16/01/2026
𝗤𝗨𝗔𝗡𝗗 𝗟𝗘 𝗠𝗘𝗡𝗦𝗢𝗡𝗚𝗘 𝗖𝗢𝗨𝗥𝗧, 𝗟𝗔 𝗩𝗘́𝗥𝗜𝗧𝗘́ 𝗠𝗘𝗧 𝗗𝗨 𝗧𝗘𝗠𝗣𝗦 𝗔̀ 𝗥𝗔𝗧𝗧𝗥𝗔𝗣𝗘𝗥. 😫🧐
Quand le mensonge court, la vérité met du temps à rattraper. À Sarlat, l’affaire Dominique Einhorn ressemble surtout à une mécanique d’écrasement : une cible désignée, un empilement d’accusations au rendu spectaculaire, puis des années d’asphyxie personnelle et économique — pendant que les responsables locaux se retranchent derrière des communiqués moralisateurs.
𝐔𝐧 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞𝐩𝐫𝐞𝐧𝐞𝐮𝐫 « 𝐭𝐫𝐨𝐩 𝐯𝐢𝐬𝐢𝐛𝐥𝐞 » 𝐝𝐞𝐯𝐞𝐧𝐮 𝐩𝐫𝐨𝐢𝐞 𝐢𝐝𝐞́𝐚𝐥𝐞
Pendant des années, Dom Einhorn s’est imposé comme un acteur central de la vie sarladaise : rugby, incubateur Uniqorn, création d’emplois, investissements. Puis vient la bascule : garde à vue, mise en examen sur sept chefs, confiscations, interdictions, contrôle judiciaire strict, suspension de droits sociaux, entreprises placées sous administration. La chute est brutale, et surtout utile : elle neutralise un entrepreneur perçu comme dérangeant.
L’avocat Ismaël Meziti résume l’essentiel : l’architecture du dossier donne l’illusion d’un « grand criminel financier », alors que la réalité, selon la défense, est celle d’un 𝐝𝐨𝐬𝐬𝐢𝐞𝐫 𝐠𝐨𝐧𝐟𝐥𝐞́ 𝐩𝐚𝐫 𝐥’𝐞𝐟𝐟𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐢𝐬𝐭𝐞 : des qualifications nombreuses, des montants décrits comme faibles, certains points frôlant la contravention. Bref : du volume pour faire peur, de la poussière pour occuper l’opinion.
𝐔𝐧𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐟𝐢𝐬𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐦𝐚𝐣𝐞𝐮𝐫𝐞… 𝐚𝐧𝐧𝐮𝐥𝐞́𝐞 : 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐚𝐯𝐞𝐮 𝐝𝐞 𝐟𝐫𝐚𝐠𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́
Un élément clef a déjà craqué : un chef ayant justifié la confiscation de sommes importantes a été annulé par la Cour de cassation, ouvrant la voie à des restitutions (au moins en grande partie). Pour la défense, c’est tout sauf un détail : quand une pièce maîtresse tombe au plus haut niveau judiciaire, cela interroge la solidité du reste — et la légèreté avec laquelle des mesures destructrices ont été prises.
Ajoutez à cela des restrictions lourdes : pointage hebdomadaire, interdiction de contacts, interdiction de gérer, interdiction de quitter le territoire métropolitain. Ce ne sont pas des mesures neutres : elles cassent un homme, paralysent un entrepreneur, détruisent des entreprises.
Et un autre signal n’est pas passé inaperçu : la juge Lydie Bagonneau, accusée par la défense d’avoir saisi « illégalement » le passeport américain d’Einhorn, a été déchargée de ses fonctions par décret (4 août 2025) au tribunal judiciaire de Bergerac. Là encore : ce n’est pas une “péripétie”, c’est un marqueur politique et judiciaire.
𝐋𝐞 𝐜œ𝐮𝐫 𝐝𝐮 𝐝𝐨𝐬𝐬𝐢𝐞𝐫 : 𝐮𝐧𝐞 𝐨𝐝𝐞𝐮𝐫 𝐝𝐞 𝐬𝐲𝐬𝐭𝐞̀𝐦𝐞, 𝐩𝐚𝐬 𝐮𝐧𝐞 𝐚𝐟𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐢𝐬𝐨𝐥𝐞́𝐞
La défense ne parle pas d’“erreur”, mais de système. Elle évoque une coalition d’intérêts locaux — politiques, institutionnels, judiciaires — visant à faire tomber un outsider. Einhorn parle de plus de 60 emplois illégalement détruits et de 7 entreprises innovantes sabordées. Meziti décrit le point de départ : des “renseignements anonymes” relevant davantage de rumeurs de village que d’éléments matériels solides, visant “l’Américain”, l’étranger “frimeur” qui bouscule les habitudes.
Dans une petite ville, l’entrepreneur qui ne doit rien à personne devient vite celui qu’on veut faire taire. Et lorsque les mêmes noms reviennent, lorsque les réseaux se croisent, lorsque les recours sont refusés, la question n’est plus “qui a raison sur un point technique ?”, mais : 𝐪𝐮𝐢 𝐭𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐞 𝐭𝐞𝐫𝐫𝐚𝐢𝐧, 𝐞𝐭 𝐪𝐮𝐢 𝐚 𝐢𝐧𝐭𝐞́𝐫𝐞̂𝐭 𝐚̀ 𝐜𝐞 𝐪𝐮’𝐄𝐢𝐧𝐡𝐨𝐫𝐧 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐚𝐫𝐚𝐢𝐬𝐬𝐞 𝐝𝐮 𝐩𝐚𝐲𝐬𝐚𝐠𝐞 ?
C’est dans cette logique que la défense affirme avoir saisi :
- le Parquet européen (possibles collusions et malversations autour de subventions),
- le Parquet national financier (hypothèse de prise illégale d’intérêts),
- et la Cour européenne des droits de l’Homme.
Autrement dit : Einhorn et Meziti sortent le dossier du huis clos local et forcent l’affaire à respirer ailleurs. C’est précisément ce que redoutent les systèmes fermés.
𝐋’𝐞́𝐩𝐢𝐬𝐨𝐝𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐨𝐫𝐝𝐢𝐧𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫𝐬 : 𝐥𝐚 𝐪𝐮𝐞𝐬𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐪𝐮’𝐨𝐧 𝐧𝐞 𝐯𝐞𝐮𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐩𝐨𝐬𝐞𝐫
Un fait embarrassant reste au centre : le vol d’ordinateurs chez Uniqorn en 2020, une plainte classée sans suite, puis la réapparition de 𝐦𝐨𝐝𝐞̀𝐥𝐞𝐬 𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 dans SarlaTech, nouvel incubateur porté par les collectivités. La défense dit s’être interrogée — publiquement — sur cette coïncidence. Résultat : plainte en diffamation, stratégie classique de dissuasion. Quand on ne répond pas sur le fond, on attaque le messager.
Et la riposte de la collectivité ? Un communiqué au ton sentencieux, expliquant qu’elle “respecte l’instruction”, tout en insinuant qu’accuser les autres serait “un écran de fumée” masquant la “turpitude” d’Einhorn. C’est habile — et brutal : 𝐨𝐧 𝐦𝐨𝐫𝐚𝐥𝐢𝐬𝐞 𝐬𝐚𝐧𝐬 𝐫𝐞́𝐟𝐮𝐭𝐞𝐫, 𝐨𝐧 𝐝𝐢𝐬𝐜𝐫𝐞́𝐝𝐢𝐭𝐞 𝐬𝐚𝐧𝐬 𝐝𝐞́𝐦𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞𝐫.
La défense, elle, maintient : le Parquet européen aurait été informé de possibles malversations liées aux subventions SarlaTech, et une enquête aurait été ouverte, confirmée par courrier le 4 septembre 2025. Si cela se confirme, la narration change : on ne parle plus d’un entrepreneur “problématique”, mais d’𝐮𝐧 𝐡𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐝𝐞́𝐫𝐚𝐧𝐠𝐞 𝐩𝐚𝐫𝐜𝐞 𝐪𝐮’𝐢𝐥 𝐦𝐞𝐭 𝐥𝐞 𝐝𝐨𝐢𝐠𝐭 𝐥𝐚̀ 𝐨𝐮̀ 𝐜̧𝐚 𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐦𝐚𝐥.
𝐀𝐝𝐦𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐣𝐮𝐝𝐢𝐜𝐢𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬 : 𝐥’𝐚𝐧𝐠𝐥𝐞 𝐦𝐨𝐫𝐭 𝐪𝐮𝐢 𝐬𝐚𝐢𝐠𝐧𝐞
Autre point explosif : la défense vise un mandataire/administrateur judiciaire accusé d’avoir laissé perdurer des saisies injustifiées et d’avoir causé un préjudice massif (pertes financières, pertes de chance, pertes effectives). Une procédure en responsabilité civile est engagée. Une autre procédure, concernant un administrateur accusé de s’être servi dans les comptes personnels d’Einhorn, attend la fin du pénal — ce qui repousse d’autant l’indemnisation.
Traduction simple : 𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐪𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐮𝐧𝐞 𝐝𝐞́𝐜𝐢𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐭𝐨𝐦𝐛𝐞 (𝐂𝐚𝐬𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧), 𝐥’𝐚𝐫𝐠𝐞𝐧𝐭 𝐧𝐞 𝐫𝐞𝐯𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐯𝐢𝐭𝐞. L’homme a déjà payé le prix maximal : réputation, liberté de mouvement, activité économique, trésorerie, santé (jusqu’à une grève de la faim de quarante jours). Et pendant ce temps, ceux qui ont décidé, signé, saisi, administré, facturé… continuent.
𝐋𝐚 𝐯𝐫𝐚𝐢𝐞 𝐪𝐮𝐞𝐬𝐭𝐢𝐨𝐧 : 𝐩𝐨𝐮𝐫𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐚𝐮𝐭𝐚𝐧𝐭 𝐝’𝐚𝐜𝐡𝐚𝐫𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 ?
À lire les éléments côté défense, une question s’impose : 𝐚̀ 𝐪𝐮𝐢 𝐩𝐫𝐨𝐟𝐢𝐭𝐞 𝐥𝐚 𝐧𝐞𝐮𝐭𝐫𝐚𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐃𝐨𝐦𝐢𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐄𝐢𝐧𝐡𝐨𝐫𝐧 ?
Quand un dossier est “gonflé” par accumulation, quand une confiscation centrale est annulée en cassation, quand des coïncidences matérielles (ordinateurs) déclenchent une contre-attaque en diffamation, quand des croisements d’intérêts sont dénoncés, quand le dossier doit être “exporté” vers le Parquet européen et la CEDH pour être entendu… on n’est plus dans une banale procédure. On est dans une 𝐚𝐟𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐯𝐨𝐢𝐫.
Dominique Einhorn, lui, a repris une trajectoire : retour vers sa famille, engagement sportif, et lancement de Masters of Trivia, né de son incubateur Uniqorn et reconnu par la prestigieurse fondation HundrED comme l'une des pépites “EdTech” les plus prometteuses de 2026. C’est un détail qui compte : malgré quatre ans de pression, l’homme n’a pas “disparu”. Il avance, il construit, il documente.
NB : Il s’agit ici d’une version adaptée de la version originale de l’article - et non de la version originale - qui est protégée par les droits d’auteur.