06/07/2021
Hello tout le monde,
Cela fait maintenant deux jours que la course est terminée. Je me sens encore sur un nuage blanc de montagne. J’ai l’impression que les 30 heures de courses m’ont fait voyager dans une 3ème dimension, tantôt euphorique tantôt blasé, mais toujours concentré vers les objectifs…savourer le moment présent et passer la ligne d’arrivée.
Les 6 mois d’entrainements ont abouti ! Les nombreux cols (Joly, fenêtre, tre la tête, tricots, …) ont été franchis, en montée comme en descente, mais non sans peine. La nuit blanche a également eu ses hauts et ses bas mais sans jamais douter. La météo parfois pluvieuse m’a offert quelques chutes bien boueuses.
Il est 5 h ce matin, je laisse mon papa qui assurera mon assistance au pied du Mont Joly.
L’altitude se fait sentir au niveau du souffle mais sans gravité. J’adapte mon rythme. Les six premières heures de course passent sans que je ne m’en rende compte.
Une petite hypoglycémie au 30ème kms me fait entrer davantage dans la course, celle-ci passée, je me suis dit que c’était possible, à cet instant, la course a pris un tourant, un beau tournant. Je suis arrivé comme prévu à la base vie de la mi-course (Bellevue) avec le temps de m’accorder une longue pause de 30 minutes avant d’entamer la nuit. Les radios portables des bénévoles ne cessaient d’annoncer de multiples abandons au PC course. Cela me permit de me rendre compte que je n’y avais pas encore pensé et que ma forme me permettrait peut-être d’aller au bout. Respect à tous ces coureurs qui n’ont pu aller au bout, il suffit parfois de pas grand-chose (chute, soucis gastrique, …).
La nuit est arrivée, je me suis permis un coup de mou à minuit et j’ai accepté d’être fatigué, l’envie naturelle de dormir un peu mais j’ai préféré avancer, doucement mais surement. Le 2ème ravito de nuit vers 4h du matin a été stratégique. J’y suis arrivé seul et une dizaine de coureurs m’ont rejoint. J’ai eu l’envie de maintenir cet écart avec les autres coureurs, c’est la première fois de la course que l’esprit de compétition m’a envahi.
Je n’ai plus beaucoup d’énergie ou ni l’envie de monter depuis plusieurs kms, le lever du jours fait du bien et me rapproche davantage du final. L’avant dernier ravito franchi je redescends tant bien que mal (les articulations et les muscles des jambes n’en veulent plus) vers la dernière ascension de la course le Mont Joux. Je peine le premier km, je m’arrête tous les 100 mètres. Je me reconcentre une dernières fois et tout se remet en marche, à n’y rien comprendre, aidé de mes bâtons, mon souffle se cale sur mes jambes et je repars de plus belle, on ne m’arrêtera plus. Je réussirai même à dépasser des coureurs. Le dernier ravito est express car la dernière ascension cachait encore 2 petites bosses surprises. Je savoure une dernière fois le panorama montagnard et je plonge vers ma destination finale. J’alterne marche lente et trottinement de fortune. Je retrouve une dernière fois mon papa, 1,5 kms avant l’arrivée, une petite pause photo et je continue la descente en courant de plus belle, un sprint final.
Merci à tous pour tous vos messages de soutien, j’ai été très touché de vous lire.
Merci à la Michaux Family sur place, vous êtes top.
Merci Fred pour tous tes conseils.
Un grand merci à mon papa pour son assistance, son soutien et tout le reste ! La tâche était rude, je le sais, mais tu l’as réussie, et sans ton aide cela aurait été encore plus difficile.
Merci particulier à ma famille pour leur patience pendant l'entrainement et leurs encouragements. Je vous aime.
A bientôt
Germain