22/10/2026
FORZA ITALIA !!!!
Sans revenir sur le drame de 1957, qui mettra un terme à l’épreuve italienne sur route ouverte la plus mythique, la « Mille Miglia » en version originale reste, dans le monde de la compétition automobile, l’épreuve la plus charismatique jamais courue sur le territoire !!
Et même si, depuis 1977, les organisateurs font revivre cette course sous sa forme la plus élégante qui soit, l’émotion, la tension et les enjeux sportifs des éditions originales resteront à tout jamais gravés dans l’histoire du pays. Plus populaire que ça, « tu meurs » ! Les foules se massaient tellement sur les bords des routes et aux entrées des villes…
Ces photos inédites, comme quelques documents cinématographiques de l’époque, dont certains magnifiquement conservés, vous plongeront forcément dans une période italienne définitivement révolue, où le public, toujours impeccablement habillé, venait communier avec les concurrents tout au long de l’épreuve.
Cette compétition sera à l’initiative du comte Aymo Maggi, pilote amateur, qui se verra refuser, pour des raisons politiques, l’organisation du Grand Prix de Brescia, à la suite d’une prise de position de Mussolini lui-même. Maggi aura donc l’idée d’organiser une course sur route ouverte entre Brescia, Rome et Brescia, formant un tracé en boucle symbolique proche des
1000 milles, parcouru 9 fois par les concurrents.
Tout doit être replacé dans son contexte pour s’imaginer réellement les enjeux de cette épreuve. L’Italie veut montrer au reste de l’Europe la place qu’elle peut tenir sur le plan sportif et industriel. Les lieux de passage, au cœur des plus belles régions touristiques, en feront une véritable carte postale sportive promotionnelle. La circulation, les infrastructures et une législation tolérante y permettaient tous les excès routiers ! Bon nombre de petits villages, alors inconnus, prendront de l’importance à cette occasion grâce au passage de la course.
Le règlement n’imposait aucune règle concernant l’assistance et, très souvent, le copilote se devait d’être un mécanicien aguerri pour parer aux pièges de la route.
Un règlement original prévoyait des heures de départ pouvant se prolonger t**d dans la nuit, permettant aux petites cylindrées de participer en partant les premières… Même si la liste des engagés était importante, les numéros à quatre chiffres indiquaient en fait les heures de départ...
L’idée des podiums de lancement, formant une sorte de tremplin incliné, sera une innovation de l’organisation et fera école par la suite dans le monde du rallye. Les tout premiers « cartons de pointage » seront mis en place à cette époque, permettant de préciser exactement quand le copilote devait arrêter son chronomètre au Controllo Orario (contrôle horaire)… tant il était parfois difficile d’accéder à la table des officiels, perturbée par l’indiscipline du public présent, obligeant le copilote à se faufiler tant bien que mal !!
Aucune restriction de vitesse dans les traversées de villages et de villes ne limitait les autos, qui atteignaient déjà des vitesses hallucinantes pour l’époque.
Le port du casque n’étant pas obligatoire, il reste néanmoins amusant de voir certains concurrents porter des casques à « boudins » de cyclistes, histoire de se protéger un minimum en cas d’accident
Certaines portions de route présentaient une signalétique permanente avertissant des dangers du tracé et du risque d’y croiser souvent des fous du volant ! Beaucoup de pilotes fumaient la cigarette, alors à la mode, en roulant, et la gardaient au bec même dans les zones de ravitaillement !!
Celles-ci se déroulaient souvent au bord des trottoirs, mais avec un timing digne d’une épreuve de Grand Prix. Inutile de dire le spectacle folklorique qu’elles offraient alors aux spectateurs présents, au milieu d’empoignades théatrales ! Rappelons aussi qu’à l’époque, les performances des autos sportives rivalisaient souvent avec celles des monoplaces, utilisant quasiment les mêmes motorisations !
Les mécanos ne s’encombraient pas de protocoles rigoureux pour officier, et des caisses en bois, en guise de servantes, permettaient d’y jeter les outils une fois utilisés. Toutes les marques automobiles de l’époque viendront y courir, permettant aussi à certains amateurs fortunés de s’y risquer. Bien sur que les stars du moment comme Moss ou Fangio pour ne citer que quelques grands noms viendront y concourir, mais les constructeurs nationaux, comme Ferrari, Maserati et bien d’autres petits fabricants italiens, saisiront aussi l’opportunité de s’y montrer avec des pilotes notoires en espèrant y faire un résultat.
La signalétique rouge et blanche du logo, devenue célèbre, évoque les armoiries de la ville de Brescia, tandis que le symbole de la flèche représente la notion de direction… Visionner les films documentaires des tout premiers médias italiens vous plongera dans une passionnante épopée.
Et si vous aviez la chance d’être en Italie durant la période de son "revival", prenez le temps de vous poser à la première table de bar venue, commandez un cappuccino…
et profitez du spectacle !! GV