21/06/2026
Mal à l’amer
J’ai le mal de mer dans cette foule compacte.
La lumière, les cris stridents, les coquillages échoués sur le sable, brisés comme ces morceaux de moi : tout me paraît de trop.
Parfois, je me demande pourquoi je ne suis pas comme tout le monde.
Tous ceux qui ne me ressemblent pas.
Pourquoi je n’aime pas la lumière, les cris stridents, les coquillages échoués sur le sable, les parasols ouverts sur des corps absents.
Mais je me demande aussi si cette idée ne me vient pas des autres.
De ceux qui ne comprennent pas ma différence et voudraient que je leur ressemble.
S’ils savaient…
S’ils savaient que c’est dans la solitude que je me sens le plus entourée,
s’ils savaient…
S’ils le ressentaient…
S’ils savaient comme je vis sereinement
quand la menace est loin, que les oiseaux chantent et dansent, et que je les entends,
que la mer sent la mer et non la crème solaire,
que les coquillages sont encore vivants.
Aujourd’hui, on me reproche de ne pas aimer la mer.
Mais ce n’est pas la mer que je n’aime pas.
Je n’ai pas le mal de mer,
Mais le mal à l’amer.
(Finalement tout ce texte ne sert à rien. Ce qu’il faut retenir, c’est la dernière phrase.)
Je regarde le monde à travers la fenêtre de mon âme.