21/02/2026
Kundalini yoga, TDAH et neuro-atypie : récit d’un retour à soi
Je vis avec un TDAH.
Avec tout ce que cela implique : les contraintes, la dispersion, les listes infinies, les émotions trop fortes… mais aussi l’intensité, la créativité et cette force vitale qui fait que je ressens tout profondément.
Il y a quelques années, j’ai découvert le Kundalini yoga.
Au début, je n’étais pas assidue. Bien au contraire. Avec mon TDAH, cela me semblait une perte de temps. Je ne comprenais pas cette pratique, cet univers, ces rituels.
Puis, avec le temps, j’ai appris à découvrir, à aimer, à me laisser couler dedans.
Je suis une grande hypersensible. Longtemps, je ne savais pas m’accueillir là-dedans. Ma sensibilité et ma vulnérabilité m’étaient étrangères. Aujourd’hui je suis coach personnelle et professionnelle, spécialisée en pédagogie adaptée et en neuro-atypie, et je ressens le besoin de parler du chemin qui m’a menée ici.
Le Kundalini yoga, avec ses kriyas (séries d’exercices associant mouvement, respiration et concentration), ses méditations, ses respirations, ses relaxations, ses dépassements de soi, m’a transformée.
Le Kundalini Yoga, ou yoga de l’énergie, vise à réveiller la Kundalini, l’énergie vitale à la base de la colonne vertébrale. Il combine mouvements, respirations, méditations, mantras et relaxations pour harmoniser le corps, le mental et l’énergie. Bien qu’il existe peu d’études sur le TDAH ou la neuro-atypie, une étude pilote a montré que cette pratique pouvait aider à améliorer l’attention et réduire l’impulsivité, apportant un soutien intéressant aux personnes neuro-atypiques. ✨
J’ai partagé ma vie avec une personne extraordinaire, passionnée de Kundalini yoga. Elle respirait cette pratique. Elle la vivait, la chantait, la dormait presque. Moi qui n’y connaissais rien, je lui demandais de traduire les mantras (sons ou phrases répétées pour canaliser l’attention et l’énergie), de peur d’invoquer quelque chose de mauvais.
J’avais peur d’avoir peur. Cette peur qui m’a accompagnée toute ma vie.
Toutes ces fois où j’étais trop dans ma tête.
Dépassée par mes émotions.
Avec ma centième to-do list.
Une nouvelle idée. Une obsession.
Cette personne était là pour me ramener dans mon centre : une respiration, une méditation, une sadhana (pratique quotidienne spirituelle, souvent au lever du jour, pour se reconnecter à soi). Parfois j’y arrivais, parfois c’était trop dur.
Puis un jour, j’ai réussi à tenir une constance avec la méditation Sa Ta Na Ma (mantra méditatif qui symbolise le cycle de la vie : naissance, existence, transformation, renaissance).
Chaque jour, je sentais l’énergie circuler dans mon corps. Je me sentais plus apaisée. Plus ancrée. Plus présente.
Vivre avec un TDAH — ou toute autre atypie — n’est pas simple. C’est le challenge d’une vie.
Et bien souvent, le TDAH ne vient pas seul : il s’accompagne parfois d’autres particularités, comme les troubles dys, les difficultés d’apprentissage ou certaines hypersensibilités, rendant le chemin encore plus complexe, mais aussi profondément singulier.
Je parle ici de mon expérience : de quelqu’un qui a vécu longtemps à côté de ses émotions, à côté de son corps. Quelqu’un qui ne l’aimait pas vraiment. Le regard des autres était trop important.
Je ressentais trop. Toujours trop.
On me disait de ne pas pleurer, de ne pas faire de bruit, de ne pas prendre de place. On m’a jugée, critiquée. J’avais honte de ne pas savoir qui j’étais, de ne pas savoir quoi faire de ma vie, de ne pas savoir m’auto-réguler.
Commencer une tâche et en lancer cinq autres.
M’obséder pour un projet, pour une formation, pour une idée.
Payer une formation… et ne jamais la finir.
Manger la même chose pendant des jours… puis en être dégoûtée.
Me passionner… puis m’épuiser.
Le TDAH, c’est aussi ça.
Mais c’est aussi une force vitale immense. Une capacité à ressentir et vivre tout à fond.
Alors quel lien avec le Kundalini yoga ?
Ce yoga est souvent perçu comme étrange : des gens habillés en blanc, des postures inhabituelles, des chants inconnus. C’est exactement ce que je pensais au début. J’étais pleine de jugements, mais surtout pleine de peur.
Et pourtant…
Au fil des années, j’ai rencontré plusieurs enseignants de Kundalini yoga. Des femmes et des hommes très différents, avec leurs parcours, leurs cultures, leurs histoires. Mais tous portaient la même vibration : une passion sincère pour l’humain, une bienveillance profonde, et une volonté de transmettre sans imposer.
Chez chacun d’eux, j’ai retrouvé ce regard qui accueille sans juger. Cette manière de rappeler que la pratique n’est pas une performance mais un espace de rencontre avec soi. Leur présence m’a appris que le Kundalini yoga n’est pas une méthode figée, mais un chemin vivant, incarné, partagé. 🤍
Pour une personne TDAH, le matin est déjà un combat. Le cerveau démarre à mille à l’heure. Les pensées surgissent avant même d’ouvrir les yeux : l’anxiété du monde, les tâches à faire, les lettres administratives, les idées de repas, les projets en attente.
Alors se lever tôt, rester silencieuse, prendre une do**he froide, méditer, entrer dans une sadhana… c’est un défi énorme.
Mais une fois sur le tapis, quelque chose change.
Oui, parfois je pars dans mes pensées, je m’imagine ailleurs, sur une autre planète. Oui, je perds la concentration. Mais une posture, un mouvement, le regard bienveillant de l’enseignant, et je redescends dans mon cœur. Juste un instant. Et cet instant suffit.
Le Kundalini yoga est un espace où tout est accueilli.
Il n’y a pas de jugement sur la souplesse du corps.
Ni sur la voix quand on chante.
Ni sur l’état émotionnel du moment.
On est accueilli tel qu’on est.
Aujourd’hui, je ne suis toujours pas parfaitement assidue. Certains jours, la pratique me demande trop d’énergie. Mais je vois clairement ce qu’elle m’apporte : plus d’apaisement, plus de présence, plus d’amour pour mon corps.
Les mantras m’accompagnent maintenant dans la journée. Quand je me sens envahie par mes émotions, je me reconnecte à leur vibration. Ils me ramènent au cœur.
Ce texte n’est pas une invitation à pratiquer cette voie.
C’est simplement mon histoire.
Je suis Sarah Malek, née en France, d’origine marocaine kabyle, profondément attachée au Canada, pays qui m’a vue évoluer et m’émanciper, là où j’ai découvert le Kundalini yoga avant de le pratiquer en France puis au Maroc.
Merci à cette personne incroyable qui m’a reconnue, vue, aimée, et qui m’a montré le chemin. Aujourd’hui je continue seule. Parfois dans le brouillard. Mais comme je le dis souvent : tant que je vois mes pieds, je continuerai d’avancer.
Le TDAH ne résume pas qui je suis.
Mais il fait partie de ma danse.
Et oui, on peut danser en étant neuro-atypique.
Mais cela sera pour un autre texte.
Sat Nam — la vérité est mon identité.
Sarah Malek 🌈
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Révéler les singularités.
Élever les consciences.
Transformer la différence en force. ✨