28/08/2026
𝐂𝐀𝐍 𝟐𝟎𝟐𝟕 (𝐏𝐚𝐫𝐭𝐢𝐞 𝟏) : 𝐃𝐞́𝐟𝐞𝐧𝐬𝐞 𝐛𝐞́𝐧𝐢𝐧𝐨𝐢𝐬𝐞, 𝐝𝐞𝐬 𝐚𝐛𝐬𝐞𝐧𝐜𝐞𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐟𝐨𝐧𝐭 𝐦𝐚𝐥 𝐞𝐭 𝐮𝐧 𝐯𝐢𝐯𝐢𝐞𝐫 𝐚̀ 𝐦𝐨𝐛𝐢𝐥𝐢𝐬𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐭𝐨𝐮𝐭𝐞 𝐮𝐫𝐠𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐚𝐯𝐚𝐧𝐭 𝐬𝐞𝐩𝐭𝐞𝐦𝐛𝐫𝐞 𝟐𝟎𝟐𝟔
Le 25 septembre 2026, les Guépards du Bénin entrent officiellement dans la course vers la CAN 2027 avec un programme de Groupe F qui semble abordable sur le papier, mais qui exigera une solidité défensive que l'équipe n'a pas vraiment démontrée ces derniers mois. Burkina Faso, Mauritanie, République Centrafricaine : deux places qualificatives à aller chercher dans ce groupe, et déjà une question qui s'impose avant même le premier coup de sifflet. Peut-on aborder ces échéances avec une défense aussi perméable que celle qui a encaissé 25 buts sur les 16 derniers matchs ?
𝐔𝐧𝐞 𝐝𝐞́𝐟𝐞𝐧𝐬𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐢𝐧𝐪𝐮𝐢𝐞̀𝐭𝐞
Les statistiques récentes dessinent un portrait défensif difficile à embellir, avec une moyenne de 1,56 but encaissé par rencontre sur la dernière période de référence. Ce chiffre, à lui seul, traduit une fragilité structurelle que les résultats contre les grandes nations africaines confirment semaine après semaine. Le Nigeria a infligé un cinglant 4-0 aux Guépards, le Sénégal a fait de même sur le score de 3-0, l'Égypte s'est imposée 3-1, et le Burkina Faso a également corrigé le Bénin à la même marque. À chaque fois que le niveau technique et l'intensité physique adverses augmentent, le bloc défensif béninois a tendance à se disloquer collectivement, laissant des espaces qui coûtent cher. Le 9 juin 2026, la défaite 5-1 concédée face au Togo, 119e au classement FIFA mondial, a constitué un signal d'alarme que le staff technique et la fédération ne peuvent pas se permettre d'ignorer à quelques semaines du début d'une campagne qualificative décisive.
𝐆𝐫𝐨𝐮𝐩𝐞 𝐅 : 𝐮𝐧 𝐜𝐚𝐥𝐞𝐧𝐝𝐫𝐢𝐞𝐫 𝐪𝐮𝐢 𝐧𝐞 𝐩𝐚𝐫𝐝𝐨𝐧𝐧𝐞 𝐩𝐚𝐬
Le tirage au sort de la CAN 2027 a placé le Bénin dans un groupe qui, au regard des forces en présence, reste accessible pour une équipe organisée et bien en place défensivement. Les deux premières journées de septembre opposeront les Guépards au Burkina Faso puis à la Mauritanie, deux adversaires qui n'ont aucune intention de faciliter la tâche. Le Burkina a déjà montré qu'il peut faire très mal à cette défense béninoise, et la Mauritanie, en progression constante sur le continent ces dernières années, constitue une équipe bien organisée que l'on aborde désormais avec beaucoup de sérieux. Dans un groupe à quatre équipes avec seulement deux places qualificatives, rater le départ en perdant des points dès les premières journées réduirait considérablement la marge de manœuvre pour la suite de la campagne.
𝐋𝐞𝐬 𝐚𝐛𝐬𝐞𝐧𝐜𝐞𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐟𝐨𝐧𝐭 𝐯𝐫𝐚𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐦𝐚𝐥
La difficulté supplémentaire à laquelle devra faire face Gernot Rohr tient au fait que plusieurs défenseurs habituels traversent simultanément des périodes délicates, ce qui réduit mécaniquement le nombre d'options fiables disponibles pour le rassemblement de septembre. Olivier VERDON, qui évolue avec Ludogorets en première division bulgare et figure parmi les rares défenseurs centraux béninois à disputer régulièrement les compétitions européennes, est suspendu et manquera probablement ce rassemblement. Mohamed TIJANI, annoncé sur le départ d'Yverdon Sport en Suisse, ne joue plus avec son club et traverse donc une période de sous-régime qui ne lui permettrait pas d'arriver en pleine forme en sélection. Cédric HOUNTONDJI n'est toujours pas pleinement remis d'une blessure persistante qui l'a éloigné des terrains depuis la saison dernière, tandis que Yohan ROCHE, fraîchement arrivé à Iraklis FC en Grèce, cherche encore le rythme et la régularité nécessaires pour peser à ce niveau. Quatre cadres potentiels simultanément hors de leur meilleure forme : c'est précisément la configuration qui oblige un staff technique à regarder ailleurs et à prendre des décisions courageuses.
Au-delà des indisponibilités, il existe un autre problème aussi ancien que récurrent dans la gestion du collectif béninois : le mauvais positionnement des joueurs, qui prive régulièrement l'équipe de la meilleure version de ses propres cadres. Un joueur replacé loin de son poste naturel, aussi talentueux soit-il, devient mécaniquement une source d'instabilité plutôt qu'une garantie de solidité. Les exemples récents sont parlants. Charlemagne AZONGNINTODE, défenseur central dans l'âme dont le profil physique et les automatismes sont construits pour lire et anticiper les situations dans l'axe, se retrouve parfois repositionné sur un côté, dans un couloir qui requiert des qualités athlétiques, une lecture du jeu et une projection offensive très différentes de ses attributs naturels. De même, Yohan ROCHE, défenseur central de formation, a été utilisé en tant que latéral gauche alors que le Bénin dispose précisément d'une génération d'arrières gauches naturels de qualité qui évoluent en Europe. Ces choix tactiques questionnables ne sont pas anodins : ils contribuent directement à déséquilibrer un secteur défensif déjà sous pression, en demandant à des joueurs de résoudre des problèmes pour lesquels ils ne sont simplement pas construits.
𝐋𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐥𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐞𝐱𝐢𝐬𝐭𝐞𝐧𝐭, 𝐞𝐧𝐜𝐨𝐫𝐞 𝐟𝐚𝐮𝐭-𝐢𝐥 𝐚𝐥𝐥𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐡𝐞𝐫𝐜𝐡𝐞𝐫
Il serait inexact de conclure de ce tableau que le Bénin est condamné à défendre avec des joueurs en manque de compétition ou de niveau. Le vivier béninois, pour qui prend la peine de l'examiner avec rigueur et sans préjugé, révèle des profils sérieux à tous les postes de la défense, qui n'attendent qu'un coup de téléphone pour porter les couleurs nationales avec la motivation des grandes occasions.
𝐃𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐛𝐮𝐭𝐬
Marcel DANDJINOU (Kruger United, D1 Afrique du Sud) et Serge OBASSA (Kano Pillars, D1 Nigeria) constituent les valeurs sûres à ce poste, avec suffisamment d'expérience du haut niveau africain pour assumer la responsabilité d'un rassemblement important. Mariano TCHINONVI, nouveau gardien de l'AS Maniema Union dans le championnat congolais, représente une option supplémentaire à considérer, tandis qu'en local, Rayyan LISSASSI, gardien des U23 en excellente saison avec Coton FC, mérite d'être suivi de près pour préparer la relève de ce poste.
𝐄𝐧 𝐝𝐞́𝐟𝐞𝐧𝐬𝐞 𝐜𝐞𝐧𝐭𝐫𝐚𝐥𝐞 : 𝐥'𝐮𝐫𝐠𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐞𝐭 𝐥'𝐨𝐩𝐩𝐨𝐫𝐭𝐮𝐧𝐢𝐭𝐞́
La défense centrale est, sans conteste, le poste le plus préoccupant à court terme, et paradoxalement celui qui recèle les opportunités les plus intéressantes si le staff accepte de regarder au-delà des choix habituels. Charlemagne AZONGNINTODE réalise une saison convaincante à TPS Jalkapallo en première division finlandaise, et Irenée GLELE, qui évolue en première division tunisienne, constitue une piste supplémentaire à étudier sérieusement.
Malgré sa suspension, le cas d'Olivier VERDON mérite d'être examiné avec attention, car il reste l'un des profils les plus complets dont dispose le Bénin à ce poste. Défenseur central de Ludogorets en première division bulgare, club régulièrement engagé en compétitions européennes, VERDON possède une expérience du haut niveau continental que très peu de défenseurs béninois peuvent revendiquer, et cette expérience sera précieuse pour les éliminatoires.
Mais les deux dossiers véritablement prioritaires méritent une attention particulière. Yannis NAHOUNOU, arrière central de l'AS Nancy en Nationale française, a confié selon 229foot.com son envie forte de représenter un jour l'équipe nationale du Bénin, ce qui constitue exactement le type de signal qu'un staff ne devrait jamais laisser sans réponse. Puis il y a Rayyan BANIYA, né le 18 février 1999 à Bologne, défenseur central d'1,94 m qui porte depuis février 2026 le maillot de Konyaspor en Süper Lig turque, après un parcours qui l'a conduit de Vérone à Fatih Karagümrük, puis à Trabzonspor où il a côtoyé l'élite du championnat turc. Son gabarit imposant, son agressivité dans les duels aériens et sa capacité à peser physiquement sur les attaquants adverses en font exactement le profil de défenseur central que la sélection béninoise cherche depuis des années pour stabiliser son bloc défensif. Le point décisif dans ce dossier est que Baniya possède la double nationalité béninoise et turque, qu'il n'a pas été convoqué par la Turquie depuis un moment, et que sa fenêtre d'éligibilité ne restera pas ouverte indéfiniment. Toutes les grandes sélections africaines ont construit leur compétitivité en puisant dans leur diaspora, du Maroc au Sénégal en passant par la Côte d’Ivoire, et le Bénin a aujourd'hui la chance d'accéder à un défenseur central de Süper Lig qui affronte chaque semaine les meilleurs attaquants de l'un des championnats les plus physiques d'Europe.
𝐒𝐮𝐫 𝐥𝐞 𝐟𝐥𝐚𝐧𝐜 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭
Taminou OUOROU a franchi un cap significatif en rejoignant le CSKA Sofia en première division bulgare, un club engagé dans les qualifications européennes qui lui offre une exposition au haut niveau continental particulièrement formatrice. Rachid MOUMOUNI (Sumgayit FK, D1 Azerbaïdjan) apporte une expérience internationale solide à ce poste, tandis que Rodrigue FASSINOU a lui aussi progressé en rejoignant l'AS Maniema Union dans le championnat congolais. Liam OMORE, néo-international qui réalise un bon début de saison à Kickers en troisième division allemande, représente une piste à surveiller pour les prochaines fenêtres, tout comme Euphrem HOUESSOU, qui évolue au SK Sokol Brozany en D3 de République Tchèque.
𝐒𝐮𝐫 𝐥𝐞 𝐟𝐥𝐚𝐧𝐜 𝐠𝐚𝐮𝐜𝐡𝐞 : 𝐥𝐚 𝐛𝐨𝐧𝐧𝐞 𝐧𝐨𝐮𝐯𝐞𝐥𝐥𝐞
C'est du côté gauche que le panorama défensif béninois devient le plus encourageant, grâce à une génération d'arrières gauches jeunes et prometteurs qui évoluent dans de solides championnats européens avec des perspectives de progression réelles. David KIKI a changé de club en Roumanie et continue d'accumuler du temps de jeu à l'étranger, mais les trois profils qui méritent toute l'attention du staff technique sont d'une toute autre envergure. Emran SOGLO, né le 11 juillet 2005 à Créteil, est un arrière gauche formé à Chelsea et passé par Marseille, évolue à SK Sturm Graz en première division autrichienne. À seulement 21 ans, son profil athlétique et sa formation dans des clubs exigeants font de lui un joueur à convaincre rapidement de choisir le maillot béninois. Aaron IBRAHIM (Royal Antwerp, D1 Belgique) et Koble YAO (SJK Seinäjoki, D1 Finlande) complètent cette génération d'arrières gauches modernes, capables d'évoluer dans des systèmes offensifs exigeants tout en assurant leurs responsabilités défensives.
𝐋𝐞 𝐬𝐭𝐚𝐟𝐟 𝐝𝐨𝐢𝐭 𝐦𝐚𝐢𝐧𝐭𝐞𝐧𝐚𝐧𝐭 𝐭𝐫𝐚𝐧𝐜𝐡𝐞𝐫
Le bilan de cette analyse ne laisse guère de place au doute sur un point fondamental : le Bénin dispose des ressources humaines nécessaires pour construire un bloc défensif compétitif, capable de réduire significativement cette moyenne de 1,56 but encaissé par match et de rivaliser avec les meilleures nations du continent. De Baniya à SOGLO, de NAHOUNOU à OUOROU, les profils sont là, identifiés, documentés, et certains sont motivés à l'idée de représenter les Guépards dans une campagne qualificative qui peut marquer un tournant pour le football béninois. Le Groupe F est accessible, les deux premières journées de septembre contre le Burkina Faso et la Mauritanie sont des matchs qui se jouent et se gagnent, mais cela suppose que Gernot Rohr et son staff fassent rapidement les choix courageux qui s'imposent, notamment sur les dossiers Baniya et SOGLO, sans laisser passer une opportunité que le calendrier footballistique ne représentera peut-être pas deux fois.
💬 𝐋𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐛𝐥𝐞̀𝐦𝐞 𝐝𝐞́𝐟𝐞𝐧𝐬𝐢𝐟 𝐝𝐮 𝐁𝐞́𝐧𝐢𝐧 𝐞𝐬𝐭-𝐢𝐥 𝐝'𝐚𝐛𝐨𝐫𝐝 𝐮𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐞 𝐣𝐨𝐮𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐝𝐞 𝐪𝐮𝐚𝐥𝐢𝐭𝐞́, 𝐨𝐮 𝐮𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐞 𝐜𝐨𝐮𝐫𝐚𝐠𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐡𝐨𝐢𝐱 𝐝𝐞 𝐬𝐞́𝐥𝐞𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐩𝐨𝐬𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 ?
💬 𝟓-𝟏 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐞 𝐓𝐨𝐠𝐨, 𝟒-𝟎 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐞 𝐍𝐢𝐠𝐞𝐫𝐢𝐚, 𝟑-𝟎 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐞 𝐒𝐞́𝐧𝐞́𝐠𝐚𝐥 : 𝐚̀ 𝐪𝐮𝐞𝐥 𝐦𝐨𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐆𝐮𝐞́𝐩𝐚𝐫𝐝𝐬 𝐯𝐨𝐧𝐭-𝐢𝐥𝐬 𝐞𝐧𝐟𝐢𝐧 𝐛𝐚̂𝐭𝐢𝐫 𝐮𝐧𝐞 𝐯𝐫𝐚𝐢𝐞 𝐝𝐞́𝐟𝐞𝐧𝐬𝐞, 𝐨𝐮 𝐝𝐨𝐢𝐭-𝐨𝐧 𝐚𝐜𝐜𝐞𝐩𝐭𝐞𝐫 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞 𝐁𝐞́𝐧𝐢𝐧 𝐬𝐨𝐢𝐭 𝐜𝐨𝐧𝐝𝐚𝐦𝐧𝐞́ 𝐚̀ 𝐚𝐭𝐭𝐚𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐞𝐱𝐢𝐬𝐭𝐞𝐫 ?
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Analyse produite par Wal Data Consulting & Sport Management, Football Analytics & Sport Strategy.
𝑷𝒂𝒓 𝑴𝒐𝒖𝒇𝒊𝒅 𝑨𝑩𝑨𝒀𝑶𝑴𝑰