16/08/2026
Le Pilates aujourd’hui : l’effet Reformer ?
À l’époque où j'ai commencé à enseigner puis former des futurs professeurs de Pilates, le Pilates était encore relativement jeune en France. Je disais aux stagiaires :
« Le Pilates restera dans le paysage "forme" ou s'effacera selon la façon dont vous l’enseignerez. »
Près de vingt ans plus t**d, le contexte a changé… mais ma vigilance reste la même.
Nous sommes le 16 août 2026, et je regarde avec attention ce qui est en train de se jouer autour du Pilates et, particulièrement, autour du Reformer.
D’un côté, quelle joie de voir la méthode se diffuser, devenir plus accessible et rencontrer un public toujours plus large.
De l’autre, je retrouve quelques signaux qui me rappellent les débuts du Pilates en France : une multiplication très rapide des studios, des machines partout, des formations toujours plus courtes, des offres qui promettent beaucoup… et parfois l’impression que l’on vend davantage **le Reformer que le Pilates**, comme à l'époque et parfois encore maintenant on vendait le ventre plat et le dos droit plus que la profondeur de la méthode...
Et c’est là que je m’inquiète. Pas de la machine.
De ce qu’on pourrait oublier derrière elle.
Le risque serait de voir apparaître des séances trop intenses, trop stéréotypées, trop rapides, trop remplies, pensées pour « faire travailler » toujours davantage. Ou, à l’inverse, des séances où l’on enchaîne des mouvements sans vraiment apprendre à les sentir, à les comprendre et à les ajuster.
Parce que le Pilates n’est pas une musculation douce réalisée sur des machines étranges.
La machine est un outil. Elle n’est pas la méthode.
Au sol l'application des principes et exigences de Pilates bien exécuter demandait de l'attention, qu'on a pas toujours envie d'accorder si on veux faire "vite" "sans réfléchir" "copier sans sentir par soi-même..."
Le Reformer peut être formidable. Il peut faciliter certaines expériences, offrir des résistances, des appuis, des rapports à la gravité et des informations sensorielles que le sol seuls ne permet pas toujours. Et je comprends parfaitement son attractivité : il est spectaculaire, ludique, adaptable et, dans certains contextes, plus facile à proposer.
Mais une machine qui bouge, coulisse, résiste et donne beaucoup de sensations peut aussi créer une **illusion de travail**.
On sent que « ça travaille ». On sent les cuisses, les abdominaux, les bras… Mais sait-on vraiment ce que l’on fait, pourquoi on le fait et comment l’ensemble du corps participe ?** Pilates est un système d'exercice et chaque proposition questionne l'organisation du mouvement pour permettre de respecter les principes et placements de la méthode...
il n'y a PAS de mouvement de Pilates "pour les cuisse" ou "pour les fesses" ou "pour les bras" bref ru as compris :-D ...
tant mieux si ces parties se tonifient si vous aimez les sentir "travailler" ... mais si votre attention est "là" vous ne faites pas vraiment du Pilates et du moins passer à côté de son essence et une bonne partie de sa ""magie"" .
Si je vous propose un mouvement pour « faire travailler les cuisses », mais que vous ne développez ni votre perception, ni votre organisation, ni votre capacité à sentir et à ajuster votre mouvement, alors peut-être êtes-vous simplement en train de faire… de la musculation des cuisses.
Le Pilates, lui, ne s’intéresse jamais seulement à la partie du corps qui semble travailler.
Chaque mouvement questionne avec l’organisation de l’ensemble du corps.
C’est aussi pour cela que le Pilates au sol peut être exigeant : il ne suffit pas de se laisser guider par une machine. Il demande de l’attention, de la présence et une participation active...
Et c’est peut-être précisément ce qui est moins immédiatement « vendeur »que le reformer.
Alors même que cette attention et présence assure la sécurité de la pratique.
Le reformer peut faciliter les placement (encore faut-il porter l'attention à les sentir et contrôler par soi-même pour que l'effet soit là) ; le reformer peut aussi rendre non négociable le placement et contrôle juste sans quoi les blessures restent possible accentuée par le coulissement, la tension des ressorts etc...
Alors oui, j’espère que le Pilates continuera à se développer...
(si tu veux te former avec moi pour au moins une partie de ton parcours de prof, je couve le reprise des formations Attitude Pilates... à suivre)
..mais j’espère surtout qu’il ne sera pas réduit à un Reformer, quelques exercices, une sensation de brûlure et la promesse d’un corps plus tonique.
J’espère qu’il restera ce qu’il peut être lorsqu’on prend le temps de l’enseigner et de le pratiquer avec attention :
**un apprentissage du mouvement, une recherche de justesse et une manière de mieux habiter son propre corps.
Les machines peuvent y contribuer.
**À condition de rester des outils au service de la méthode — et non de devenir la méthode.**
Valérie SIRE
Attitude Pilates
www.attidudepilates.com
Cours à Manosque (04), en Visio, Vidéos, Formations
Cours particuliers ou groupe ou groupe privatisé
Reformer disponible notamment ;-)