28/05/2026
Article du RL de ce jour…
Saint-Avold « Montrer les richesses de Dourd’hal » :
un chantier collectif pour redonner son éclat à la chapelle
Dans le quartier de Dourd’hal, à Saint-Avold, les bénévoles de l’association Sports et Loisirs de Dourd’hal (ASLD) ont entamé un important travail de restauration de la chapelle Saint-Sébastien. Fresques, vitraux, restauration de statues et mobilisation des écoliers… L’objectif est de faire découvrir l’histoire du lieu en l’ouvrant au public.
Karine Daub-Valentin, directrice de l’école maternelle, et l’artiste Constantin Chelmis, œuvrent à la réalisation des fresques murales (Photo Joan Moïse)
L’année 2026 est décidément très chargée pour l’association Sports et Loisirs de Dourd’hal (ASLD). Elle se montre aussi pleine de rebondissements pour ses bénévoles, qui ont fait du bicentenaire de la paroisse et du 190 e anniversaire de l’église de Dourd’hal et de la chapelle Saint-Sébastien, une priorité absolue.
La période électorale ayant rebattu les cartes et contraint l’association à revoir le calendrier de ses projets, l’heure est désormais à la reprise des travaux. Il y a fort à faire. Si Laurent Petitjean, responsable de la section patrimoine à l’ASLD, donne ce jour-là rendez-vous à la petite chapelle de style néo-classique, cela n’est pas un hasard. Depuis plusieurs mois, l’édifice est au centre de toutes les attentions.
Construite en 1832 « pour se protéger de l’épidémie de choléra que l’on confondait encore avec la peste », précise le bénévole, la chapelle retrouve peu à peu de son éclat grâce à l’énergie de ces amoureux d’histoire locale. Tout devra être achevé pour les prochaines Journées du Patrimoine , en septembre prochain, dont le thème s’imposera naturellement autour du bicentenaire.
Fresques et Intelligence artificielle
Depuis plusieurs semaines, l’artiste local Constantin Chelmis et Karine Daub-Valentin, la directrice de l’école maternelle de Dourd’hal, œuvrent à la réalisation de fresques « à l’italienne » sur les murs de la chapelle. Côté forêt, les visiteurs retrouveront une représentation de Saint Roch. « La chapelle apparaîtra telle qu’on a imaginé qu’elle était avant », glisse Laurent Petitjean. L’édifice a connu, en effet, plusieurs vies : abîmé par les obus américains en 1944, il avait été laissé à l’abandon avant d’être reconstruit, vers 1960, par des ouvriers mineurs. « Nous avons soumis le seul croquis dont nous disposions à l’Intelligence artificielle : puis, une personne qui était enfant à cette époque, nous a aidés à affiner le résultat en partageant ses souvenirs. » Le mur situé côté village accueillera Saint-Sébastien, représenté en soldat, « comme sur le monument aux morts ».
L’exercice exige patience et infinie minutie. « Les teintes doivent parfaitement s’harmoniser : les fresques doivent exister, sans pour autant agresser le regard ni imposer un message », nuance Constantin Chelmis, en maître des opérations. L’artiste a également mis son savoir-faire au service de la restauration de plusieurs statues destinées à rejoindre la chapelle. La restauration de l’autel, en cours, fait aussi partie du chantier.
Vitraux contemporains
Cette mise en valeur s’accompagnera de la pose de vitraux contemporains réalisés par le maître verrier Arthur Schouler. Issus de l’ancienne chapelle d’Hospitalor, ils étaient jusqu’ici stockés à l’abbatiale. « L’un d’eux est même signé », souligne Laurent Petitjean. Ils seront installés sous forme de triptyques, en remplacement des fenêtres actuelles.
En parallèle, les enfants de l’école de Dourd’hal ont eux aussi été associés à ce projet de restauration protéiforme. « Nous avons travaillé à la création d’une fresque qui sera apposée sur les murs, un peu à la manière d’un papier peint », explique Karine Daub-Valentin. Le thème retenu : les fleurs champêtres.
Derrière l’engagement des bénévoles, la volonté de rouvrir le lieu au public, aux randonneurs en partance pour Longeville-lès-Saint-Avold notamment. « Nous voulons montrer que Dourd’hal compte davantage de richesses qu’on ne l’imagine. Nous voulons permettre aux habitants de comprendre l’histoire du lieu. Car lorsque l’on comprend, on apprécie mieux ce qui nous entoure. »