21/09/2026
🦅 - TRAIL ORIGIN - Thierry Breuil, un vainqueur historique du Grand Trail
En 2009, Thierry Breuil décroche enfin cette victoire sur le Grand Trail des Templiers qu’il convoite depuis deux ans, auréolée aussi du titre de champion de France de Trail, qu’il empochera trois fois. A 54 ans, après une douzaine de sélections tricolores du steeple à la montagne, et même une victoire sur la Solitaire des Templiers, Thierry Breuil a changé de dossard, en devenant Team manager Kiprun. Et sous cette casquette, il a à nouveau « regagné » Millau en 2024 par Thomas Cardin interposé.
𝐋𝐞 𝐆𝐫𝐚𝐧𝐝 𝐓𝐫𝐚𝐢𝐥 𝐝𝐞𝐬 𝐓𝐞𝐦𝐩𝐥𝐢𝐞𝐫𝐬 𝟐𝟎𝟎𝟗 : 𝐥𝐚 𝐯𝐢𝐜𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐞𝐭 𝐥𝐞 𝐭𝐢𝐭𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐜𝐡𝐚𝐦𝐩𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐅𝐫𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐥𝐞 𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐣𝐨𝐮𝐫, 𝐝𝐞𝐯𝐚𝐧𝐭 𝐅𝐫𝐚𝐧𝐜𝐤 𝐌𝐚𝐧𝐭𝐞𝐥 𝐞𝐭 𝐓𝐡𝐨𝐦𝐚𝐬 𝐋𝐨𝐫𝐛𝐥𝐚𝐧𝐜𝐡𝐞𝐭. 𝐒𝐢 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐮𝐫𝐬𝐞 𝐝’𝐮𝐧𝐞 𝐯𝐢𝐞 𝐞𝐱𝐢𝐬𝐭𝐞, 𝐥’𝐚𝐬-𝐭𝐮 𝐜𝐨𝐮𝐫𝐮𝐞 𝐜𝐞 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐧-𝐥𝐚̀ ?
Définitivement, c’est ce qui m’a le plus marqué. Après deux années d’échec, j’avais fini par croire que je n’y arriverais jamais. De 2007 à 2009, je me suis davantage investi, en écoutant même les conseils de Thomas Lorblanchet — sympa de sa part ! Parce qu’elle m’avait résisté, je la voulais d’autant plus. Cela reste la plus belle chose qui me soit arrivée en course à pied.
« 𝐋𝐞𝐬 𝐓𝐞𝐦𝐩𝐥𝐢𝐞𝐫𝐬 𝐨𝐧𝐭 𝐜𝐡𝐚𝐧𝐠𝐞́ 𝐦𝐚 𝐯𝐢𝐞 », 𝐚𝐬-𝐭𝐮 𝐜𝐨𝐧𝐟𝐢𝐞́. 𝐄𝐧 𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐜𝐞 𝐥𝐞𝐧𝐝𝐞𝐦𝐚𝐢𝐧 𝐟𝐮𝐭-𝐢𝐥 𝐝𝐢𝐟𝐟𝐞́𝐫𝐞𝐧𝐭 ?
Facebook balbutiait et Strava était à peine connu en France. Après ma victoire, j’ai dû recevoir cinquante SMS — WhatsApp n’existait pas ! Pas la tournée des médias de Blandine après l’UTMB, mais une effervescence. En 2009, les Templiers avaient presque plus de valeur que l’UTMB, sans cette aura. Pour notre génération, le rêve n’était ni la CCC ni l’OCC : tout le monde voulait gagner les Templiers. Presque plus que le titre national.
𝟖𝐞 𝐩𝐮𝐢𝐬 𝐯𝐚𝐢𝐧𝐪𝐮𝐞𝐮𝐫, 𝟔𝐞, 𝟐𝐞 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐋𝐨𝐫𝐛𝐥𝐚𝐧𝐜𝐡𝐞𝐭, 𝟏𝟔𝐞, 𝟔𝟗𝐞… 𝐞𝐭, 𝐞𝐧 𝟐𝟎𝟏𝟖, 𝐥’𝐄𝐧𝐝𝐮𝐫𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐞𝐭 𝐥𝐞 𝐆𝐫𝐚𝐧𝐝 𝐓𝐫𝐚𝐢𝐥 𝐥𝐞 𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐰𝐞𝐞𝐤-𝐞𝐧𝐝 ! 𝐐𝐮𝐞𝐥 𝐝𝐨𝐬𝐬𝐚𝐫𝐝 𝐫𝐚𝐜𝐨𝐧𝐭𝐞𝐬-𝐭𝐮 𝐥𝐞 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐯𝐨𝐥𝐨𝐧𝐭𝐢𝐞𝐫𝐬 — 𝐞𝐭 𝐩𝐨𝐮𝐫𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐜𝐞 𝐝𝐨𝐮𝐛𝐥𝐞́ 𝐟𝐨𝐮 𝐚̀ 𝟒𝟔 𝐚𝐧𝐬 ?
Le plus frais — et sûrement le plus débile —, c’est 2024 : toute la course déguisé en chevalier Templier, dans la tenue fabriquée par ma mère pour 2011… Cette année-là, Lorblanchet et moi avions fini 2e derrière Andy Symonds. J’avais accepté parce qu’on ne gagnait pas : pour la victoire, nous nous serions arraché les tripes. Avec le casque en papier mâché, le bouclier et la chaleur, j’en ai chié une barre ! Mais c’était l’enfant que j’ai été, vivant ses rêves jusque dans des choses un peu débiles. Le doublé de 2018 ? Un autre défi, alors que je n’étais pas coureur d’ultra : qu’est-ce qui te fera te sentir vivant ?
𝟐𝟎𝟏𝟓, 𝐥𝐚 𝐒𝐨𝐥𝐢𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞 : 𝐞́𝐝𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 𝟎, 𝐩𝐚𝐫𝐜𝐨𝐮𝐫𝐬 𝐭𝐞𝐧𝐮 𝐬𝐞𝐜𝐫𝐞𝐭, 𝐞𝐭 𝐭𝐮 𝐠𝐚𝐠𝐧𝐞𝐬 𝐚𝐮 𝐦𝐞́𝐭𝐢𝐞𝐫 𝐚̀ 𝟒𝟑 𝐚𝐧𝐬. 𝐂𝐞 𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭 𝐥𝐞 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐩𝐮𝐫 𝐝𝐨𝐢𝐭-𝐢𝐥 𝐞̂𝐭𝐫𝐞 𝐫𝐞𝐬𝐬𝐮𝐬𝐜𝐢𝐭𝐞́ 𝐞𝐭 𝐞𝐱𝐩𝐨𝐫𝐭𝐞́ ?
Je n’étais pas vraiment en phase avec l’orientation ; le trail n’en étant pas. Aujourd’hui, je préférerais une trace et très peu de rubalise. Mais oui, ce retour aux sources me parlait : pas d’assistance, matériel minimaliste, lieu et heure presque inconnus, le bus, le discours de Gilles dans une grotte… Le coureur en 6h n’a pas les besoins de celui qui en met 12 : la sécurité, oui ; gommer la différence, non. Ce côté pionnier avait du sens. Je ne prône ni le trail intimiste ni celui où dix mille personnes partent ensemble.
𝐀𝐯𝐚𝐧𝐭 𝐥𝐞 𝐭𝐫𝐚𝐢𝐥 : 𝐬𝐭𝐞𝐞𝐩𝐥𝐞, 𝐜𝐫𝐨𝐬𝐬, 𝐝𝐞𝐮𝐱 𝐭𝐢𝐭𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐅𝐫𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐜𝐨𝐮𝐫𝐬𝐞 𝐞𝐧 𝐦𝐨𝐧𝐭𝐚𝐠𝐧𝐞 𝐞𝐧 𝟏𝟗𝟗𝟔 𝐞𝐭 𝟏𝟗𝟗𝟕. 𝐋𝐞 𝐭𝐫𝐚𝐢𝐥 𝐭’𝐚-𝐭-𝐢𝐥 𝐚𝐜𝐜𝐮𝐞𝐢𝐥𝐥𝐢 𝐨𝐮 𝐜𝐨𝐧𝐯𝐞𝐫𝐭𝐢 ?
(Réflexion)…accueilli. Tout a commencé par un cross scolaire gagné. Avant cela, natation et judo m’ennuyaient ; l’athlétisme m’a happé. Au stade, je voulais tout essayer. Interdit de m’entraîner tous les jours, j’y allais parfois seulement pour partager le vestiaire avec « les grands ». J’ai grandi dans cette culture : cross l’hiver, p*ste l’été, titres, sélections, maillot bleu. Champion de France junior en steeple puis espoir de cross, je rêvais des Jeux. En passant senior, j’ai compris que je n’avais pas le niveau : ne pas tricher, ne pas se doper, c’était l’accepter et chercher autre chose.
En 1996, j’arrive presque par hasard aux France de course en montagne : je n’en ai jamais fait. On me renvoie derrière dans le sas parce qu’on ne me connaît pas. Mince, je vaux quand même 30 minutes au 10 km ! Une heure plus t**d, je suis champion de France, puis 2e du Trophée européen. L’année suivante : nouveau titre à Espelette, le jour de mes 25 ans, puis 3e mondial. J’embrasse la montagne pendant dix ans. Avec Arnaud Fourdin, Thierry Icart ou Régis Roux, les sélections deviennent aussi une histoire de copains et de voyages. Et en 2005, on se promettra d’arrêter ensemble…
Le trail ? je le voyais grandir dans le mag VO2, quatre pages à peine : en 2006, je me lance sur les Gendarmes et Voleurs de Temps : 32 km et 1 000 m de dénivelé face à d’excellents marathoniens. Je gagne en 1h56’21’’. Adidas m’offre mon premier contrat financier… Le trail n’a effacé ni le p*st**d ni le montagnard : il a assemblé ma vitesse, le cross, la montée et la descente, puis m’a offert une seconde carrière.
𝐄𝐧 𝟐𝟎𝟐𝟒, 𝐓𝐡𝐨𝐦𝐚𝐬 𝐂𝐚𝐫𝐝𝐢𝐧 𝐬𝐮𝐫𝐯𝐨𝐥𝐞 𝐥𝐞 𝐆𝐫𝐚𝐧𝐝 𝐓𝐫𝐚𝐢𝐥 𝐞𝐭 𝐁𝐥𝐚𝐧𝐝𝐢𝐧𝐞 𝐋’𝐇𝐢𝐫𝐨𝐧𝐝𝐞𝐥 𝐦𝐨𝐧𝐭𝐞 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞 𝐩𝐨𝐝𝐢𝐮𝐦 : 𝐭𝐞𝐬 𝐚𝐭𝐡𝐥𝐞̀𝐭𝐞𝐬 𝐊𝐢𝐩𝐫𝐮𝐧. 𝐆𝐚𝐠𝐧𝐞𝐫 𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐚𝐠𝐞𝐫, 𝐪𝐮𝐞𝐥 𝐩𝐨𝐮𝐫𝐜𝐞𝐧𝐭𝐚𝐠𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐣𝐨𝐢𝐞 𝐝𝐮 𝐜𝐨𝐮𝐫𝐞𝐮𝐫 𝐜𝐞𝐥𝐚 𝐯𝐚𝐮𝐭-𝐢𝐥 ?
Impossible à chiffrer ! J’éprouve une énorme fierté à m’occuper d’eux et je m’y donne autant que, coureur, je m’étais donné les moyens de réussir. Je n’étais sans doute pas le plus talentueux. Si je n’ai pas fait mieux, c’est que je n’en avais pas les qualités ; en revanche, j’ai donné tout ce que j’avais, meilleur dans l’investissement et la pugnacité. J’avais faim ; on m’a rarement vu abandonner ou passer à côté.
Aujourd’hui, je déplore que cette vie soit terminée. C’est une mort dont on parle peu. De 10 à 45 ans, je n’ai connu que les week-ends à préparer le sac, voyager, retrouver les copains, puis l’adrénaline de la victoire et le journal du lendemain. Un jour, cela s’arrête. S’occuper des autres est la meilleure façon de rendre cette mort plus douce — ou plus belle. Je ne l’avais jamais imaginé ; c’est pourtant devenu la suite.
Je répète aux athlètes que je suis à 50 % pour Kiprun et à 50 % pour eux ; j’espère ne jamais passer à 51 %. Cette frontière se tient au quotidien : faire grandir la marque qui me fait vivre sans sacrifier ce qui sert l’athlète. Thomas ne m’appelle pas seulement pour des chaussures : il me demande comment je vois sa carrière. Je lui ai conseillé de s’internationaliser et d’allonger, parce que j’ai trop répété certaines courses nationales et raté ce virage, là où Lorblanchet a couru la Western States ou la Speedgoat et pris une autre dimension. Ensuite, Thomas décide ; nous croisons aussi les regards avec Philippe Propage. Le sommet de ce métier, c’est cette confiance : transformer ce que l’ancien athlète a vécu — et parfois manqué — en expérience utile.
𝐓𝐮 𝐚𝐬 𝐥𝐚𝐧𝐜𝐞́ 𝐮𝐧𝐞 𝐭𝐞𝐚𝐦 𝟏𝟎𝟎 % 𝐟𝐞́𝐦𝐢𝐧𝐢𝐧𝐞 𝐞𝐧 𝟐𝟎𝟐𝟐, 𝐚𝐯𝐚𝐧𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐡𝐨𝐦𝐦𝐞𝐬 𝐞𝐧 𝟐𝟎𝟐𝟒. 𝐂𝐨𝐧𝐯𝐢𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧, 𝐦𝐚𝐫𝐜𝐡𝐞́, 𝐨𝐮 𝐥𝐞𝐜̧𝐨𝐧 𝐫𝐞𝐭𝐞𝐧𝐮𝐞 𝐝’𝐮𝐧𝐞 𝐜𝐚𝐫𝐫𝐢𝐞̀𝐫𝐞 𝐚̀ 𝐥’𝐞̀𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐩𝐢𝐨𝐧𝐧𝐢𝐞̀𝐫𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐊𝐚𝐫𝐢𝐧𝐞 𝐇𝐞𝐫𝐫𝐲 ?
Au départ, honnêtement, c’était une idée marketing. Evadict, petite marque aux moyens limités, devait se faire connaître. Mon leitmotiv : être là où on ne nous attendait pas. Autour d’un café, j’ai lancé : « Aucune team au monde ne compte que des femmes. » Banco : recrute un entraîneur et dix filles, en plus de ton métier. Mais nous sommes vite devenus leurs défenseurs, et plus largement ceux de la place des femmes dans le trail. Contrats, accompagnement, primes : nous voulions corriger des choses mal faites jusque-là. La conviction s’est imposée dans l’action.
𝐐𝐮𝐞 𝐧’𝐚𝐩𝐩𝐫𝐞𝐧𝐝𝐫𝐚-𝐭-𝐨𝐧 𝐣𝐚𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞 𝐦𝐞́𝐭𝐢𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐭𝐞𝐚𝐦 𝐦𝐚𝐧𝐚𝐠𝐞𝐫-𝐫𝐞𝐜𝐫𝐮𝐭𝐞𝐮𝐫 ?
Tu me colles… Comment répondre à quelque chose que je n’ai pas appris ?! Je n’y arrive pas.
𝐄𝐭 𝐪𝐮𝐞𝐥 𝐜𝐨𝐮𝐫𝐞𝐮𝐫 𝐫𝐞𝐠𝐫𝐞𝐭𝐭𝐞𝐬-𝐭𝐮 𝐝’𝐚𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐥𝐚𝐢𝐬𝐬𝐞́ 𝐟𝐢𝐥𝐞𝐫 ?
Aie…je me méfie de la question : certains athlètes n’ont aucune envie que l’on sache qu’ils ont été approchés (sourire)…Mais je dirais Zach Miller. J’aime son côté fantasque, sa façon de sprinter jusqu’à la ligne. Il n’a pas refusé : nous n’avons simplement pas trouvé un programme qui parle autant à lui qu’à nous. Sans certaines courses, le projet n’avait plus de sens pour la marque.
𝐓𝐮 𝐚𝐬 𝐜𝐨𝐮𝐫𝐮 « 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 » 𝐃𝐚𝐰𝐚 𝐒𝐡𝐞𝐫𝐩𝐚 𝐞𝐭 𝐥𝐚 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞̀𝐫𝐞 𝐠𝐞́𝐧𝐞́𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 ; 𝐭𝐮 𝐦𝐚𝐧𝐚𝐠𝐞𝐬 𝐥𝐚 𝐭𝐫𝐨𝐢𝐬𝐢𝐞̀𝐦𝐞. 𝐐𝐮𝐞 𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐭𝐫𝐚𝐧𝐬𝐦𝐞𝐭𝐬-𝐭𝐮 𝐝𝐞 𝟐𝟎𝟎𝟗 ?
Pas grand-chose. Franchement, le trail a trop changé. Le trail fait son cinéma, et je n’aime pas cela. Pas pour jouer les vieux cons. Mais quand tu viens à Chamonix, toi qui aimes ce sport depuis longtemps, il y a quand même des choses qui doivent te piquer aussi, non ? (clin d’œil)
« 𝐋𝐞 𝐭𝐫𝐚𝐢𝐥 𝐞𝐭 𝐥𝐚 𝐟𝐚𝐦𝐢𝐥𝐥𝐞 𝐁𝐫𝐞𝐮𝐢𝐥, 𝐮𝐧𝐞 𝐡𝐢𝐬𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐝’𝐚𝐦𝐨𝐮𝐫 𝐪𝐮𝐢 𝐭𝐫𝐚𝐯𝐞𝐫𝐬𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐠𝐞́𝐧𝐞́𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 », 𝐥𝐢𝐭-𝐨𝐧. 𝐋𝐚 𝐫𝐞𝐥𝐞̀𝐯𝐞 𝐞𝐱𝐢𝐬𝐭𝐞-𝐭-𝐞𝐥𝐥𝐞 — 𝐞𝐭 𝐥𝐞 𝐦𝐚𝐧𝐚𝐠𝐞𝐫 𝐬𝐞𝐫𝐚𝐢𝐭-𝐢𝐥 𝐩𝐢𝐫𝐞 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐬𝐨𝐧 𝐩𝐫𝐨𝐩𝐫𝐞 𝐬𝐚𝐧𝐠 ?
Mon frère court toujours ; ma sœur s’y est remise. Ma maman courait aussi. Mon aînée, 28 ans, vient de terminer son premier marathon. Je lui ai proposé d’en choisir un dans le monde, à courir avec son papa — si elle en a envie ! Elle n’a jamais voulu que je l’entraîne. Porter le nom Breuil en Corrèze était difficile et j’étais sans doute trop élitiste. Le bon Dieu l’a punie : son compagnon adore le trail et l’entraîne ! (rires) Ma seconde fille court parfois. Comme père-manager, je ne dis plus rien : j’ai compris. En cas de blessure, j’aide à trouver un médecin ou une IRM. Je réponds à l’appel — sans prendre les commandes.
📝Julien Gilleron
📷 Pour l'édition 2024, Shoot'in Factory www.gregalric.com
Pour l'édition 2009 -marie Quemener