13/08/2026
Alors que partout la forêt brûle, j'arpente les montagnes du Verdon au rythme lent de mes chevaux qui à mon grand étonnement, tracent leur chemin comme à leur habitude. Un peu plus doucement peut-être, mais sans être constamment harcelés par les taons, qui semblent avoir désertés les arides alpages.
Alors que partout, dans les médias, au coin d'un arbre le soir, dans toutes les bouches, la chaleur occupe nos pensées et nos échanges, mes chevaux marchent et semblent s'accommoder de la moindre brise.
Alors que les randonneurs abandonnent les chemins et que le silence se fait sur le plateau, nous savourons les vents sur les crêtes et naviguons à travers l'ombre des grands arbres.
A force de traîner avec eux, les chevaux m'apprenent une de leur plus grande force: la résignation.
À moi de leur trouver l'eau, les coins à l'ombre et dans le vent, les douches improvisées à la serviette. Je les observe, surveillant la moindre baisse de forme, les kilos perdus,... Mais rien. Il fait chaud, c'est l'été, et demain l'automne arrive, semblent me dire leurs yeux si doux. Et cet hiver, il fera froid, et nous attendrons le soleil avec impatience, comme tous les matins. Mon corps absorbe toute l'eau que je lui propose et semble s'être adapté. Ne serait-elle pas là la clef ? Endurer pour supporter?
Tout l'été, nous marchons. Parce qu'il faut bien vivre le reste de l'année, et que le tourisme n'a pas encore déserté les douces eaux du Verdon. Mais jusqu'à quand?
Alors que nous arpentons les arides sentiers calcaires, je rumine mes inquiétudes. Les chevaux eux marchent, à moi de préparer l'itinéraire. Et parce qu'il s'annonce toujours plus chaud, je lance ici une requête.
Venez en automne les amis, sentir l'humus des forêts. Venez en hiver, savourer le doux soleil de Provence.
Venez au printemps, où la vie est partout. Pour que l'été soit plus doux.