02/05/2019
LA DURÉE D’ENTRAINEMENT : DES CHIFFRES QUI PEUVENT AFFOLER, QUI AFFOLENT, QUI EXPLIQUENT BEAUCOUP.
Dans les sports collectifs professionnels, la médiane hebdomadaire en période de compétition se positionne sur 10 heures (matchs compris). C'est ce que je constate des suivis que je fais depuis plusieurs années dans de nombreux sports collectifs professionnels (football, volley, basket, hand, rugby, hockey ...)
10 heures, du début de l’échauffement à la fin du dernier exercice, ce qui veut dire que nous ne sommes pas à 10 heures de pratique. Nous sommes en réalité à beaucoup moins.
On me dit que c’est beaucoup, que les joueurs doivent récupérer. Plus les mois passent plus la fatigue s’accumulerait, et plus il faudrait réduire les volumes.
Mais il faudrait récupérer de quels efforts ?
Sur une semaine de 7 jours, il y a 1 journée sans aucune pratique (repos).
Reste 6 jours.
10 heures divisées par 6 jours nous donnent 1h40 par jour.
C’est-à -dire, dans la très grande majorité des cas, 1 séance par jour. Doubler régulièrement une fois n'est pas fréquent. Doubler deux fois reste très rare.
1h30 de pratique sur une journée qui en comporte 14h a minima (de 8h à 22h), c’est peu, très peu.
Que font les sportifs le reste du temps ?
Ils récupèrent ?
Mais de quels efforts ?
Comment peut-on préparer l’organisme du joueur à enchainer des matchs, plusieurs fois par semaine, plusieurs semaines de suite en s’entrainant aussi peu ?
Tenant compte du fait qu’enchainer les matchs, à cause des déplacements, perturbera le calendrier des entrainements ?
Comment peut réduire le risque de blessure en s’entrainant si peu ? J'ai vu des volumes horaires tomber à 6 heures en période dense de matchs.
On ne peut pas performer plus, plus souvent, aux bons moments en s’entrainant moins, ou peu.
Il faut s’entrainer plus, plus souvent et mieux.
Sans suivi multifactoriel, sans interprétation des données par des experts de l’entrainement, c’est impossible et la fatalité s’exprimera dans le discours des entraineurs, des directeurs sportifs, des présidents et des joueurs, laissant croire qu’un joueur ne peut pas enchainer les matchs, plusieurs fois par semaine, qu’ils ne peuvent pas faire 50 à 60 matchs dans l’année.
Les joueurs de sports collectifs ne sont pas des tennismans ou des tenniswomans pour qui les problématiques des fuseaux horaires, des hôtels, des vols long-courrier sont importants.
LE VRAI PROBLÈME DES SPORTS COLLECTIFS (mais pas que) EST LE SOUS-ENTRAINEMENT.
LES JOUEURS DE SPORTS COLLECTIFS SONT SOUS ENTRAINÉS CAR LEUR SUIVI EST SOIT INEXISTANT, SOIT PARTIAL.
LES JOUEURS DE SPORTS COLLECTIFS SONT SOUS ENTRAINÉS CAR LES DONNÉES NE SONT QUASI JAMAIS INTERPRÉTÉES PAR DES EXPERTS DE L’ENTRAINEMENT, DES ENTRAINEURS.
CONCLUSIONS ?
Elles sont simples :
1- Ils ne sont pas performants comme ils devraient l’être.
2- Ils ne blessent.
LE PLUS RAGEANT ?
Les sportifs peuvent s'entrainer plus. Bien sûr. AU d&ébut, c'est difficile, puis comme pour tout, ils s'adaptent, deviennent meilleur et ensuite, ce qui était soi-disant impossible devient possible.
PS : un nageur s'entraine plus de 24 heures par semaine, un jeune gymnaste plus de 20 heures, un cycliste encore plus , etc.
Qu'on arrête avec les spécificités qui justifieraient qu'il soit nécessaire de s'entrainer moins. J'entends ce discours à chaque fois.
L'AVENIR DU SPORT FRANÇAIS EST PRIORITAIREMENT DANS LE VOLUME D'ENTRAINEMENT.
De « Stéphane Morin »