02/06/2026
Je remercie Serge DELAUNE de m'avoir proposé d'intervenir en tant que chorégraphe sur ce projet Terre d'Eau à Fécamp, pour lequel j'ai choisi de rester dans la continuité de notre première collaboration autour de la déshumanisation. Ce thème interroge les limites de l'humain, le rapport à notre environnement. En tant que kinésiologue, je suis spécialiste de l'expression des émotions par le corps, et si j'accompagne mes consultants à un mieux être dans mon cabinet, je suis le premier témoin des stratégies qu'opère chacun d'eux, qu'il m'arrive de retranscrire dans mes pièces. J'ai choisi de travailler ce genre chorégraphique avec des non-danseurs, en me basant sur la gestuelle quotidienne. Le butô est un art chorégraphique né au Japon dans les années 60 pour exorciser les souffrances associées aux explosions d'Hiroshima et Nagasaki. Je trouve que c'est un art sans pareil pour se libérer des traumatismes émotionnels. Le travail par la lenteur favorise l'introspection, le regard sur soi-même. Il met l'accent autant sur la physionomie que sur le mouvement et le développement du mouvement lui-même et non l'aboutissement de celui-ci. Le mouvement est la transformation d'un volume dans espace et un temps donné. Cette approche dansée est un regard sur la transformation des corps mais aussi de la transformation intérieure, tous nous sommes sentis modifiés au plus profond de soi, et ceux qui avait besoin de se guérir ont trouvé un chemin pour s'apaiser.
Ici, je propose une exploration du rapport entre les réalités et les principes de la nature s'adaptant ou s'opposant aux besoins et principes de l'humanité, posant entre autre la question de l'impact sur la nature et ce qui est à préserver d'elle : faut-il préserver de la nature uniquement ce qui sert à l'humain ou bien la nature est-elle à considérer non plus au service de l'humain mais comme un univers dont l'humain fait humblement parti?
Il résulte de cette pièce une aventure humaine extraordinaire qui laisse des souvenirs toujours vivants.