CHP Cercle Hippique du Pin

CHP Cercle Hippique du Pin Centre equestre, poney club, écurie de propriétaires Ecole d'Equitation de Tradition Française

08/09/2026

Je monte avec des éperons dès que je mets le pied à l'étrier. À chaque monte, sans exception. Et je sais déjà que cette phrase va en faire tiquer plus d'un. 😏

Alors autant être clair tout de suite, avant que certains referment le post en pensant avoir tout compris : je ne les utilise pas pour punir. Je ne les utilise pas pour "faire avancer" un cheval qui traîne la patte. Je les utilise pour être plus précis. Plus fin. Plus juste dans ce que je demande.

C'est exactement l'inverse de l'image qu'on se fait souvent de l'éperon.

Je vais vous raconter quelque chose que je vois régulièrement en cours, et qui illustre parfaitement ce que je veux dire. J'ai un élève, il y a quelques mois, qui montait un cheval qu'il jugeait "froid aux jambes". Il fallait, selon lui, insister fort, donner des coups de talon répétés juste pour obtenir une transition propre. Le cheval, lui, s'était habitué à ignorer les premières sollicitations, parce qu'il savait que la vraie demande n'arrivait qu'après plusieurs relances de plus en plus fortes. 🐴

On a repris les bases ensemble. Jambe au contact, éperon disponible mais silencieux, et une seule demande, claire, sans répétition. La première fois, le cheval n'a presque pas réagi. Normal, il n'avait jamais eu besoin d'écouter une demande discrète. Mais en quelques séances, avec de la cohérence et un éperon utilisé au bon moment, avec la bonne intensité, ce cheval a commencé à répondre à des aides infiniment plus légères qu'avant. Pas parce qu'on l'avait puni. Parce qu'on lui avait enfin donné une aide claire, précise, et surtout constante. 🎯

Je le dis souvent, et je le pense profondément : un cheval n'est jamais froid aux jambes. Il le devient. Il le devient parce qu'un cavalier utilise ses jambes à tort et à travers, sans jugement, sans timing, en insistant plutôt qu'en précisant. Un cheval qui reçoit des coups de jambe permanents, mal dosés, sans lien clair avec une demande précise, finit par ne plus rien écouter du tout. C'est de la surdité qu'on construit soi-même, séance après séance.

L'éperon, dans ma main, enfin dans ma jambe, c'est l'inverse d'un outil de force. C'est un outil de nuance. Il me permet de faire une différence entre "un peu plus d'engagement du postérieur intérieur" et "avance". Il me permet de rester d'un calme total dans mon assiette, sans avoir besoin de battre des jambes comme des ailes de moulin pour me faire comprendre. Je préfère, et de très loin, un cavalier qui pose une jambe stable, complétée par un éperon utilisé avec discernement, à un cavalier qui s'agite en permanence en pensant que la quantité de mouvement compense le manque de précision.

Attention, je ne dis pas que l'éperon est anodin. C'est un outil qui exige une jambe déjà stable, déjà indépendante du reste du corps. Le mettre entre les mains, ou plutôt entre les jambes, d'un cavalier qui n'a pas encore ce contrôle, c'est effectivement risquer de blesser, de créer de la défense, de la crispation, voire de la douleur inutile. Là-dessus, je serai toujours intransigeant, en tant que coach comme en tant que juge : l'éperon n'est jamais un raccourci pour compenser une position bancale. C'est un affinage, réservé à ceux qui ont déjà les bases pour l'utiliser proprement.

Mais dire que l'éperon est par nature un outil punitif, c'est à mon sens confondre l'outil et la main qui le porte. Un mors sévère mal utilisé fait mal. Un mors doux mal utilisé fait mal aussi, juste différemment. C'est exactement la même logique avec l'éperon. Ce n'est jamais l'objet qui est en cause. C'est toujours la justesse, ou l'absence de justesse, de celui qui l'utilise.

Alors oui, je monte avec des éperons à chaque fois que je monte. Pas pour aller plus vite en besogne. Pas pour dominer. Mais parce que je cherche, foulée après foulée, une conversation plus fine avec mon cheval, et que cet outil-là, utilisé avec discernement, me la donne.

Et vous, quelle est votre relation avec l'éperon ? Vous l'utilisez systématiquement, jamais, ou seulement dans certains contextes précis ? Dites-moi franchement votre position en commentaire, je répondrai à chacun, même si on n'est pas d'accord. 👇

28/08/2026

Qu'est-ce que le plus dur à enseigner en équitation ? Vous seriez surpris de la réponse. 🤔

Ce n'est pas le piaffer. Ce n'est pas les changements de pied en l'air. Ce n'est pas les pirouettes.

C'est le feeling.

On pense souvent que devenir meilleur cavalier, c'est apprendre de nouveaux mouvements ou monter à un niveau plus élevé. Ces choses comptent, bien sûr, mais c'est en réalité la partie facile. Je peux expliquer comment monter une épaule en dedans, où placer ses jambes pour un changement de pied, ou les aides pour un appuyer. Ça, ça s'enseigne en une leçon.

Le feeling, c'est différent. 🧠

C'est savoir si le cheval est vraiment devant la jambe ou s'il se contente d'aller plus vite.

C'est reconnaître la différence entre un cheval souple parce qu'il se porte honnêtement lui-même, et un cheval qui est simplement tombé derrière la main.

C'est sentir l'instant précis où un cheval commence à se raidir, et comprendre pourquoi… avant que ça ne devienne un vrai problème.

C'est savoir exactement quand demander plus, et surtout, quand laisser le cheval tranquille parce qu'on a déjà obtenu ce qu'on cherchait.

Je ne vais pas vous mentir : je pense que certains cavaliers naissent avec un feeling naturel. Un peu comme certains ont l'oreille musicale ou une aisance athlétique innée, il y a des cavaliers qui "comprennent" presque immédiatement ce que le cheval leur dit.

Mais le talent naturel n'est qu'un point de départ. 🐎

Le cavalier né avec un feeling exceptionnel doit quand même l'affiner. Celui qui n'en a pas hérité peut parfaitement le développer. Des heures en selle, un enseignement réfléchi, monter des chevaux différents, être attentif à chaque réponse du cheval, et se demander constamment "pourquoi" : voilà ce qui construit le feeling avec le temps.

Et voici la partie la plus fascinante : le feeling est une cible mouvante.

Celui qui vous permet de monter un beau Club 1 n'est pas celui qui vous fera réussir un Amateur. Celui qui vous fait passer les premiers Pro Élite évolue encore quand on monte en Grand Prix. Chaque cheval vous apprend quelque chose de différent. Chaque difficulté affine votre perception.

Peu importe votre expérience, votre feeling n'est jamais "terminé". C'est quelque chose qu'on continue à affiner toute sa carrière de cavalier. Et c'est d'une certaine façon ce qui rend ce sport si addictif : il y a toujours une nouvelle couche de compréhension, une conversation plus subtile à avoir avec le cheval. 💬

Un bon coach vous aide à développer ce feeling. Il peut pointer ce que vous avez manqué, expliquer ce que le cheval essaie de dire, affiner votre timing. Mais tôt ou t**d, c'est à vous seul d'apprendre à reconnaître ces instants.

Les cavaliers qui ont le meilleur feeling ne sont pas forcément ceux qui montrent les mouvements les plus spectaculaires. Ce sont ceux qui remarquent les plus petits changements. Ceux qui respectent les bases. Ceux qui montent avec curiosité, en écoutant constamment le cheval plutôt qu'en lui parlant sans arrêt.

Le cheval vous donne un retour en permanence.

La vraie question, c'est : apprenez-vous à comprendre ce qu'il essaie de vous dire ? 👇

31/07/2026
21/07/2026

🐎 Le mythe du “sans contact” qui fait du bien au cheval…

Je vais être direct 👇

👉 Je vois beaucoup trop de cavaliers monter sans contact dans mes cours.
Et à chaque fois, c’est avec une bonne intention :
“Je veux être gentil avec mon cheval” ❤️

Sauf que…
👉 c’est souvent exactement l’inverse qui se passe.

📌 Le contact, ce n’est pas tirer dans la bouche.
Le contact, c’est une connexion.

C’est même défini comme :
➡️ une relation entre la bouche du cheval et la main du cavalier,
➡️ créée par l’impulsion qui vient des postérieurs, traverse le dos et arrive dans les mains

👉 Autrement dit :
Le contact, ce n’est pas la main qui prend
➡️ c’est le cheval qui vient chercher la main

❌ Monter sans contact, ce n’est pas “plus doux”
C’est souvent :

un cheval qui n’engage pas
un dos qui ne fonctionne pas correctement
une locomotion qui reste à plat

Et ça, c’est loin d’être anodin.

👉 Le dos du cheval est littéralement le pont qui transmet toute l’énergie du mouvement

➡️ Si ce pont ne fonctionne pas…
👉 tout s’effondre : équilibre, propulsion, musculature.

⚠️ Sans contact réel :
➡️ le cheval ne se tend pas
➡️ il ne monte pas son dos
➡️ il ne se muscle pas correctement

Et derrière ?
👉 C’est lui qui encaisse mal le poids du cavalier.

📊 Les études en dressage le montrent aussi :
👉 Le contact est un indicateur direct de l’équilibre et du fonctionnement du cheval

Donc non…
➡️ ce n’est pas un détail
➡️ ce n’est pas “optionnel”

💥 Le vrai problème ?
Beaucoup de cavaliers pensent :
👉 “moins j’ai de contact, mieux c’est”

Alors qu’en réalité :
👉 un bon contact est léger, stable… et permanent

🧠 Et surtout :
👉 le contact ne vient pas du cavalier

Si tu dois “prendre” ton cheval…
👉 c’est déjà que quelque chose ne va pas.

Le vrai travail, c’est :
➡️ créer de l’impulsion
➡️ engager les postérieurs
➡️ laisser le cheval venir se poser dans la main

🎯 Un cheval qui prend le contact, c’est un cheval qui :
✔️ se porte vers l’avant
✔️ utilise son dos
✔️ se muscle correctement
✔️ devient léger… sans qu’on tire

💬 Je vais être un peu provocant :

👉 Monter sans contact, ce n’est pas être gentil.
👉 C’est souvent ne pas comprendre le fonctionnement du cheval.

🔥 Maintenant je suis curieux :

👉 Tu préfères monter avec ou sans contact ?
👉 Tu as déjà ressenti un cheval qui “vient dans la main” ?

On en parle en commentaire 👇

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77181

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