03/08/2021
Emile Ecuyer (1881-1952), le porte-drapeau curtivessien
En cette période d’olympiade et pour fêter le passage symbolique des 1 000 abonnés (l’Emile…) aux Aindinois colorisés (et merci surtout !), je vous propose un petit article sur celui qui fut le porte-drapeau de l’équipe de France aux Jeux olympique d’été de 1920.
Emile Gustave Ecuyer est né le 18 avril 1881 à Corveissiat, au nord du département de l’Ain, dans le Revermont et à la frontière avec le Jura. Il est le premier enfant de Marie-Philibert Ecuyer (1852-1902), maréchal ferrant du village, originaire d’Aromas (Jura), et de Marie-Françoise Tabourin (1855-1936), native d’Oyonnax. Deux autres enfants suivent Emile : Marie-Amélie-Eugénie Ecuyer (1883-1956), mariée à Aimé Zirotti (1880-1950), et Louis-Michel Ecuyer (1885-1888), mort en bas-âge.
Du haut de son 1m79 à ses 20 ans, taille plus qu’honorable pour l’époque, Emile, devenu, comme beaucoup, ouvrier en peignes à Oyonnax, se destine à la gymnastique puis à l’athlétisme. Depuis l’âge de 10 ans, il est membre des Enfants du Devoir d’Oyonnax (EDO), nouvelle société sportive. En 1909, avec l’EDO, il devient champion olympique des sociétés françaises de gymnastique et champion de France au lancer du disque. En parallèle, il est récipiendaire de la coupe Félix Faure, consacrant l’homme le plus complet dans un ensemble de disciplines.
La Première Guerre mondiale stoppe sa carrière sportive. Le 12 août 1914, il est mobilisé. Il a alors 33 ans. Il participera à l’entièreté du conflit jusqu’à sa démobilisation le 7 mars 1919, ayant été notamment au sein de la 82e Brigade d’Infanterie puis du 2e Groupe d’Aviation dès le 7 juillet 1915. C’est comme soldat de la 82e BI qu’il obtient une citation à l’ordre, lui attribuant ainsi une Croix de Guerre avec étoile de bronze : « A été volontaire pour aider l’officier chargé de ramener dans les lignes le corps de son colonel tué à 5 mètres de l’ennemi, malgré le danger auquel il se sentait exposé ».
De retour à Oyonnax, où il vit rue René Vidart (objet du premier article de cette page des Aindinois colorisés…), il reprend ses activités sportives. Déjà avant la fin de la guerre, il devient champion de France du lancer de disque en 1918 avec un jet à 34,40 mètres. En 1919, il est champion de France militaire.
C’est dans ce cadre qu’il est sélectionné à 39 ans pour les Jeux olympiques d’été de 1920 qui se déroulent à Anvers (Belgique), obtenant la fierté suprême d’être nommé porte-drapeau de l’équipe de France, comme le seront d’autres aindinois (Alain Giletti en 1952, Benoit Carrara en 1960 et Daniel Morelon en 1976). Lors de l’olympiade, il termine 14e avec un lancer à 36,10 mètres, plus loin que lors de son titre de champion de 1918 mais insuffisant pour la compétition internationale : de l’histoire sportive, aucun français n’a remporté l’or olympique dans cette discipline, à l’exception de Micheline Ostermeyer (1922-2001) en 1948. A titre de comparaison, en 1920, le record du monde du lancer de disque était de 47,58 mètres, détenu par l’américain James Duncan (1887-1955). En cette année olympique, la France terminera 8e avec 41 médailles dont 9 en or.
En 1921, il bat son record personnel avec un lancer à 41,64 mètres. Sur l’ensemble de sa carrière, il sera sans discontinuer champion du Lyonnais entre 1908 et 1929.
Une fois sa carrière terminée, il reste dans le monde sportif notamment comme membre de la Fédération française de Gymnastique, président de l’US Oyonnax section omnisport, jury en gymnastique et athlétisme ou encore promoteur du rugby à Oyonnax.
Il se marie tardivement, à l’âge de 56 ans, à Oyonnax avec Jeanne-Pauline Favier (1888-1975), 49 ans. Emile Ecuyer meurt dans la même ville le 8 juillet 1952. Il avait 71 ans. Depuis, Oyonnax lui a attribué la dénomination d’une rue.
Photo : « Emile Ecuyer en 1920 », Agence Rol
Sources : Wikipedia, Archives départementales de l’Ain, usoathletisme.com