08/08/2026
Bravo les gars belle aventure👌💪🚴♂️⛰️
D'une mer à l'autre, au cœur des Pyrénées
Il y a des projets dont on parle longtemps avant d'oser les réaliser. Celui-ci en faisait partie. Traverser les Pyrénées d'Est en Ouest, rejoindre l'Atlantique depuis la Méditerranée uniquement à vélo, en franchissant les plus grands cols du massif… un rêve pour certains, une folie pour d'autres.
Du 8 au 14 juillet 2026, nous étions trois licenciés du Soual Vélo Sport à nous élancer dans cette aventure : Samuel, Francis et moi-même. Le départ prévu à Saint-Cyprien a finalement été déplacé à Prades en raison des incendies qui frappaient les Pyrénées-Orientales. Une adaptation de dernière minute qui n'a en rien diminué l'ampleur du défi.
Très vite, le ton était donné. Le col de Jau ouvrait les hostilités, avant que les premières fortes chaleurs nous rappellent que cette traversée demanderait autant de détermination que de condition physique. Jour après jour, les cols mythiques se sont succédé : Pailhères, Port de l'Hers, col d'Agnès, col de la Core, Portet d'Aspet, Menté, Peyresourde, Aspin, Tourmalet, Soulor, Aubisque, Marie-Blanque, Bagargi… Des noms qui résonnent dans l'histoire du cyclisme et qui, désormais, évoquent pour nous des souvenirs bien personnels.
Chaque ascension avait son caractère. Certaines se gravissaient au rythme d'un souffle régulier, d'autres obligeaient à puiser profondément dans les réserves, surtout lorsque la pente dépassait les 10 % sous un soleil de plomb. Puis venait toujours la récompense : un panorama immense, le silence des sommets, une descente aux courbes parfaites ou simplement un café, un Coca ou une gourde remplie au bon moment.
Le Tourmalet restera sans doute l'un des moments les plus marquants. Dix-sept kilomètres d'ascension, plus de 1 200 mètres de dénivelé. Samuel, fidèle à lui-même, s'est envolé dès les premiers lacets. J'ai poursuivi mon ascension à mon rythme, convaincu que la seule véritable compétition était celle que chacun mène avec lui-même. Arriver au sommet, entouré de dizaines de cyclistes venus des quatre coins du monde, procurait un sentiment difficile à décrire.
Mais si les cols impressionnent, ce sont surtout les paysages qui émerveillent. Des forêts profondes de l'Ariège aux immenses pâturages du Pays basque, en passant par les vallées des Hautes-Pyrénées, chaque journée offrait un décor différent. Une halte devant la stèle de Fabio Casartelli rappelait aussi que ces routes portent une histoire bien plus grande que nos propres exploits.
La traversée fut également ponctuée de moments simples qui donnent toute leur saveur à ce type d'aventure : une pizza partagée après une longue étape, un excellent repas au Bistrot Pastoral d'Azet, un café pris au petit matin chez "Blacky", les jambes plongées dans le gave après une journée éprouvante, les discussions avec d'autres cyclistes au sommet des cols ou encore la découverte de Saint-Jean-Pied-de-Port, animé par les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Cette aventure, je ne l'aurais probablement jamais entreprise seul. C'est grâce à la persévérance de Samuel que je me suis lancé dans ce projet, avec beaucoup de doutes au départ. Je pensais qu'atteindre la moitié du parcours serait déjà une belle réussite. Huit jours plus t**d, nous arrivions tous les trois à Hendaye, heureux, fatigués, mais surtout fiers d'avoir mené cette traversée jusqu'au bout.
Un immense merci à Samuel, moteur de cette aventure, à Francis pour sa parfaite connaissance des Pyrénées qui nous a permis d'emprunter des itinéraires aussi beaux qu'authentiques, et à Maryline, dont la présence discrète, efficace et toujours souriante a largement contribué à la réussite du séjour.
Enfin, cette aventure est aussi le reflet de ce que représente le Soual Vélo Sport. Un club où l'on progresse ensemble, où l'on ose relever des défis que l'on n'aurait jamais imaginés seul, où l'effort se partage autant que les bons moments.
Traverser les Pyrénées nous a appris une chose essentielle : les plus beaux défis ne sont pas toujours ceux que l'on choisit, mais souvent ceux que des amis nous donnent envie de relever.
Et lorsque, le 14 juillet, les roues ont enfin touché l'Atlantique, ce n'était pas seulement une traversée qui s'achevait. C'était une aventure humaine dont les souvenirs nous accompagneront encore longtemps… avant, sans doute, de repartir ensemble vers un nouveau défi.
Et si cette aventure donne envie à d'autres licenciés de rêver un peu plus grand, alors elle aura eu une seconde réussite.
Parce qu'au fond, le plus beau sommet n'est peut-être pas celui que l'on gravit… mais celui que l'on ose viser.