28/08/2026
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JOURNAL D'UNE JOUEUSE – Épisode 3
Quand le bruit devient trop grand
Écrit par Manon
Corrigé et mis en texte par Juste un Coach de Basketball
Il y a des matchs où il y a beaucoup de bruit.
Au début, ça ne me dérange pas.
Les parents qui encouragent, les copines qui crient quand on marque, les applaudissements…
Ça, j’aime bien.
Ça donne de l’énergie.
Mais il arrive un moment où le bruit change.
J’entends des parents crier sur le bord du terrain.
Pas pour encourager.
Ils crient pour une faute.
Pour un coup.
Parce que l’arbitre a sifflé quelque chose.
Ou justement parce qu’il n’a rien sifflé.
Et moi, la plupart du temps…
je ne comprends même pas pourquoi tout le monde crie.
Puis il y a aussi le coach.
Quand il s’énerve, sa voix change.
Son ton devient plus fort, plus dur.
Je sais qu’il ne crie pas forcément contre moi.
Je sais qu’il veut nous réveiller, nous faire réagir ou nous faire comprendre quelque chose.
Mais quand sa voix change comme ça…
ça réveille des choses pas cool en moi.
Je sens une petite boule dans mon ventre.
Au début, elle est toute petite.
Puis les cris continuent.
Les parents.
Le coach.
Le banc.
Le terrain.
Et la boule devient de plus en plus grosse.
Mais ce qui est bizarre…
c’est que ce sont des adultes qui crient.
Alors dans ma tête, je me dis :
S’ils crient comme ça, c’est sûrement qu’ils ont une raison.
Après tout, ce sont les adultes.
Ils savent mieux que moi.
Alors peut-être qu’ils ont raison d’être énervés.
Et sans vraiment m’en rendre compte…
moi aussi, je commence à m’énerver.
Moi aussi, je crie.
Moi aussi, je trouve que le coup était trop fort.
Moi aussi, je trouve que l’arbitre aurait dû siffler.
Même si, quelques secondes avant…
je ne savais même pas vraiment ce qui s’était passé.
C’est comme si leur colère devenait un peu la mienne.
Et là, mon basket change.
Je cours plus fort.
Je défends plus dur.
Les contacts deviennent plus forts.
Et j’ai même envie de rendre le coup qu’on vient de me donner.
Mais ce jeu-là…
je ne l’aime pas.
Ce n’est plus le basket que j’aime.
Moi, j’aime courir.
Faire une passe à une copine.
Essayer de marquer.
Défendre.
Rigoler avec mon équipe.
Je sais qu’un match peut être intense.
Je sais aussi que les adultes veulent tellement nous aider, nous défendre ou nous faire gagner qu’ils peuvent s’énerver.
Mais nous, les joueuses…
on les regarde.
On les écoute.
Et sans même s’en rendre compte…
on apprend aussi à réagir comme eux.
Alors j’aimerais juste que le bruit autour du terrain redevienne un peu plus petit.
Parce que quand le bruit devient trop grand…
ce ne sont pas seulement mes oreilles qui l’entendent.
Moi, je le sens aussi à l’intérieur.
Et à ce moment-là…
ça change même la joueuse que je suis sur le terrain.
Manon