14/12/2024
Contre-Proposition CGT Colas France pour les augmentations 2026
PLATEFORME CGT DE CONTRE-PROPOSITIONS POUR LES NAO 2026
I. Politique de revalorisation salariale
1. Constat social
Les documents transmis par la direction confirment une dégradation continue des conditions de travail et du pouvoir d’achat des salariés.
La baisse des effectifs sur plusieurs exercices est compensée par une intensification du travail, un dépassement massif des volumes horaires annuels et un recours structurel aux heures supplémentaires.
Les augmentations salariales successives sont restées inférieures à l’inflation cumulée, entraînant une perte durable de pouvoir d’achat.
Des écarts persistants de rémunération demeurent, notamment entre les femmes et les hommes.
Le partage de la valeur reste insuffisant au regard des résultats du groupe.
Dans ce contexte, la CGT formule des contre-propositions responsables, tenant compte du cadre économique tout en répondant aux réalités sociales du terrain.
2. Salaires et pouvoir d’achat
La CGT propose une augmentation générale de 3,5 %, non fongible, pour l’ensemble des salariés, avec le principe qu’aucune augmentation ne doit être inférieure à l’inflation.
Cette augmentation vise à maintenir le niveau de vie et à amorcer un rattrapage partiel de la perte de pouvoir d’achat accumulée.
Les revendications portent sur des salaires, et non sur des primes ponctuelles.
La CGT maintient la revendication d’un salaire minimum Colas fixé à 15 € brut/heure, afin de garantir un socle social décent et de limiter les écarts à l’embauche.
3. Égalité professionnelle femmes-hommes
La CGT demande le maintien d’une enveloppe dédiée de 1 % de la masse salariale, exclusivement affectée à la correction des écarts de rémunération entre les femmes et les hommes.
Cette enveloppe doit permettre un rattrapage réel, mesurable et transparent, dans le strict respect du principe « à travail égal, salaire égal ».
II. Politique sociale – Organisation du travail et conditions d’emploi
1. Temps de travail et organisation annuelle
La CGT demande une organisation nationale du temps de travail, avec des calendriers de référence établis sur la base de 1 607 heures annuelles.
En cas de déclenchement exceptionnel de dispositifs de type APLD, les ajustements devront être strictement encadrés.
Le plafond maximal ne pourra excéder 1 700 heures, avec justification, suivi et information des représentants du personnel.
La CGT exige une transparence totale des pointages, distinguant clairement les heures planifiées et les heures réellement effectuées.
2. Jours d’Annualisation Employeur (J.A.E.)
La CGT tient à relever une évidence concernant les Jours d’Annualisation Employeur.
Les salariés ne disposant pas de la faculté de refuser l’interruption d’une J.A. programmée lorsque l’employeur décide de les faire revenir dans l’activité, ils sont de fait soumis à une obligation de disponibilité liée à l’organisation du travail décidée par l’entreprise.
En conséquence, la CGT demande que l’indemnité de non-prévenance soit maintenue et qu’une indemnité d’astreinte soit systématiquement ajoutée dès lors qu’un salarié est contraint de revenir travailler.
Cette situation ne peut être assimilée à un temps de repos effectif ni à des vacances. Elle constitue une contrainte assimilable à une astreinte, qui doit être reconnue, encadrée et indemnisée comme telle.
3. Planning, information et rôle du dispatch
La CGT demande la transmission systématique du planning général de l’agence par mail ainsi que la transmission des affectations individuelles par e-dispatch ou SMS.
Les dispatcheurs doivent informer directement chaque salarié de son affectation, de toute modification, de l’équipe concernée et du lieu exact du chantier, avec une adresse exploitable pour les outils GPS.
Le salarié n’a pas à rechercher l’information. La responsabilité de l’information relève du planning et du dispatch.
4. Travail de nuit
La CGT demande que la contrainte du travail de nuit soit reconnue dès la prise de rendez-vous ou de mission, la vie personnelle et familiale étant impactée bien avant l’horaire conventionnel de nuit.
Les situations dites « moitié jour / moitié nuit » doivent être supprimées.
Les primes de nuit doivent être revalorisées dans un cadre clair, cohérent et lisible.
5. Déplacements et frais professionnels
La CGT revendique une indemnité de repas fixée à 20,10 € et l’application du barème URSSAF des indemnités kilométriques, selon la puissance fiscale du véhicule, avec une revalorisation de +2,5 %.
Pour les zones hors convention (F, G, H – zones 6, 7 et 8), la CGT demande la mise en place d’une équivalence en indemnité de transport, fondée sur les écarts existants entre indemnités de trajet et indemnités de transport observés dans les zones conventionnelles.
6. Emploi, intérim et alternance
La CGT demande l’embauche des intérimaires présents depuis plus de 18 mois, lorsque l’activité et la formation le permettent.
Concernant l’alternance, la CGT constate un taux d’embauche d’environ 35 % et revendique une augmentation significative de ce taux, afin de sécuriser les parcours professionnels et limiter la précarité.
7. Parcours professionnels et tutorat
La CGT revendique une prime de tutorat de 500 € par salarié formé, la reconnaissance effective de la polyvalence, un positionnement en niveau 3.1 la première année, puis une évolution vers le niveau 3.2, ainsi qu’un passage OCE 4 lorsque les actions de tutorat sont exercées de manière pérenne.
8. Participation, intéressement et partage de la valeur
La CGT maintient l’objectif d’une participation et d’un intéressement équivalents à un mois de salaire, indépendamment d’indicateurs susceptibles de produire des effets pervers.
Le partage de la valeur doit être plus équitable au regard des résultats du groupe.
9. Acompte
La CGT propose la mise en place d’un acompte à mi-mois, permettant à chaque salarié de percevoir 50 % de son salaire mensuel le 15 du mois, sur demande ponctuelle formulée au plus t**d le 10 du mois auprès des services RH, ou via un dispositif mensuel récurrent à la demande du salarié, avec versement par virement automatique.
10. Congés payés et congés d’hiver
Concernant les congés payés, la CGT propose que les salariés puissent, à leur demande, déclencher en amont de leur départ en congés le versement des indemnités de congés payés, notamment pour les congés pris au mois d’août, tout en continuant à bénéficier intégralement de la prime de 30 % associée aux congés.
Cette prime fait pleinement partie de l’indemnité de congés payés et a vocation à permettre aux salariés de profiter réellement de leurs congés.
La demande peut être effectuée, au choix du salarié, avant ou après le départ en congé, sans remise en cause des droits, et le salarié doit pouvoir en confier la gestion à son service paie.
La CGT revendique également la mise en place d’une prime de congés d’hiver, applicable sur la période du 5 janvier au 7 mars, selon les modalités suivantes :
– 200 € pour une semaine de congés ;
– 450 € pour deux semaines de congés prises au cours de cette période.
Cette prime doit bénéficier à l’ensemble des salariés, y compris lorsque les congés sont imposés par l’employeur.
11. Portée de la plateforme
Cette plateforme constitue une contre-proposition globale, cohérente et responsable de la CGT.
Elle n’est pas exhaustive et pourra être complétée en fonction de l’avancée des négociations et des besoins exprimés par les salariés.
CGT Colas France
Délégué Syndical Central
Coordinateur CGT Groupe Colas France et DOM-TOM