01/10/2026
La chronique du maitre de jeu : Ma liberté s'arrête là où celle des autres commence
Combien de fois j’ai entendu cette phrase jeune quand je faisais une bêtise !
Tu sais ce que j'ai remarqué ? Il y a deux mondes qui cohabitent dans notre société. Et la plupart d'entre nous vivons dans le mauvais jeu sans même le savoir.
D'un côté, il y a environ 2% de la population. Ceux-là ? Ils ont décidé que leur liberté n'avait aucune limite. Ils crient dans les transports en commun à 23h. Ils interrompent une conversation importante. Ils te font du mal souvent sans le vouloir, mais persuadé qu’ils ont raison et ne se soucient pas de l’effet, l’impact. Leur liberté, pour eux, c'est l'absence totale de responsabilité envers les autres. C'est un jeu : le jeu du " et moi, et moi, et moi ".
Vous l’avez celui-là dans votre entourage ?
Et à cause de lui, ou elle... ou plutôt à cause de ce qu’il représente dans notre esprit, il y a les 98% restants.
Et on joue à un jeu complètement différent. Mais tout aussi destructeur.
Tu crains tellement de ressembler à ces 2%, tu as tellement intégré qu'il ne faut pas déranger, que tu renonces à ta propre liberté. Tu te fais tout petit. Tu dis oui quand tu veux dire non. Tu gardes tes demandes pour toi. Tu avales tes frustrations pour ne pas alarmer les autres. Tu vis en retenant ton souffle, en pensant que respecter les autres, c'est t'effacer toi-même.
Et là, identifie le jeu auquel tu joues ? C'est le jeu de l'invisibilité. Du sacrifice silencieux.
Prenons Any. Elle travaille dans une équipe où son manager parle tout le temps, l'interrompt constamment. Mais Any, elle, elle ne dit rien. Pas parce qu'elle a peur du conflit — enfin si, un peu — mais surtout parce qu'elle se dit : " Si je dis quelque chose, je vais sembler agressive. Je vais ressembler à une de ces personnes qui n'ont aucun respect. " Alors elle avale. Elle reste silencieuse. Sa liberté d'exprimer un besoin ? Elle l'a sacrifiée sur l'autel de la conformité.
Ou Thomas, dans sa famille. Son frère a une maladie grave, et Thomas porte son malheur. Il ne vit plus sa vie — il la met en pause pour s'assurer que son frère va bien. Et il se dit que c'est normal, que c'est l'amour. Mais la vérité ? Thomas a cessé de respecter sa propre liberté. Il a cédé sa vie au scénario de quelqu'un d'autre.
Et des exemples comme ceux-là j’en ai plein... Audrey qui veut être une bonne mère de famille et une chef d’entreprise accompli qui s’oublie et tombe malade... Julien qui respecte trop son père pour oser lui dire qu’il est homosexuel, Camille qui n’ose pas dire qu’elle veut avoir un enfant de peur de perdre son mari qui n’en veut pas et Patricia qui élève ses enfants seule et à tout sacrifié pour eux... tant qu'eux ils sont heureux après tout...
Et tu sais le pire ? C'est que ce jeu-là ne profite à personne.
Parce que quand tu renonces à ta liberté pour le confort des autres, tu ne crées pas du respect — tu crées du ressentiment. Tu n'aides pas — tu te vides. Et la personne en face ? Elle se sent cette lourdeur invisible, cette obligation que tu portes. Ce n'est pas de l'amour, c'est du poids.
La vraie liberté — celle qui respecte réellement les autres — elle ressemble à ça :
C'est dire non, clairement, sans culpabilité. C'est exprimer un besoin. C'est demander ce dont tu as besoin. C'est occuper de l'espace dans la pièce sans en dérober à quelqu'un d'autre. C'est respecter les autres EN COMMENÇANT par toi-même. Ce n’est pas moi ou lui, pas elle ou mes enfants... c’est eux ET moi !
Parce que ma liberté s'arrête là où celle des autres commence — d'accord. Mais la tienne, elle commence MAINTENANT. Pas demain, pas quand ce sera plus facile, pas quand tu auras un meilleur salaire, quand tu auras eu une promotion, ou quand tu seras en vacances, quand tu auras changé de chef ou quand tu seras à la retraite...
Maintenant.
Si tu vis en retenant ton souffle pour ne pas déranger, tu ne respectes pas les autres. Tu les abandonnes à leur propre jeu. Pire : tu leur demandes de porter le poids de ton sacrifice.
Et si tu crains de respecter ta propre liberté, parce que tu as peur de ressembler à ces 2% sans limite — c'est que tu ne sais pas encore la différence.
La différence, elle est simple : respecter ma liberté, ce n'est pas faire ce que je veux sans conséquences. C'est faire ce dont j'ai besoin, EN REGARDANT LES AUTRES DANS LES YEUX.
Alors voilà ma question pour toi, ce soir :
À quel jeu tu joues ? Celui où tu disparais pour laisser de la place ? Ou celui où tu te montres, autant que tu le mérites, avec responsabilité envers ceux qui t'entourent ?
Parce qu'il n'y a que toi qui peux changer les règles.