Holihorse Légèreté - une Équitation au service de la Relation Homme-Cheval

Holihorse Légèreté - une Équitation au service de la Relation Homme-Cheval Une Équitation au service de la Relation Consultez notre site: http://holihorse.com/

Une élève instructeur l'Ecole de Légèreté (Philippe Karl) et un podologue équin diplômé de l'université de podologie équine appliquée, vous propose leurs services et connaissances pour un cheval bien dans sa peau des pieds à la tête !

22/06/2026

𝐐𝐮𝐞 𝐝𝐞𝐯𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐞 𝐬𝐨𝐦𝐦𝐞𝐢𝐥 𝐝𝐮 𝐜𝐡𝐞𝐯𝐚𝐥 𝐪𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐥𝐞𝐬 𝐧𝐮𝐢𝐭𝐬 𝐧𝐞 𝐫𝐚𝐟𝐫𝐚𝐢̂𝐜𝐡𝐢𝐬𝐬𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐥𝐮𝐬 ?

Il fait peut-être 40°C dehors, voire davantage, pendant que vous lisez ces lignes.

Ce lundi 22 juin 2026 marque le pic de la deuxième canicule de l'année, et Météo-France annonce des nuits qui ne redescendront pas sous 24 ou 25°C sur une bonne moitié du pays.

Alors on va se poser une question à laquelle, à ma connaissance, aucune étude n'a encore répondu : Que devient le sommeil d'un cheval quand les nuits ne refroidissent plus ?

(1) 𝐋𝐞 𝐜𝐡𝐞𝐯𝐚𝐥 𝐝𝐨𝐫𝐭 𝐩𝐞𝐮 𝐞𝐭 𝐬𝐨𝐧 𝐬𝐨𝐦𝐦𝐞𝐢𝐥 𝐞𝐬𝐭 𝐟𝐫𝐚𝐠𝐢𝐥𝐞

Son sommeil est polyphasique : il est fractionné en cinq à sept épisodes courts, l'essentiel se jouant la nuit, entre minuit et quatre heures du matin.

Au total, un cheval dort environ 3h30, dont à peine trente minutes de sommeil paradoxal (Fuchs et al., 2018).

Et c'est pourtant là que tout se joue : ce sommeil paradoxal, le cheval ne l'atteint qu'allongé. Il lui faut se coucher, idéalement en décubitus latéral, tête posée au sol, parce que cette phase s'accompagne d'un relâchement musculaire total qu'un cheval debout ne peut pas se permettre.

‼️ Privé de couchage plusieurs jours d'affilée, il finit par basculer en sommeil paradoxal debout, puis il s'effondre ; Fuchs et son équipe ont recensé des centaines de chevaux concernés, souvent blessés à force de chuter.

(2) 𝐋𝐞 𝐜𝐡𝐞𝐯𝐚𝐥 𝐧𝐞 𝐬𝐞 𝐜𝐨𝐮𝐜𝐡𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐬’𝐢𝐥 𝐬𝐞 𝐬𝐞𝐧𝐭 𝐚̀ 𝐥’𝐚𝐢𝐬𝐞 𝐞𝐭 𝐞𝐧 𝐬𝐞́𝐜𝐮𝐫𝐢𝐭𝐞́

C'est précisément ce que la canicule vient mettre à mal : la zone de neutralité thermique du cheval, cette plage où son corps n'a aucun effort à fournir pour réguler sa température, se situe entre 5 et 25°C environ (Morgan, 1998).

Alors le calcul est vite fait : pendant l'épisode que nous traversons, avec des minimales nocturnes autour de 24-25°C,
𝐢𝐥 𝐧'𝐞𝐱𝐢𝐬𝐭𝐞 𝐪𝐮𝐚𝐬𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐚𝐮𝐜𝐮𝐧𝐞 𝐡𝐞𝐮𝐫𝐞, 𝐝𝐞 𝐣𝐨𝐮𝐫 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐝𝐞 𝐧𝐮𝐢𝐭, 𝐨𝐮̀ 𝐥𝐞 𝐜𝐡𝐞𝐯𝐚𝐥 𝐫𝐞𝐯𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐬𝐨𝐧 𝐬𝐞𝐮𝐢𝐥 𝐝𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐟𝐨𝐫𝐭.

(3) 𝐔𝐧𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐚𝐝𝐢𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐜𝐚𝐥𝐞𝐧𝐝𝐫𝐢𝐞𝐫

En temps normal le cheval concentre son temps de couchage, et donc son sommeil paradoxal, sur la nuit. Mais pendant une vague de chaleur, son rythme s'inverse :

☀️ Aux heures brûlantes, il s'immobilise à l'ombre et réduit son activité au strict minimum.

🌙 Puis il reporte ses déplacements et sa prise alimentaire sur la nuit, plus respirable.

C'est d'ailleurs toute la logique des sorties nocturnes que beaucoup d'écuries classiques adoptent l'été (les chevaux qui passent la journée au boxe et la nuit en parc, plutôt que l’inverse comme le reste de l’année).

Sauf que ça déplace le problème au lieu de le résoudre :

𝐒𝐢 𝐥𝐚 𝐧𝐮𝐢𝐭 𝐝𝐞𝐯𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐞 𝐦𝐨𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐨𝐮̀ 𝐥𝐞 𝐜𝐡𝐞𝐯𝐚𝐥 𝐛𝐨𝐮𝐠𝐞, 𝐦𝐚𝐧𝐠𝐞 𝐞𝐭 𝐞𝐬𝐭 𝐚𝐜𝐭𝐢𝐟, 𝐚𝐥𝐨𝐫𝐬 𝐪𝐮𝐞𝐥 𝐦𝐨𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐮𝐢 𝐫𝐞𝐬𝐭𝐞-𝐭-𝐢𝐥 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐬'𝐚𝐥𝐥𝐨𝐧𝐠𝐞𝐫 𝐞𝐭 𝐝𝐨𝐫𝐦𝐢𝐫 𝐯𝐫𝐚𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭 ?

—> Sa fenêtre nocturne, celle où il devrait plonger en sommeil paradoxal, se retrouve mobilisée par l'activité. 👎

—> Et la journée, écrasée par une chaleur qui le maintient largement au-delà de sa zone de confort thermique, se prête mal à un vrai sommeil couché, même à l'ombre. 👎

✅ La vraie question n'est donc pas de savoir s'il dort moins, mais s'il trouve encore, dans les vingt-quatre heures, ne serait-ce qu'𝐮𝐧 𝐜𝐫𝐞́𝐧𝐞𝐚𝐮 𝐨𝐮̀ 𝐥𝐚 𝐭𝐞𝐦𝐩𝐞́𝐫𝐚𝐭𝐮𝐫𝐞, 𝐥𝐞 𝐬𝐨𝐥, 𝐥𝐚 𝐬𝐞́𝐜𝐮𝐫𝐢𝐭𝐞́ 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐬𝐞𝐜𝐭𝐞𝐬 𝐥𝐮𝐢 𝐩𝐞𝐫𝐦𝐞𝐭𝐭𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐬𝐞 𝐜𝐨𝐮𝐜𝐡𝐞𝐫 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐝𝐞 𝐛𝐨𝐧.

Personne n’a mesuré les conséquences d’une canicule sur le sommeil chez le cheval ; mais le simple contact de l’organisation son budget-temps lors d’une journée de canicule suffit à rendre la réponse inquiétante.

(4) 𝐎𝐧 𝐩𝐨𝐮𝐫𝐫𝐚𝐢𝐭 𝐬𝐞 𝐫𝐚𝐬𝐬𝐮𝐫𝐞𝐫 𝐞𝐧 𝐬𝐞 𝐝𝐢𝐬𝐚𝐧𝐭 𝐪𝐮𝐞 𝐩𝐞𝐮𝐭-𝐞̂𝐭𝐫𝐞, 𝐮𝐧 𝐜𝐡𝐞𝐯𝐚𝐥 𝐪𝐮𝐢 𝐛𝐨𝐮𝐠𝐞 𝐬𝐢 𝐩𝐞𝐮 𝐥𝐞 𝐣𝐨𝐮𝐫 𝐚 𝐟𝐨𝐫𝐜𝐞́𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐦𝐨𝐢𝐧𝐬 𝐛𝐞𝐬𝐨𝐢𝐧 𝐝𝐞 𝐝𝐨𝐫𝐦𝐢𝐫...?

Mais à ma connaissance, c'est faux.

Le sommeil paradoxal n'efface pas qu'une fatigue musculaire ; il consolide également la 𝐦𝐞́𝐦𝐨𝐢𝐫𝐞, et participe au 𝐭𝐫𝐚𝐢𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞́𝐦𝐨𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥. (Barbosa et al., 2024 par exemple, ont observé chez des chevaux lusitaniens privés de ce sommeil des troubles de l'attention et de la mémoire spatiale.)

Et là, moins se dépenser n'annule pas ce genre de besoins-là.

(5) 𝐅𝐚𝐮𝐭𝐞 𝐝'𝐞́𝐭𝐮𝐝𝐞 𝐞́𝐪𝐮𝐢𝐧𝐞, 𝐨𝐧 𝐩𝐞𝐮𝐭 𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐝𝐞 𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐫𝐞𝐠𝐚𝐫𝐝𝐞𝐫 𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐬𝐞 𝐩𝐚𝐬𝐬𝐞 𝐜𝐡𝐞𝐳 𝐯𝐨𝐬 𝐯𝐨𝐢𝐬𝐢𝐧𝐬 𝐞́𝐥𝐞𝐯𝐞𝐮𝐫𝐬

Chez les bovins, c'est documenté (Cook et al., 2007 ; Tucker et al., 2008 ; Schütz et al., 2010) : quand l'indice de température-humidité grimpe, les vaches restent debout plus longtemps et se couchent moins, pour augmenter leur surface d'échange et dissiper la chaleur.

⚠️ Je reste prudente sur la transposition, car à la différence d’un cheval, la vache est un ruminant : son temps couché tient d'abord à la rumination et au confort, pas au sommeil paradoxal comme chez le cheval.

Par contre, on peut facilement supposer que le 𝐫𝐞́𝐟𝐥𝐞𝐱𝐞 𝐭𝐡𝐞𝐫𝐦𝐨𝐫𝐞́𝐠𝐮𝐥𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫, lui (se tenir debout quand il fait trop chaud), est commun aux deux espèces ; d’autant plus qu’on a retrouvé ce comportement chez d’autres grands herbivores.

(6) 𝐄𝐭 𝐩𝐮𝐢𝐬 𝐥𝐞 𝐬𝐨𝐥 𝐬'𝐚𝐣𝐨𝐮𝐭𝐞 𝐚̀ 𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐜̧𝐚.

Les terres se rapprochent des records de sécheresse pour la saison ; et un sol qui est nu (herbe cramée), dur, croûté n'invite clairement pas un cheval de 500 kilos à s'y abandonner sur le flanc...
.. alors qu’on sait déjà qu'une litière trop fine réduit déjà nettement le temps de couchage latéral (Greening et al., 2021).

(7) 𝐂𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐥'𝐨𝐧 𝐫𝐞𝐠𝐚𝐫𝐝𝐞, 𝐞𝐭 𝐜𝐞 𝐪𝐮'𝐨𝐧 𝐨𝐮𝐛𝐥𝐢𝐞

Je me suis rendue compte au fil de mon expérience que le couchage fait partie des premières choses à observer, bien que ce soit rarement un point qu'on me cite spontanément.

Pendant les fortes chaleurs on va surveiller en priorité l'eau, l'ombre et les insectes aux heures les plus chaudes ; tout ça est bien entendu juste et nécessaire (j'en parlais récemment dans mon billet sur ce que faire à l'écurie en juin).

Mais on néglige souvent le moment où le cheval pourrait enfin se coucher :

✅ 𝐔𝐧𝐞 𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐜𝐨𝐮𝐜𝐡𝐚𝐠𝐞 𝐚𝐬𝐬𝐞𝐳 𝐯𝐚𝐬𝐭𝐞,
✅ 𝐮𝐧 𝐬𝐨𝐥 𝐦𝐞𝐮𝐛𝐥𝐞 𝐞𝐭 𝐬𝐞𝐜 𝐬𝐚𝐧𝐬 𝐞̂𝐭𝐫𝐞 𝐝𝐮𝐫,
✅ 𝐮𝐧 𝐠𝐫𝐨𝐮𝐩𝐞 𝐚𝐩𝐚𝐢𝐬𝐞́,
✅ 𝐮𝐧𝐞 𝐯𝐞𝐧𝐭𝐢𝐥𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐟𝐟𝐢𝐜𝐚𝐜𝐞,
✅ 𝐞𝐭 𝐮𝐧𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐭𝐞𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐢𝐧𝐮𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐬𝐞𝐜𝐭𝐞𝐬.

Une canicule ne se gère pas seulement aux heures les plus chaudes : elle se gère aussi dans les moments où votre cheval, enfin, pourrait dormir.

Car il peut avoir de l'eau fraîche, une ombre irréprochable, et malgré tout il peut accumuler une dette de sommeil parce que rien, dans son environnement, ne lui permet de s'allonger comme il en aurait besoin.

Alors cette nuit, si vous le pouvez (par exemple si vous n’arrivez pas à dormir parce qu’il fait trop chaud ! 😉), allez observer vos chevaux sans qu'ils vous voient :

𝐒𝐞 𝐜𝐨𝐮𝐜𝐡𝐞𝐧𝐭-𝐭-𝐢𝐥 𝐯𝐫𝐚𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭, 𝐞𝐭 𝐩𝐞𝐧𝐝𝐚𝐧𝐭 𝐜𝐨𝐦𝐛𝐢𝐞𝐧 𝐝𝐞 𝐭𝐞𝐦𝐩𝐬 ?

Ce que vous verrez en dira long sur leur hébergement !

--
👉🏼 𝐸𝑡 𝑠𝑖 𝑐𝑒𝑡𝑡𝑒 𝑙𝑒𝑐𝑡𝑢𝑟𝑒 𝑣𝑜𝑢𝑠 𝑓𝑎𝑖𝑡 𝑝𝑒𝑛𝑠𝑒𝑟 𝑎̀ 𝑞𝑢𝑒𝑙𝑞𝑢'𝑢𝑛 𝑑𝑜𝑛𝑡 𝑙𝑒𝑠 𝑐ℎ𝑒𝑣𝑎𝑢𝑥 𝑝𝑎𝑠𝑠𝑒𝑛𝑡 𝑙'𝑒́𝑡𝑒́ 𝑑𝑒ℎ𝑜𝑟𝑠, 𝑒𝑛𝑣𝑜𝑦𝑒𝑧-𝑙𝑎 𝑙𝑢𝑖 𝑎𝑣𝑎𝑛𝑡 𝑙𝑎 𝑝𝑟𝑜𝑐ℎ𝑎𝑖𝑛𝑒 𝑛𝑢𝑖𝑡 𝑡𝑟𝑜𝑝𝑖𝑐𝑎𝑙𝑒 !

🔎 Si vous vous demandez si votre aménagement permet réellement à vos chevaux de récupérer, de jour comme de nuit et en tous temps, cela fait partie ce que j'évalue lors d'un audit de structure (ou même lors d'une simple consultation à distance).

Pour en savoir plus, écrivez-moi en message privé ou sur WhatsApp

22/06/2026
Le sevrage peut attendre...on le savait déjà mais la science vient corroborer nos observations. Vive le sevrage "t**dif"...
17/06/2026

Le sevrage peut attendre...on le savait déjà mais la science vient corroborer nos observations. Vive le sevrage "t**dif" ou naturel ! Heureusement, des éleveurs le pratiquent déjà !

14/06/2026

(Par Catherine Vasseur Perrot - Nutrition & Micro nutrition équine) L’été est là, et avec lui son lot de concours, de balades et de séances intenses. Mais alors que nous

30/05/2026
Je crois que beaucoup de malentendus existent aujourd’hui autour du mot “dressage”.Et pourtant, lorsqu’il est pensé comm...
15/05/2026

Je crois que beaucoup de malentendus existent aujourd’hui autour du mot “dressage”.

Et pourtant, lorsqu’il est pensé comme un art du dialogue, de la compréhension et de l’harmonie avec le cheval, il retrouve toute sa noblesse.

Ce texte de Pierre Beaupère met des mots très justes sur quelque chose que je ressens profondément dans mon travail quotidien.

FAUT-IL CONTINUER À UTILISER LE MOT DRESSAGE ?

J’ai écrit plusieurs publications sur l’intérêt du dressage des chevaux dans ce qu’il peut permettre aux êtres humains d’apprendre sur eux-mêmes et d’intégrer des notions de Respect, d’Amour et d’Empathie.

Dans les commentaires de chacune de ces publications revient souvent le débat sur l’utilisation du terme «Dressage» et de la connotation négative qui lui est associée.

De plus en plus de cavaliers et de non-cavaliers voient dans ce mot un symbole de soumission, de contrainte, d’avilissement et d’une forme d’esclavagisme du cheval.

On lui préfère donc souvent d’autres mots comme «éducation» ou «partenariat».

Pourtant, je n’ai jamais considéré que ne plus utiliser le mot «dressage» soit réellement une évolution.

Si je suis bien conscient que de nombreux abus ont été commis sous le prétexte de «faire du dressage» et que la discipline n’a actuellement pas grand chose de reluisant, je ne peux m’empêcher d’y voir beaucoup d’autres significations.

J’y vois d’abord un art, qui se transmet sans discontinuer depuis 2000 ans. Et qui dès le premier traité d’équitation écrit par Xénophon 3 siècles avant Jésus-Christ a toujours insisté sur l’importance de faire du cheval un partenaire et non un esclave.

Le mot «Dressage» représente à mes yeux ce partenariat, tout autant que son histoire.

Cette discipline était à la base censée rechercher et mettre en valeur l’harmonie du couple, la création d’un langage commun, l’écoute du cheval et de ses particularités pour créer une danse avec son cavalier, où la pureté du geste et la démarche artistique avaient une grande importance.

Le but du dressage tel que je le conçois et tel que je l’ai compris à la lecture des Maîtres anciens était de sublimer la recherche d’harmonie et d’équilibre avec le cheval, au point que cela devienne un Art, que certains cavaliers pratiquent et démontrent encore aujourd’hui.

Lorsque j’écris le mot «Dressage», j’y vois de la beauté et pas des abus.

J’y vois un partenariat et pas de la contrainte.

J’y vois de l’art et pas de la technique pure.

J’y vois des outils au service du cheval et pas au service de sa domination.

Et c’est aux Maîtres et aux Artistes qui ont pratiqué et qui pratiquent encore cette discipline que j’essaie de faire honneur, et pas forcément à ceux qui se sont appropriés le terme pour justifier d’en faire un spectacle dénué d’émotion, d’empathie pour le cheval et de respect pour son mental et ses limites.

Effectivement, le Dressage tel que je le conçois contient une part d’éducation de base où chacun apprend à respecter l’autre et où le cheval apprend à vivre dans un monde qui, à la base, n’est pas le sien.

Mais, à mes yeux, il serait réducteur de limiter un Art aussi profond et d’une telle beauté à de la simple éducation ou de la gymnastique, car ce serait lui enlever une grande part de son âme.

J’ai bien conscience que ce n’est pas forcément à cela que la plupart des cavaliers pensent lorsqu’on évoque le terme «Dressage».

Pourtant, j’ai la sensation que si j’accepte d’utiliser un autre mot pour parler de ce que je tente d’atteindre au quotidien, ce serait pour moi comme tourner le dos à 2000 ans d’histoire, de Maîtres qui ont dévoué leur vie à tenter, avec plus ou moins de succès, de créer ce lien et cette harmonie ultime, où le cheval est un partenaire et non un esclave.

Et je suis triste pour les chevaux lorsque j’entends des cavaliers dire qu’ils ne font pas souffrir leur cheval car ils ne font pas de dressage, alors qu’à la base la discipline est faite POUR le cheval et pas contre lui.

Je garde aussi à l’esprit cette remarque d’un lecteur, qui me disait que Dresser, c’est aussi ériger, construire, élever, faire grandir.
C’est aller ensemble, le cavalier et son cheval, vers quelque chose de plus grand et de plus beau.

Et c’est aussi peut-être l’idée, à laquelle je tiens, que ce n’est pas le cavalier qui dresse le cheval mais bien l’inverse, tant nous avons à apprendre de chaque minute où les chevaux nous font l’honneur d’être à nos côtés ou de nous porter sur leur dos.

Pierre Beaupère.

Photo par Céline Bo****no - Photographe Équestre

Le 4 avril, Columbia est arrivé aux écuries pour deux mois de perfectionnement.Une immersion à la fois technique… et rel...
28/04/2026

Le 4 avril, Columbia est arrivé aux écuries pour deux mois de perfectionnement.
Une immersion à la fois technique… et relationnelle.

Columbia, c’est le cheval de Mathilde.
Il y a 3 ans, elle est venue avec l’envie de reprendre les choses “dans le bon sens”.
Parce que c’était souvent… conflictuel, et sportif.

Sous ses airs de poney placide, Columbia est un cheval sensible, dynamique, vite dans la contraction.
Il avait surtout appris à dire “non” avant même de chercher la réponse.
Le dialogue n’était pas clair.

Alors, pas à pas, nous avons repris.
De flexion en flexion, de compréhension en ajustement,
nous avons réveillé sa curiosité, installé plus de confiance… et de décontraction.

Trois ans plus t**d, le chemin parcouru est immense.
Grâce à l’implication et à la remise en question constante de Mathilde.

Aujourd’hui, elle me confie Columbia pour une étape importante pour moi :
Le retour en stage instructeur à l’École de Légèreté,
cette fois en tant que cavalière.
Après 6 ans d’arrêt.
J’y étais restée présente, en tant qu’auditrice.
Mais revenir en selle dans ce cadre… c’est autre chose.
On part demain 😁!

Un mélange d’excitation, de trac… et de joie !
Reprendre le chemin.
Et continuer à construire, pas à pas.

Les stages sont là pour ça :
Améliorer et affiner sa technique, sa pédagogie…
devenir plus juste et efficace.
Sous le regard bienveillant et précis de Stéphanie Durand 😊.
J'ai hâte!
🐴🪽

23/04/2026

Le progrès commence quand le cheval comprend.

Voici un petit retour sur la journée de cours particuliers qui a eu lieu dimanche aux alentours de Maubourguet.

C'est une grande satisfaction pour un enseignant de voir ses élèves évoluer, vous l'imaginez bien !
Les progrès ne se logent pas que dans du “faire faire”, non, c'est encore mieux :
- savoir établir un dialogue avec son cheval
- susciter sa curiosité et son attention
- créer une dynamique de travail saine
- devenir lisibles et fiables pour le cheval
- ordonner l'apprentissage pour rester cohérent et progressif… voilà ce que l’on enseigne !

Et qu’est-ce que je retrouve dimanche ?
Deux cavalières particulièrement rayonnantes, heureuses d’être sorties de leurs difficultés propres et portées par une nouvelle énergie avec leurs chevaux ( je précise ici qu'elles en sont à leurs 3ièmes cours dans ce chemin passionant!)
Calypso et Coco, qui ne comprenaient rien à l’équitation qu’on leur proposait autrefois, à des niveaux différents, ont aujourd’hui bien évolué entre leurs mains. Magnifique !
Bravo les filles pour votre confiance et votre investissement !

Parallèlement, j’accompagne aussi Léa, qui mène seule le débourrage de sa jument Kelly.
Nos rencontres permettent de faire le point sur l’avancée des étapes clés à mettre en place avant de pouvoir passer en selle.
Un travail très intéressant, que j’aide à organiser en fonction de la sensibilité et du tempérament du cheval.
Pour son autre jument, le travail est plus délicat.
C’est une jument assez froide, pesante, très sur les épaules, et qui exprime assez fort quand ça ne lui convient pas.
Soigner le cadre et la clarté des demandes, répéter pour rassurer, proposer des pauses et utiliser le renforcement positif nous aide à faire évoluer son seuil de tolérance, sa manière de se porter en avant et son équilibre.
Bravo Léa pour ta confiance et ta motivation !



Adresse

Larroque

Téléphone

+33676816673

Notifications

Soyez le premier à savoir et laissez-nous vous envoyer un courriel lorsque Holihorse Légèreté - une Équitation au service de la Relation Homme-Cheval publie des nouvelles et des promotions. Votre adresse e-mail ne sera pas utilisée à d'autres fins, et vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Contacter L'entreprise

Envoyer un message à Holihorse Légèreté - une Équitation au service de la Relation Homme-Cheval:

Raccourcis

Partager