26/01/2026
La difficile valorisation de la pension pré
A la lumiÚre des informations scientifiques dont on dispose aujourd'hui, nous sommes désormais en mesure d'affirmer que la pension au pré est objectivement celle qui permet le meilleur cadre de vie à l'immense majorité des chevaux, sur les plans physique, physiologique, psychologique et comportementale.
Pour ce qui est de la gestion d'une pension au prĂ©, et ne considĂ©rant que les pensions sĂ©rieuses, et donc dignes d'ĂȘtre citĂ©es en exemple:
C'est un mode d'hĂ©bergement extrĂȘmement chronophage pour le tenancier, qui n'a certainement pas moins de travail que s'il avait seulement des boxes et qui demande un gros investissement, au dĂ©part et au quotidien, en temps, en Ă©nergie, en santĂ©, et en argent.
Et pourtant la pension au prĂ© est Ă©trangement dĂ©valuĂ©e par tous, mĂȘme ceux qui la trouve absolument indispensable au bien-ĂȘtre de leur cheval, ou qui la proposent, dans le sens ou on n'est pas souvent prĂȘt Ă la (faire) payer au prix de sa qualitĂ©.
Un peu pour tout le monde, la pension au pré, c'est la pension du pauvre. Celle ou on laisse un cheval inutile, celle des chevaux non sportifs, des retraités, celle des amateurs...
On n'entend jamais un cavalier dire "quoi ?? payer 600⏠pour une simple pension boxe ?".
Ca veut dire que d'une certaine maniÚre, on reconnait tous un peu qu'il faut une justification de qualité, de valeur, de performance, pour payer ce boxe de luxe au cheval ....
Et donc, si le cheval n'a pas de valeur sportive ni financiĂšre ... alors on considĂšre que son hĂ©bergement n'en aura pas non plus, et donc devra ĂȘtre peu onĂ©reux.
Mais le bien-ĂȘtre ?! A-t-il un coĂ»t?
Doit-on revoir notre façon de classifier les hébergements dans notre inconscient collectif.
Ne devrait-on pas considĂ©rer que l'Ă©conomie vĂ©tĂ©rinaire et le gain de performance et de sĂ©rĂ©nitĂ© apportĂ©s par le bien-ĂȘtre et le bien-vivre justifient le prix du haut de gamme ?
Payer un prix juste permettrait de dĂ©velopper des pensions au prĂ© de qualitĂ©, avec des installations de travail, des infrastructures sportives, des sols stabilisĂ©s, des abris confortables et spacieux, des clĂŽtures dignes ...Bref, de vraies pensions au prĂ© telles qu'elle devraient ĂȘtre majoritaires.
Car aujourd'hui, un pensionneur au pré ne peut que rarement justifier de tels investissements au vus de ses faibles revenus ... ou bien il doit entasser les chevaux sur la surface, et donc rogner sur la qualité d'hébergement pour payer des installations.
Payer le juste prix, cela ferait peut-ĂȘtre disparaitre doucement les hĂ©bergeurs Ă la petite semaine, qui contribuent encore malheureusement Ă dĂ©valuer la perception que l'on a de la pension prĂ©, car il tiennent plutĂŽt des cloaques Ă ciel ouvert ...
(encore que prétexter la mauvaise qualité des hébergements au pré pour justifier la mise au boxe est un argument de mauvais fois, fallacieux et mensonger)
En rĂ©alitĂ©, au boxe, on paie en sa tranquillitĂ© et son confort: un cheval toujours sous la main, des centres d'intĂ©rĂȘts rapprochĂ©s les uns des autres.
Qu'on se l'avoue ou pas, la pension en écurie est d'abord une pension pour les cavaliers.
Et comme l'avis général est bizarrement tordu... comme le monde est drÎlement fait ... en ayant un cheval au boxe dans une écurie, on acquiert bien souvent du prestige ...
Ce prestige que n'arrivent pas à voler les pensions au pré.
C'est alors que l'on voit Ă©merger de nouveaux modes d'hĂ©bergements alternatifs, tels que les Ă©curies actives et assimilĂ©s, qui rĂ©ussissent le tour de force de promettre du bien ĂȘtre aux chevaux, tout en s'imposant sur le confort du cavaliers, et la praticitĂ© de l'Ă©quitation.
Ces Ă©curies permettent de sĂ©duire des cavaliers jusqu'alors habituĂ©s aux gros loyers mensuels, font peu Ă peu changer l'idĂ©e que l'on se fait de l'hĂ©bergement haut de gamme, et posent le bien-ĂȘtre comme condition de la performance.
Par cette articulation, on arrivera peut ĂȘtre Ă considĂ©rer la pension dehors comme celle du futur... LE nouveau hype Ă©questre sera peut-ĂȘtre de dire que son cheval vit dehors, alors que les cavaliers propriĂ©taires de chevaux en boxe seront regardĂ©s comme des bouseux sans ambition đ
Dans ce monde meilleur, les hĂ©bergeurs de prĂ© seraient enfin justement rĂ©tribuĂ©s de leurs efforts, car le bien ĂȘtre ne serait plus une Ă©conomie, mais bien le premier choix, que les cavaliers ambitieux revendiqueraient comme l'inĂ©vitable hĂ©bergement pour leurs chevaux de si grande valeur.
Et bien sur, pour que ce monde soit vraiment parfait, la pension pré réussirait à se décliner en une multitudes de tarifs justes, en fonction des installations proposées, pour que l'élite ne s'accapare par ce privilÚge, et que chacun y trouve son compte, sportif ou pas, riche ou pas.
Mais toujours pour un contrat de base indispensable: de belles clĂŽtures, des conditions de vie saines (sols solides, sans surpopulation) et une surveillance quotidienne.
Car aujourd'hui, les pensions au prĂ© vivotent, les pensionneurs font souvent deux travails Ă la fois, les pensionnaires les plus pauvres n'ont d'autre choix que d'engraisser des pensions malsaines, et mĂȘme ceux qui peuvent ne s'imaginent pas payer un prix qui permettrait de tirer ce mode d'hebergement vers le haut.
Alors, repensons à la valeur de ce que nous donnons par rapport à ce que cela nous fait économiser (sueur, soucis, argent ...), et si l'effort est consenti de notre coté, exigeons en retour une pension aux petits oignons ^^