27/11/2016
La relève :
La succession fut assurée par son fils Takeda Tokimune qui fut très tôt discipliné dans l’utilisation corporelle au travers du principe d’aiki jujutsu. Une anecdote rapportée par Katsuyuki Kondo sensei, le montre bien. Sokaku infligeait à son fils des corvées où il fallait coupées des troncs d’arbres sous une température de -30 en utilisant une toute petite scie. Cette exercice avait pour but de forger les tendons des genoux, chevilles et hanches ainsi que la souplesse de la mobilité colonne vertébrale en un seul mouvement. Réchauffer le corps et sentir tout le fluide énergétique se restaurer dans son corps. Du fait qu’il était le fils du fameux Sokaku, il fit preuve
d’une inlassable énergie et d’un dévouement à la pratique que tout le monde admirait.
Il pratiquait ans relâche afin de développer le Daito ryu aiki jujutsu dans tout le Japon, n’hésitant pas à se déplacer dans tout le Japon.Tokimune était très différant de son père, un caractère plus doux, abordable et très diplomate. Policier de carrière,
il avait lui aussi l’expérience du combat et de l’application réelle des techniques et enseignement de son père.
Il construisit un dojo, le Daito-kan, et commença à structurer l’enseignement de son père apportant ainsi un grand nombre d’innovations notables. La première est la classification des termes techniques avec une progression technique plus logiques que ceux utilisés par son père dans le premier makimono le Daito-ryu aiki-jujutsu hiden. Il remplaça les anciens noms par de nouveau plus logiques pour l’apprentissage. Il créa un système de grades et de diplômes qui n’existait pas du vivant de son père.
La raison est que pour avoir un kyoju-dairi et les makimono il faillait au moins vingt de pratique d’un seul groupe de technique, ce qui à notre époque était difficilement concevable pour intéresser les nouveaux élèves. Ces derniers auraient arrêtés, et Tokimune rapportait souvent que beaucoup arrêtait même après 20 de pratique ou après avoir reçu leur grade. Il fallait continuer la pratique en solitaire et non se restreindre à faire des séminaires et se rendre au dojo afin d’enseigner. Ce n’est pas ce que son père lui avait transmis. Tokimune était bien placé pour penser cela car il avait l’expérience de celui qui fut le témoin du nombre de personnes qui venaient voir son père...
Ainsi le système grades permettait de donner des « bonbons » à ceux qui attachaient plus de valeur à une reconnaissance fictif plutôt qu’à une réelle est sincèr pratique qui se fond sur la continuité. En ce qui concerne l’enseignement, bien qu’il fut un homme d’une grande amabilité, il n’enseignait pas du tout le principe secret de la technique ou encore la technique tel qu’il l’avait reçue de son père. En effet, il disait à Katsuyuki Kondo, son unique successeur : «il ne faut jamais enseigné la vrai technique ni la montrer car elle peut être utilisée contre toi un jour. Il faut être sûr de la personne à qui tu vas la transmettre. C’est pour cela qu’il y a toujours un seul successeur ».
« Aussi il faut savoir arrangé la technique pour quelle soit efficace sans jamais montré sa véritable efficacité »....
Un enseignement très herméneutique, profond, de ce que son père lui avait légué. Tokimune avait gardé le secret de son père tout en diffusant la face la plus visible et attrayante du Daito-ryu aiki-ujutsu. Si c’est bien le cas, on peut se poser la question
sur la nature profonde de ce qui nous est présenté par beaucoup qui pense avoir compris ou pratiqué l’aiki ju-jutsu en faisant quelque séminaires...
La rencontre avec Katsuyuki Kondo allait changer le cours de la vie de Tokimune. Katsuyuki avait déjà pratiqué avec Kotaro Yoshida (1871-1947) qui fut celui qui présenta Sokaku à Ueshiba alors qu’il vivait en Hokkaidô. Kotaro avait reçu un Kyoju-dairi des mains de Sokaku, il avait enseigné entre autre à Oyama, le fondateur du Kyokushinkai. C’est sous l’introduction de Kotaro que Katsuyuki commença la pratique sous la férule de Tokimune. Katsuyuki n’hésitait pas à se rendre pour de longue période en tant que Uchi deshi au Daito-kan dans l’hokkaido pour suivre l’enseignement de Tokimune.
Faisant preuve d’une soif de recherche et de pratique peu commune, peu à peu il entra dans le cœur de Tokimune. Celui-ci lui délivra le Kyoju-dairi et Katsuyuki ouvrit un dojo à Chiba tout près de Tokyo. Lors de l’inauguration du dojo, des noms prestigieux comme Kisshomaru Ueshiba, Gozo Shioda, Tokimune, et encore beaucoup d’autres, étaient présents. Parallèlement à sa pratique assidue du Daito-
ryu aiki jujutsu, n’hésitant pas à inviter Tokimune lui-même pour des cours particulier, Katsuyuki faisait la collection de tout document, manuscrit sur le Daito-ryu ayant appartenu à Sokaku ou as ses premiers élèves.
Cherchant même jusqu’à acquérir les armes et effets personnels de Sokaku. Ainsi, Katsuyuki possède les densho et premières photographies montrant l’art de Sokaku tel qui l’a transmis à Hisatakuma. Ce dernier avait demandait à Katsuyuki de
reprendre la succession de son école mais suivant déjà l’enseignement de Tokimune .
il dut refuser cet immense honneur. Ceci montre que déjà des élèves de Sokaku, et pas des moindres, avait déjà pensés à lui pour la reprise de leur dojo. Il possède aussi toutes les notes techniques et calligraphie de l’amiral Takesh*ta et Asano qui avaient tout deux compilé toutes les techniques étudiées sous la férule de Sokaku. Ces documents sont des sources historiques très estimables pour avoir une compréhension d’une des nombreuses facettes de l’art de se mouvoir de Sokaku.
Katsuyuki sensei a tout entreposé dans une salle faisant office de musée qui se trouve au dessus de son dojo privée à Chiba. Lors de notre conversation j’ai eu l’immense privilège de pouvoir approché tout ces magnifiques documents et objet qui sont les témoins d’une histoire incroyable celle de Sokaku et du Daito ryu aiki jujutsu. Il possède aussi une très belle collection de calligraphie de Yamaoka Tesshu (1836-1888).
Après avoir perdu sa femme, rongé par la maladie, Tokimune sentant son heure proche décida d’offrir la succession du Daito-ryu aiki-jujutsu à la seul personne qui
avait les valeurs morale et l’envergure technique qui faisait l’unanimité au sein des plus vieux élèves de Sokaku encore en vie, Katsuyuki Kondo. Depuis, Katsuyuki Kondo occupe le rang de soke du Daito-ryu et représente la référence technique et
historique incontournable pour l’étude du Daito-ryu aiki-jujutsu authentique.