10/06/2026
6 heures de Roche La Molière
Objectif important de la saison dans la foulée du marathon de Chinon qui s’était mal passé à cause d’un virus.
Le dernier 6 heures que j’ai couru c’était celui de l’année dernière à Thiers en solo et avec d’autres copains du club qui étaient eux en équipes. J’avais dû rendre les armes au moment où je prenais la tête de l'épreuve à mi-course à cause de mon genou qui n’en pouvait plus après 2 gros mois de prépa. J’avais tout de même fini mais en marchant pour terminer avec 57,34 kilomètres.
J’ai enchaîné assez tôt après le marathon, reprise tranquille à J+3, puis retour du seuil, une séance par semaine et une à l’allure visée pour les 6 heures à 4’45 au kil. Ajouté à cela 12’ de gainage quatre fois par semaine, petite routine matinale avant d’aller au boulot et enfin une séance de musculation hebdo du bas du corps, plutôt en force pendant 4 semaines.
J’ai pu placer deux blocs de 95km par semaine et j’aurai bien aimé avoir deux semaines de plus entre Chinon et Roche La Molière mais bon c’est comme ça, il n’y a pas pléthore de choix au niveau des 6 heures.
J’ai surtout travaillé sur un plan hydratation/nutrition en allant encore un peu plus dans le détail notamment au niveau des grammes de glucides par heure à ingérer. J’ai passé pas mal de temps sur le site de Nicolas Aubineau Diététicien Nutritionniste et testé la recette de la boisson énergétique en séance mais pas les gels encore.
Arrivé vendredi soir au stade en pleine « paella party » avec un peu de ret**d pour récupérer mon dossard, je suis reparti bredouille au gîte que j’avais réservé mais avec un départ de la course à 10h00, ce fut une péripétie vite oubliée. Repas classique à base de féculents, rien de neuf. Une nuit pas trop agitée, le gîte en pleine campagne c’est top pour ça, de toute façon j’étais prêt, il fallait juste un minimum de sommeil. Petit bémol, pas de compartiment freezer, important pour la suite 🧐
Debout à 6h55, petit déj des champions avec le classique bœuf au saté/riz cantonnais, café, gingembre confit.
A 8h20 départ pour le stade, parking pas très loin, accueilli par des gens adorables aux dossards, je repars avec tout ce qu’il me faut, je demande au ravito où je peux mettre ma glacière, bon j’ai pas bien compris la réponse qui fut : « dans le gymnase ». Euh ben non, ça va pas être possible je vais perdre un temps fou donc je la colle le long du mur sur le trajet de la course à côté de ceux qui font le 24 heures 🤫
Bon, c’est très bon enfant, très très convivial, je prépare mes affaires, organise au mieux les bouteilles que j’ai annotées dans l’ordre où j’ai prévu de les prendre. Les gels et barres amandes sont dans le cuissard et la ceinture porte-dossard. On est bien.
S’en suit l’appel de tous les coureurs à 9h30 pour la grande photo puis un hommage à un bénévole autour de la p*ste. La mise en place prend un peu de temps, du coup j’avale ma boisson d’attente et un premier gel pendant le déroulement. Pour la chauffe c’est pas très grave, il fait doux (18°) et y en a pour 6 heures !!
Il y a aussi un 12 et un 24 heures solo et par équipes et le « camping » est situé dans le circuit donc il y a beaucoup de monde autour du stade en plus des bénévoles. Comme à Barcelone, je sais qu’il se passera toujours quelques chose sur la p*ste ou en-dehors, pas le temps de s’endormir.
A 10h00, top départ un peu confus, pas vraiment de ligne de départ, on sait pas trop dans quel sens on part mais on part, le reste suit ! Comme je l’avais prévu je pars devant, voilà faut pas se cacher ni surjouer. Le plan initial était de maintenir 4’45/4’48 pendant 4 heures puis tenir ensuite la meilleure allure possible. La fourchette visée était entre 72 et 75km.
Les premières sensations sont très bonnes, il faut être très vigilant, il y a une partie caillouteuse où on peut y laisser une cheville entre cailloux et petites branches. La p*ste est en cendrée donc souple et le tour d’un peu moins d’un kilomètre est très très plat. En gros, le circuit c’est un tour de p*ste, on ressort et un tour à l’extérieur et on revient avec deux virages un poil serrés.
La première heure se déroule parfaitement bien, je choppe mes bouteilles au passage dans un emplacement avec le numéro de dossard (très bonne idée!) et je la repose au tour suivant. Le petit coup de flippe c’est cette douleur au genou qui fait une brève apparition mais qui a la gentillesse de ne pas insister. Je suis le plan, 4’45 .
On est deux-trois à se relayer en tête en fonction des ravitos surtout, eux s’arrêtent un peu pour boire ou manger contrairement à moi mais tournent un peu plus vite.
A la deuxième heure, je suis surpris par ma régularité je jette un œil à la montre au passage du tap*s de la puce et tout passe entre 4’46 et 4’44, la foulée est très bonne, un des 2 autres coureurs va un peu moins bien, on tourne à deux j’ai l’impression. Et déjà j’ai une petite envie pressante c’est un peu tôt dans la course, je n’ai prévu qu’un seul p**i stop. A chaque tour, il y a le classement des personnes qui viennent de passer mais comme il y a plusieurs courses, tu n’as pas le classement de ta course.
Je commets une petite erreur de bouteille avant d’attaquer la 3ème heure mais je ne m’affole pas et m’adapte. Je suis un poil trop rapide, je fais la 2ème heure à 4’44 de moyenne.
Il me semble que je tourne bien tout en ayant un peu levé le pied et mieux que les autres mais je reste focus sur la perf pour le moment, je suis sur les bases de 76,4km. J’attaque la 3ème heure encore frais, les jambes déroulent, je mange et bois ce qui est prévu, il faut faire gaffe aux accompagnateurs pas toujours disciplinés et qui traînent dans les virages sur le circuit...Je perds quelques secondes car il faut recharger les bouteilles dans mon emplacement numéroté et préparer les suivantes mais l’envie de p**i est passée.
On se croise souvent du regard et on s’encourage mutuellement avec le second, c’est très sympa. Je ralentis malgré tout l’allure, et termine en 4’52 la 3ème, je reste sur les bases de 75,4 km.
Le speaker, un peu absent annonce le classement et j’ai 4 tours d’avance sur le second et un de plus sur le troisième. Content même si ce n’est pas le but de ma course.
Je ne vois plus le 3ème, il marchait depuis un moment, dans le dur, il abandonnera hélas un peu plus t**d.
Je commence à sentir le soleil (mais pas encore le piège), il est 13h00 donc au zénith, il n’y a quasiment plus d’ombre dans le stade mais on a toujours un petit vent qui souffle, assez rafraîchissant quand il est de face. Depuis quelques tours, j’ai droit à des « Allez Flo » de la part d’un groupe qui doit accompagner un circadien, c’est sympa on ne se connaît pas du tout.
Je prépare la deuxième partie de course. Sauf que comme le pain de glace n’est pas gelé car pas de freezer, ben tout n’est plus aussi frais que prévu et la glacière en plein soleil et pas un coin d’ombre.
Donc les sushis frais c’est top, moins frais c’est moins top, les boissons idem. Tant p*s, j’en attrape deux et les mange en marchant et je sens bien qu’il faudrait mettre la casquette qui repose sur mon sac.
Evidemment je repousse l’initiative en me disant que je peux bien tenir encore, un tour, puis un autre etc jusqu’à ce que je n’ai plus le choix. Mais c’est trop t**d bien entendu, je perds le rythme, je sens bien que je commence à fatiguer, je vois que passe le marathon en 3h26, tout est encore possible. Mais le déroulement de mon plan m’échappe, je perds en lucidité, me speede alors que j’ai tout mon temps comme si je courais un 10 bornes, je n’ai pas touché à mes morceaux de pastèques découpés exprès pour cette partie de course, rien de plus rafraichissant que de la pastèque hein !!
La moyenne dégringole tout en restant à 5 au kil et je sais bien que je n’aurai pas les ressources pour tenir 72 bornes, la meilleure perf française à l’heure actuelle s’échappe aussi. Dommage ça m’aurait fait un beau souvenir.
Le reste de la course n’est que bataille. Quand je m’arrête au ravito je suis essoufflé comme un bœuf alors que j’alterne marche et course en mode Cyrano. J’alterne les boissons, il n’y a pas grand-chose qui me fait envie (si, le sirop de menthe, à noter) et je ne mange plus, j’ai l’estomac saturé mais je bois. Je marche pendant 50-60 mètres et je finis le tour en courant je tiens du 9,1 km/h, et la foulée n’est pas si dégueulasse que ça. Les « Allez Flo » sont vraiment les bienvenus !!
Je pense à la suite évidemment, j’ai pas trop envie d’abandonner, gagner serait déjà une belle récompense malgré tout et j’ai dit aux enfants que je ramènerai la coupe à la maison, donc il faut finir le boulot.
Je pense aussi à Albi, sur le coup, je me dis que c’est pas la peine d’y aller, on a tous des pensées débiles dans ces moments-là, mais en fait la seule décision que je prends pendant cette heure c’est de ne plus jamais faire ces courses seul parce que t’as beau avoir un plan ben ça fait pas tout et un œil ou un avis extérieur qui est là pour relativiser, gérer ton ravito, dire quelques mots, t'imposer de mettre ta casquette (et accessoirement de la crème solaire...) ça peut changer une course.
Donc j’irai à Albi si j’ai des accompagnateurs sinon je n’irai pas. Et aussi d’acheter ma prochaine paire avec encore une pointure de plus...
Avant d’attaquer la dernière heure, j’ai toujours une confortable avance, et donc j’vais pas vous mentir, la seule chose que je fais c’est gérer mon avance. Je panique même un ptit moment car le classement change le copain (Sébastien) n’est plus 2ème et je ne vois pas qui l’a doublé. Lors d’un tour où il marche je le reprends et il me désigne le 2ème de la course mais je ne sais pas combien j’ai d’avance et je suis à la ramasse complet à ce moment-là. Je vais voir le speaker pour lui demander qu’il redonne le classement mais n’a pas l’air de l’avoir. Quand je repasse au virage des supporters je leur demande s’ils l’ont aussi mais eux non plus, là aussi un accompagnateur ça rassure. Puis j’entends dans la sono qu’ il me reste 2 kils d’avance, en fait le seul objectif qu’il me reste c’est de laisser le deuxième derrière moi 😎
Et voilà ça tient, victoire 🥳!! Même si deux demi-courses n’en valent pas une bien gérée, je suis content de rentrer avec la coupe à la maison, RP au passage sur 5h56 et 64.3km soit 10.8km/h. Au podium, je sens un coup de moins bien, rien de méchant mais j’ai droit aux secouristes 🚑, je suis encore essoufflé, les gens sont aux petits soins, je me pose sur le brancard ça fait du bien, je ne peux rien avaler. De toute façon j’ai l’estomac à l’envers mais pas de nausées, sans doute en surchauffe comme tout le reste 🥵
Un bon quart d’heure plus t**d, la respiration est revenue à la normale, je laisse mes affaires au PC et vais me faire masser juste à côté, puis do**he dans un immense vestiaire pour moi tout seul. Je recroise Sébastien et discute un peu avec lui qui a souffert de crampes d’estomac tôt dans la course et qui visait 65km. Il finira avec 60,2 mais on a tous souffert du soleil et baissé de pieds en 2ème partie. Enfin, je vais voir « mon » groupe de supporters dans le virage pour les remercier de leurs encouragements, on discute un peu et je découvre qu’il y a 2 Nivernais par eux, ça doit être pour ça 😉
Maintenant, il reste la route à faire, trois heures de bagnole alors avant de prendre le chemin du retour, je m’octroie la récompense suprême : une mousse bien fraîche !!!
J’arrive à échapper au hoquet de justesse puis je file en me promettant de faire une pause toutes les 30 minutes (que je ne ferai qu’une fois) mais tout s’est bien passé.
Bon niveau négatif :
- mauvaise gestion de la météo pourtant connue, pas de crème solaire, casquette mise trop t**d et serviette éponge utilisée trop t**divement aussi
- estomac saturé comme souvent, finalement est-ce que je ne bois pas, trop en début de course ?
- chaussures trop petites, certainement encore un ongle de pied, voire deux, qui va tomber !
Pour le positif :
- ben une victoire déjà !!
- pas de hoquet et pas de diaphragme bloqué
- la première partie de course bien maitrisée, une foulée économe tout au long de la course, je ne me suis pas « écrasé » en fin d’épreuve
- la boisson de Nicolas Aubineau, un peu r***e mais qui passe bien
- il reste une belle marge pour aller plus loin encore
Pour la suite, quelques jours de repos, reprise lundi prochain mais à J+3 je n’ai déjà plus mal aux cannes, un dossard sur la foulée des 2 roches le 21 juillet (35km et 1000m de D+) en mode trail cool pour se changer les idées et voir du paysage au lieu de la même boule pendant 6 heures !!
Ensuite, en dehors du trail, les 6 heures de Thiers le 29 août qui devaient me servir de répétition pour Albi en mode gestion de course uniquement sans distance dans le viseur. Cela dit on sera en vacances en famille du 03 au 13 août avec repos complet pour moi donc je me demande si ça n’arrive pas trop tôt ou alors en duo (3h/3h) ou bien en solo mais sans la terminer, faire 4 heures puis stop mais de toute façon on sera nombreux du club donc ce sera un très bon moment comme l’année dernière.
Et puis le « big one » les 17 et 18 octobre à Albi avec déjà un accompagnateur, le Kiki qui m’a confirmé, pour le second (car même pour les accompagnateurs c’est très dur comme course c’est bien d’être au moins deux) on attend encore de voir si c’est possible en tout cas merci d’avoir répondu à ma sollicitation !! C’est toujours la barre des 200km qui est l’objectif et toujours pour Association - Baskets aux Pieds bien sûr !!
Parmi les nombreux messages d’encouragement et de félicitations, j’ai eu quelques questions dont celle-ci : « mais où est ta limite ? ». En ce qui me concerne, ce sont les projets. Le jour où je n’en aurai plus c’est que j’aurai considéré que j’ai fait le tour de la question et je poserai mes valises pour de bon je le sais 😱
Mais c’est pas pour tout de suite !!