31/03/2026
Lettre à BENJAMIN
Un enfant d'ESCAPADE vient de nous quitter, c'est là ou pour lui tout avait commencé. Nous avons sans cesse suivi son parcours exceptionnel.
Seul le lycée SAINT MAURICE à ROMANS peut se prévaloir de son premier exploit. Un matin, une fois les élèves regroupés dans la cour centrale, il a de son sac sorti une chaine à maillons pour cadenasser le portail de l'entrée afin d'empêcher les professeurs d'y accéder. Acte rebelle, ou de jeune potache ? ou simplement pour évacuer un trop plein d'énergie débordante.
Lors d'un rassemblement habituel de plusieurs jours pour une compétition de blocs entre nous sur les bords du CHASSEZAC, Lise BILLON à joué à l'esthéticienne et sur le front de BENJI a stabilobossé à l'encre rouge < LA TEIGNE >. Surnom pas très élégant donné par ses camarades mais tellement expressif de sa hargne à rester accroché aux prises, le teigneux qui ne lâche rien. Il était plus petit que les autres mais plus fort que les autres. Puis, est venu le moment ou la montagne l'a appelé.
Aux biens et mal pensants qui s'étonnent de prendre un chemin qui nous brûle les ailes, BENJI a suivi les pas de Gaston REBUFFAT en allant de sa vie poser ses mains là ou ses yeux ont regardé.
De sa quête à réussir l'impossible, il l'a pensé, il vous l'a dit, il l'a fait. BENJAMIN tu as tout donné à la montagne et à défendre sa cause, à la magnifier, c'est elle qui t'as aimé, mais cette montagne que tu as tant aimé, elle n'avait pensé que trop tôt elle t'accueillerait pour te garder dans l'éternel refuge du silence.
De la famille d'ESCAPADE, de celle d'avant, de celle de hier, et de celle d'aujourd'hui, tu resteras à tout jamais dans nos cœurs.
La communauté montagnarde drômoise salue la mémoire de Benjamin Ribeyre, décédé dans l’exercice de son métier de Guide Haute Montagne mardi 24 mars, dans le massif de l’Oisans.
Originaire de la région de Romans sur Isère, Benjamin avait fait ses premiers pas d’alpinistes au sein du club ECRP et du Comité Départemental FFME de la Drôme.
Alpiniste surdoué, touche à tout boulimique d’escalade, de cascades de glace, de ski, Benjamin avait pris goût très jeune à la chose montagnarde, et son enthousiasme n’avait d’égal que son appétit pour les nouveaux projets en montagne. A tel point qu’à l’âge de 20 ans, il quitte la Drôme et décide de s’installer au pied de la Meije, à La Grave, pour parfaire ses compétences et préparer son diplôme de guide de haute montagne qu’il obtiendra quelques années plus t**d.
Reconnu par ses pairs, il avait fait partie de la très sélective équipe des patrouilleurs de La Grave, et avait présidé la compagnie des guides Oisans-Ecrins. Il était également à ses heures journaliste pour la presse montagnarde.
Sa disparition brutale, dans un endroit qu’il chérissait tant, laisse un vide douloureux pour tous ceux qui l’entourent.
Toutes nos pensées vont à sa famille et à ses proches.