20/06/2021
Nico était à Revel pour le championnat régional, voici son compte-rendu :
1,9 🏊♂️/ 85 🚴/ 20 🏃♂️
Règles des 3 CCC. ♥️ 🧠 🍆. Comprendra qui aura les antécédents rugbystiques nécessaires.
Inscription sur un coup de tête après la déception des Championnats de France, je m’aligne sur les Championnats régionaux d’Occitanie. Un peu de volume (une belle sortie de 7h à vélo) et d’intensité (Tri S du comminges) me remettent sur les rails. Je commence à être rodé sur les semaines d’avant course. Quelques séances “références” me permettent de rester actif tout en récupérant. Cette routine est un bon moyen d’être confiant pour le Jour J.
Le départ est donné à 13h30. COVID oblige, c’est par vague de 25 toutes les minutes que l’on s’élance. Ce qui veut dire qu’il n’y a pas de dynamique de course. On ne sait pas si celui que l’on double est parti avec nous ou 10’ derrière. Je pars dans la deuxième vague. Le frérot arrive juste avant (après 200k de vélo). Tout est en place.
♥️ Cœur : Let’ go, gros sprint de 200/300m avant de calmer le jeu. Je nage absolument tout seul. Le vent s’est levé vers midi et les vagues aussi. Pas simple de nager là dedans. Le retour face aux éléments est un moment savoureux. Heureusement les kayakistes habillés en orange nous guident. Juste avant de sortir de l’eau je me fais reprendre par un gars. On fait la transition ensemble. Lui plus vite que moi... En natation, on a peu de repères d’allure, d’intensité ou de distance. C’est donc souvent le cœur et la motivation qui font la différence.
🧠 Cerveau : ... il part très fort et je lâche tout de suite du terrain. J’ai un plan de marche à suivre. Le parcours est encore une fois, pas vraiment adapté à mes qualités de “gros”. Et oui en triathlon dès que tu fais plus de 70kg, tu peux t’attendre à te faire allumer. 1500m D+ sur 85km, avec une boucle dont 2 bosses à faire 2x. Les dernières semaines n’ont pas été bonnes en vélo. De mauvaises sensations, un peu de fatigue m’obligent à revoir à la baisse mon niveau du début juin. La première bosse fait presque 7kms, je me cale à 310w sans m’affoler . Je ne vois déjà plus mon acolyte de la fin de natation.
J’entame la longue descente. Je comprends tout de suite que l’objectif ne sera pas d’aller vite mais de rester sur le vélo. Des rafales de vent viennent nous balayer en travers. Déjà que je suis mauvais en descente, mais là c’est catastrophique. J’alterne position chrono et assise, avec quelques frayeurs. Je crampe dans les muscles du haut du corps. Impossible de mettre de la puissance, zero plaisir. Une longue partie plate entre les deux bosses me remet dans la course. Je reste à 300w en essayant d’être techniquement irréprochable ( aérodynamique, pédalage). Je reprends un peu de plaisir. La deuxième bosse arrive et on m’annonce 1’30 sur le premier. Soit il est vraiment costaud, soit j’ai un patin qui touche (excuse de cyclistes en manque de forme). Je termine la première boucle, il y a un peu de public. Ca fait du bien après 1h12 passé seul. Le frérot me gu**le un peu dessus : 1’50 de la tête. Bon bon il va falloir faire quelque chose sinon je vais prendre un voyage. Je décide de sortir du plan de marche. La deuxième boucle est identique et la première bosse n’a pas changé. Par contre, moi je passe à 330w. Il faut essayer de revenir. Je fais la descente sans prise de risque. J’entame la partie plate aux alentours de 310w en position aéro. Virage à droite après un village et Hop comme par magie, j’ai de nouveau le premier en ligne de mir. J’ai repris un peu moins de 2’ en 15km. Ça valait le coup de mettre un tour de vis. Je prends la tête à 60km de l’arrivée. Je garde un bon rythme sur la partie plate pour me relâcher un peu sur l’ultime bosse. Je suis surpris de ne pas voir revenir quelques gros rouleurs. Une partie cycliste très moyenne. Je sais qu’avec des mecs plus costauds, ça ne passerait pas. La 2ème transition est lente. Je ne trouve pas mon emplacement, j’ai du mal à mettre mes chaussures...
Le cerveau, sur la partie cycliste, est le plus important. Il faut être intelligent pour ne pas trop en mettre, tout maintenant un gros rythme. La gestion de soi. La puissance (fameuses Watts) est une donnée nécessaire pour lisser au maximum son effort.
Co****es 🍆 : ... je pars en course à pied avec de très bonnes jambes. J’avais oublié la difficulté du parcours ( montées, descentes, racines). 4 boucles de 5km. Je me fais reprendre après 2k par le même gars qui était sorti avec moi en natation. M***e, j’aurai dû en mettre plus en vélo. On fait le premier tour ensemble. On a des infos bizarres, un coup on est 4e et 5e, un coup on s’est trompé de parcours. Je reste concentré sur ma course. J’avais fait la reconnaissance donc je sais que je suis sur la bonne route. Je me fais littéralement déposer sur les montées du 2ème tour. Je commence à baisser en intensité. Aïe aïe problème d’hydratation, de nutrition ? Je m’arrête au ravito pour prendre un gel, du coca et de l’eau. À l’attaque du 3ème tour, les sensations reviennent, les pulsations cardiaques recommencent à monter. Je reprends des concurrents qui entament leur premier tour. J’essaie de les encourager du mieux que je peux. J’espère voir Laura qui faisait elle aussi la course. 4ème et dernier tour, le frérot me dit que l’écart ne bouge pas. Bon on va continuer comme ça. J’arrive à relancer et je reviens petit à petit sur le premier pour le doubler dans le dernier kilomètre.
Je termine fort avec un dernier kilomètre à 3’30. Moyenne du 20k : 4’02/k. Le parcours n’était pas un chantier mais loin d’être un billard. Course à pied potable. Content de la résilience dont j’ai pu faire preuve dans cette discipline. Bizarrement, j’ai beaucoup travaillé en vélo cette année mais c’est à pied que je progresse. Avec le jeu des vagues successives, le bougre était partie 3’ derrière moi. Donc, je termine bon 2ème. Ça enlève pas mal de choses ces départs échelonnés et notamment la dynamique de course. Bientôt, on sera sorti de ce virus et tout reprendra correctement.
A l’arrivée, j’apprends qu’il y a eu une erreur d’aiguillage et que certains n’ont pas fait toute la distance prévue. C’est dommage, on aurait été peut être un peu plus à se bagarrer sur la fin. C’est dans l’adversité qu’on progresse donc c’était préjudiciable pour tout le monde. Brouhaha à l’arrivée, les arbitres, les concurrents, les organisateurs ne savent pas quoi faire. Perso je me suis amusé et bien donné, c’est le principal. Au final, ceux qui se sont trompés ont été disqualifiés. Je monte donc sur le podium avec un peu d’amertume de ce côté là.
Les co****es 🍆 en course à pied sont un élément prépondérant. On ne va pas se mentir, tout le monde est cuit à ce moment là , peu importe le niveau, peu importe le classement. Il ne reste plus qu’à prendre son courage à deux mains, débrancher le cerveau et mettre un pied devant l’autre.
Merci au Triathlon Toulouse Métropole pour l’organisation, malgré le petit couac, c’était top.