendre autrui et à analyser les situations sociales. La mère joue ainsi un rôle de « guide » indispensable à la structuration du cerveau.
• Des compétences sociales renforcées
Sur le terrain, ces modifications cérébrales se traduisent par des comportements bien distincts :
👉 Plus de curiosité : Les poulains élevés par leur mère explorent davantage leur environnement.
👉 Une meilleure intégration : Ils s'intègrent plus facilement au reste du troupeau et restent moins isolés.
👉 Des relations riches : Ils passent plus de temps à jouer et à toiletter leurs congénères. Ils gèrent également mieux les situations nouvelles.
• Une croissance plus efficace et moins de stress
Sur le plan physique, les résultats sont tout aussi surprenants. Bien qu'ils passent moins de temps à brouter, les poulains restés avec leur mère ont pris plus de poids. À la fin de l'étude, leur gain de poids médian affichait +58 %, contre +42 % pour le lot séparé tôt.
Les analyses biologiques expliquent cette différence. Les poulains vivant avec leur mère présentent un taux de cortisol plus faible, signe d'un stress réduit, ainsi qu'un métabolisme des lipides différent. La sécurité affective apportée par la mère améliore directement l'efficacité alimentaire, la croissance et la régulation physiologique du jeune.
👉 Ce qu'il faut retenir : La mère n'a pas seulement un rôle nourricier. Sa présence prolongée induit une structuration spécifique des réseaux cérabraux, dynamise le métabolisme et favorise les compétences sociales bien au-delà des premiers mois de vie.
Les résultats ne donnent pas un âge idéal de séparation mais ils invitent à repenser les pratiques de sevrage et a attendre plus longtemps avant de séparer le poulain de sa mère.
Pour en savoir plus : l'article du site de l'INRAE : https://www.inrae.fr/actualites/maintenir-presence-maternelle-atout-developpement-cerebral-social-poulains?fbclid=IwY2xjawS98gNleHRuA2FlbQIxMABicmlkETFDQm1uT1BDZEI2Y1lYQnZnc3J0YwZhcHBfaWQQMjIyMDM5MTc4ODIwMDg5MgABHrigOrxFm3UWlx0KHKl_dxlEUYmo0_P76ZyiRmOji9VGCHqxo16gP-JtF_Bx_aem_fm_UwJZ6ebM4yqsObdhZow
L'étude complète en anglais : https://www.nature.com/articles/s41467-025-66729-1
de Jon Sailersur Unsplash