19/08/2021
On peut lire l’aphorisme qui suit dans les Yoga Sutra de Patanjali “Sthira sukham asanam”, traduit par “un asana doit être ferme et confortable”. Ces 3 mots définissent ce qu’est un asana, une posture de Yoga. Tout pratiquant doit se servir de cet aphorisme pour respecter les limites de son corps lors de sa pratique. L’une des postures assises les plus classiques, “sukhasana”, aussi appelée parfois (improprement), posture “facile”, constitue à la fois l’une des postures les plus simples et l’une des plus exigeantes. Pourtant, sukhasana consiste uniquement à croiser les genoux, et à poser ses pieds sous chacun des tibias opposés.
D’abord, le mot sanskrit “asana” rappelle le mot français “assise” (les mots “assiette” et “asseoir” ont une origine commune). La locution “ne pas être dans son assiette” montre que l’assise nous révèle très rapidement notre état d’esprit et notre façon d’être. En effet, une posture assise peut servir d’ancrage au mental afin de le stabiliser dans le moment présent.
Dans les postures assises, l’immobilisation de notre base est primordiale, car elle va nous invite à l’immobilisation de notre mental. Sukhasana, comme les autres postures assises, permet au pratiquant d’être dans un engagement musculaire moindre et donc travailler davantage sur le relâchement et l’assouplissement.
Sukhasana est la posture par excellence de méditation, qui représente l’immobilité du corps, supposé refléter une immobilité interne si la posture est faite dans l’aisance et la fermeté, comme l’aphorisme de Patanjali le demande, et c’est là toute la difficulté : garder l'équanimité, le calme intérieur et extérieur sur la durée. A partir du moment où l’effort diminue, l’esprit repart en vagabondage. Sukhasana est la reine des postures de Yoga, et d’endurance.