14/02/2021
𝐓𝐫𝐢𝐬𝐭𝐞𝐬 𝐧𝐨𝐮𝐯𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐝𝐮 𝐁𝐨𝐭𝐬𝐰𝐚𝐧𝐚 …
𝘿’𝙖𝙗𝙤𝙧𝙙 𝙖̀ 𝙥𝙧𝙤𝙥𝙤𝙨 𝙙𝙚𝙨 𝙚́𝙡𝙚́𝙥𝙝𝙖𝙣𝙩𝙨. Des mortalités chez les éléphants.
Tout récemment, fin janvier 2021, encore au bas mot une douzaine d’éléphants morts « mystérieusement » dans la zone de Mombo, au Nord-Ouest du Botswana, en plein dans le delta de l’Okavango. Une zone qui avant l’épidémie de la Covid-19 était une destination touristique majeure.
Ces nouveaux décès font suite aux 350 ? 400 ? 700 ? décès constatés et inexpliqués il y a plus de 6 mois un peu plus au Nord, et dont on avait un peu parlé ici.
Bien que des tas d’hypothèses fantaisistes, parmi lesquelles l’intoxination par des cyanobactéries, aient été officiellement avancées, aucune explication réaliste à ce jour et au bout de 8-9 mois !
Maintenant, une bonne douzaine de carcasses d’éléphants sont signalées fin janvier.
Le Ministère en charge de la Faune et des Parcs Nationaux (DWNP) indique qu’il a envoyé sur place « des équipes » de vétérinaires et d’officiers pour « récolter des échantillons » et « déterminer la cause de cas morts ».
Mais ILS ONT DU SE PERDRE EN CHEMIN : PERSONNE NE LES A VUS …
Pendant que nous cherchons, dans l’hiver boréal, à nous chauffer, les températures sont en ce moment très élevées au Botswana. Pour récolter des échantillons « frais » il faut être sur site immédiatement, or les carcasses pourrissent déjà et, sauf si l’hécatombe continue, tout ce qui serait récolté maintenant serait totalement inexploitable.
On se retrouve donc exactement dans la même situation qu’il y a 8 mois : les échantillons ne sont pas récoltés alors que techniquement et logistiquement tout est facilement faisable.
A leur décharge, on peut avancer que les agents du DWNP ne peuvent pas bouger facilement, limités par le confinement et par des restrictions budgétaires – encore que …
Mais dans ce cas ils auraient facilement pu faire appel aux acteurs locaux et aux ONG qui ont proposé leurs services : rien de tout ça ne s’est passé.
Rappelons qu’en septembre 2020, le vétérinaire en chef du DWNP Mmadi Reuben a officiellement déclaré : « les dernières analyses ont établi que des neurotoxines produites par des cyanobactéries étaient la cause des décès. Cependant, il reste de nombreuses questions, comme par exemple pourquoi seuls des éléphants ont été touchés, et pourquoi dans une zone si restreinte. Nous travaillons sur de nombreuses autres hypothèses ».
Mais le Dr Reuben a refusé de révéler quelque autre détail, et de dire quels laboratoires avaient fait les analyses.
A ce jour, aucun laboratoire n’a fait quelque publication que ce soit.
Ce qu’on sait, après contacts avec certains des laboratoires auxquels ont été confiés des échantillons, c’est que les prélèvements réceptionnés étaient soit très dégradés, soit inadéquats pour permettre de faire un diagnostic.
L’hypothèse des cyanobactéries provient d’un laboratoire du Zimbabwe qui n’est pas équipé pour ni habilité à faire des analyses toxicologiques.
Les prélèvements ont été faits très tardivement, n’ont pas été conservés de manière appropriée, et ont été acheminés « tardivement en raison de la Covid-19 ».
𝙇𝙚𝙨 𝙧𝙝𝙞𝙣𝙤𝙘𝙚́𝙧𝙤𝙨 𝙖𝙪𝙨𝙨𝙞 !
La presse a relayé l’information sur les mortalités massives d’éléphants, mais n’a pas encore dit un mot à propos des rhinocéros.
Pourtant les informateurs du terrain en font état.
Il y a eu entre 70 et 80 rhinocéros braconnée dans la zone de Mombo en 2019, celle-là même où les éléphants meurent « mystérieusement » maintenant.
Le Botswana a initié une opération préventive de coupe de cornes des rhinocéros en février 2020, pour protéger ces animaux des braconniers.
L’histoire des rhinocéros au Boswana n’est par très réjouissante.
Tous les rhinocéros du Botswana ont été exterminés, jusqu’au dernier.
Tous les rhinocéros qui y vivent actuellement ont été réintroduits.
Dans les années 90, le gouvernement a décidé de capturer tous les rhinocéros survivants et de les rassembler dans le sanctuaire de Khama, près de Serowe. Par la suite, des opérateurs privés de safaris en ont importé d’autres en provenance d’Afrique du Sud, pour les réintroduire dans leurs concessions.
Mais le massacre continue – tiens, bizarrement, dans la zone de Mombo où tant d’éléphants meurent « bizarrement ». Ces derniers jours, 5 rhinocéros de plus en moins.
Et braconnés, ça ne fait aucun doute : le peu qu’il restait de leurs cornes après qu’elles aient été coupées préventivement a été prélevé, et même des bébés ont été abattus.
Tout se passe comme si ces braconniers étaient maintenant bien installés dans la zone de Mombo, et y opéraient en toute impunité.
Espérons que le Botswana va réagir de manière appropriée …