21/12/2025
Quand j’étais cavaliere en club ( ...parisien , de surcroît) je ne rêvais que d’une chose : sortir du carcan du centre équestre.
Monter quand je veux.
Comme je veux.
Autant que je veux.
Être libre et indépendant , galoper dans les champs jusqu'à finir avec des moustiques coincés entre les dents , sans horaires ni moniteurs à sifflet.
Quarante ans plus t**d, le rêve est techniquement réalisé.
J’ai les chevaux à la maison. Une carrière ...
Même deux.
Mais dans la vraie vie, je passe plus de temps avec ma fourche et ma brouette qu'à cheval...bizarrement
( " On m'aurait menti ?")
Sur le papier pourtant, travailler seul, c’est le luxe absolu.
Tu choisis tes séances.
Tes objectifs.
Ta discipline.
Ton ambiance musicale.
Fini les mises en selle imposées, les séances de tape-cul surprises et les “allez, encore deux tours” quand ton corps a démissionné déjà 15 tours avant.
Quand on travaille seul, on ne fait que ce qu’on aime.
Le paradis.
Sauf que.... travailler seul à cheval, c’est un peu comme se couper les cheveux soi-même avec un miroir de salle de bain : au début on est très fier… et puis un jour on tombe sur une photo de soi et là c'est le coup de pelle en pleine tronche , côté tranche ( encore un !).
Parceque quand les années passent , les habitudes s’installent.
On devient très tolérant avec soi-même.
On développe une capacité exceptionnelle à expliquer pourquoi aujourd’hui, non, ce n’était pas le bon jour pour être précis, droit, exigeant.
Le cheval était un peu raide.
Le sol un peu profond.
Le vent pas coopératif.
Mercure en rétrograde... Toussa toussa.
Bref : tout est toujours sous contrôle mais le résultat n'y est pas.
Et comme on monte seul, personne ne vient gentiment te dire :
“Dis… ta jambe gauche, elle a décidé de vivre sa propre vie ou c’est un nouveau concept ?”
C’est là que les petites dérives naissent.
Celles qu’on ne sent plus ou qu’on justifie très bien.
La memerde qu’on ne voit pas… parce qu’on est dedans jusqu’au cou.
Travailler seul, même quand on monte depuis toujours, c’est risquer de devenir très bon dans ses propres travers..
Et c’est précisément pour ça qu’un intervenant extérieur est vital.
Pas pour te dire que tu es nul ( quoique pour certain ça peut être nécessaire)
Mais pour te dire que non, ton cheval n’est pas “naturellement comme ça”, et que non, ce n’est pas “ton style”, et que oui… ça peut être mieux. Beaucoup mieux.
Aussi doué que tu sois, n’oublie jamais une chose :
même Pénélope à un coach.
Souvent plusieurs.
Travailler seul, c’est confortable.
Être accompagné, c’est inconfortable.
Mais c’est souvent là que l’équitation prend vraiment forme.
les crins de verdure